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13/01/2011

Compte rendu d'activité du secrétaire général pour l'année 2010.

Très chers Amis et chers Collègues,

Mesdames et messieurs les représentants des Collectivités territoriales,

Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs,

La cent soixante quatorzième année de l’existence de notre vénérable Compagnie vient de s’achever. C’est du moins ce qu’a voulu faire entendre son secrétaire perpétuel Claude Seyte, en faisant voler plus haut que de coutume, peut-être même plus fort, les cloches du carillon de l’église Saint-Vincent.

Nous étions heureux et nous sommes déjà tristes. Affligés, pour la mémoire de notre ancien collègue, l’historien René Nelli, qui avait impulsé en 1981, la fondation du Centre d’études cathares. Bouleversés, par le probable séisme culturel annoncé, après l’inéluctable décision du tribunal de grande instance, qui s’est prononcé mardi dernier, pour la mise en liquidation judiciaire de l’une des plus conséquentes institutions éducatives et documentaires de notre département, l’une des plus spécialisées en France.

L’argent a fait défaut, l’œuvre s’effondre. Au-delà du problème humain, c’est une bibliothèque structurée, intelligemment construite depuis trente ans, qui disparaîtrait si par malheur, son fonds venait à être dispersé.

Je vous en conjure, amis des arts, des sciences et des lettres, érudits de toutes spécificités, mobilisez-vous pour la sauvegarde d’un pan entier de notre Culture !

Depuis 1983, l’Union européenne choisit un thème d’action afin de sensibiliser un large public, d’attirer l’attention des hommes politiques, des gouvernements, des états membres, sur une question particulière visant à faire évoluer les mentalités ou les comportements. L’année 2011 a été proclamée par le Conseil de l’Europe « Année européenne des activités de volontariat pour la promotion de la citoyenneté active ».

Une formule de belle envolée me direz-vous ! Mais n’est ce pas l’occasion de glorifier aujourd’hui la force du volontariat, agitée dans notre pays par quatorze millions de bénévoles, et de stigmatiser par contre ces fausses structures associatives nourries d’argent collectif au-delà du supportable.

En la matière, notre société bientôt bicentenaire s’autorise à donner des leçons. Si d’aventure heureuse les historiens du catharisme pouvaient survivre ou bien renaître de leurs cendres, ils devraient alors s’appuyer de tous leurs bras, sur ces femmes et ces hommes d’immense compétence, au potentiel énorme d’un travail qu’ils donnent, parce qu’ils ont pour seule dépendance, celle d’une passion inépuisable et puissante.

L’année 2010 est terminée. Elle aura été grande pour nous, porteuse dans bien de ses aspects de belles satisfactions.

Ce fut l’invitation à laquelle nous avons répondu pendant l’été, de la Commission archéologique de Narbonne ; puis celle des Amis de l’abbaye de Fontcaude, animée par notre ami le Professeur Jacques Michaud qui porte maintenant son intérêt sur les anciens chemins conduisant à Compostelle. Il y eut les réceptions de nos éminents sociétaires Claude Marquié, Luce et Francis Teisseire, faits citoyens d’honneur  de la Ville de Carcassonne.

Nous avons été associés de la manière la plus élégante, par Alain Cros-Mayrevieille, membre de l’Académie, aux commémorations liées au bicentenaire de la naissance de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille - notre ancien président - devenu célèbre pour avoir contribué à la sauvegarde des ruines de la Cité.

L’activité soutenue du docteur François Marie Bluche, chargé de la communication et de nos relations publiques, aura permis l’augmentation qualitative de notre effectif et la réception en notre sein de personnalités notables susceptibles de faciliter notre rayonnement.

En matière de production littéraire, l’année 2010 a été riche. Claude Seyte a publié un nouveau livre de sa magistrale somme campanaire, tandis que nous mettions à la disposition de nos adhérents le volume numéro 53 de nos Mémoires, si vous préférez, le deuxième tome de la sixième série.

L’événement majeur a été toutefois la sortie du Dictionnaire encyclopédique de l’Aude, rendue possible grâce aux soutiens de la Ville de Carcassonne et du Conseil général de l’Aude. Il était attendu, on espérait son succès, mais nous avons tous été surpris par la demande importante et l’engouement qu’il a suscité. L’avis de publication autorisé dans « Perspectives », le bulletin du Conseil général de l’Aude ; le relais des émissions de radio départementales ; l’insertion de généreux articles dans la presse quotidienne régionale, puis nationale ; plus récemment l’annonce du journal télévisé de France 3 Sud, ont permis sa promotion. Mais au surplus, et c’est là l’essentiel, le nom de l’Académie des arts et des sciences, dont j’assume le secrétariat général depuis quatre ans, aura été prononcé bien loin des tours de la Cité de Carcassonne. Comme d’ailleurs il résonne dans les pays du monde où je suis appelé dans le cadre des missions gouvernementales qui m’ont été confiées. L’Aude possède désormais le Dictionnaire de l’Académie. Il vous appartient à tous chers Collègues de pérenniser cette œuvre, de la magnifier et de la poursuivre après moi. C’est du moins le vœu le plus cher que je forme.

Nos travaux ont été consistants. L’année 2010 avait commencé par l’intervention de notre collègue philosophe Henri Laleman, qui tentait une étude graphologique de la signature d’Albert Fert ; elle fut suivie d’une vidéo projection de Christiane Clergue rappelant les journées des 19 et 20 juin 2009, au cours desquelles nous avions reçu dans nos rangs le Prix Nobel de physique natif de Carcassonne.

La séance mensuelle du mois de février ayant été annulée en raison d’intempéries, les adhérents les plus assidus ont été privés de communication et ils ont attendu avec d’autant plus d’impatience la narration du docteur François Marie Bluche, venu nous parler avec son habituelle éloquence de Philippe Noiret, l’homme le plus extraordinaire qu’il a rencontré.

Bernard Viguier, en spécialiste magistral, a passionné son auditoire au mois d’avril avec son dossier sur La liberté de la presse aux temps révolutionnaires, superbement étayé ou illustré par Les écrits originaires de la loi du 9 vendémiaire de l’an VI.

La séance du 6 mai 2010 était décentralisée ; elle se tenait à la Salle Joë Bousquet et accompagnait une exposition sur l’ancien et le nouveau tracé du Canal du Midi, mise en place par le Conseil d’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement. Ce sont nos amis spécialistes, Luce et Francis Teisseire, qui ont évoqué le Canal, dit de Carcassonne dont on fêtait le bicentenaire, en s’appuyant sur un support visuel de qualité. 

Avant les grandes vacances estivales, Henri Laleman revenait devant nous pour disséquer son dernier ouvrage, aussi vaillant que les précédents, sur Les vignerons du crépuscule.

L’assemblée de reprise du mois d’octobre nous donnait l’occasion d’accueillir, puis de recevoir en notre sein comme membre honoraire, Yves Compain, administra-teur des Affaires maritimes, chef de la mission d’étude pour la création du parc marin de la Côte Vermeille. Le docteur Bluche, fort d’une longue expérience professionnelle faisait ensuite une brillante intervention remarquée par un trop faible public sur : Le parc naturel marin, un outil de promotion et de sauvegarde de nos rivages côtiers : à propos du projet de création du nouveau parc de la Côte Vermeille, de La Franqui au Cap Cerbère.    

La séance académique du mois de novembre 2010 était solennelle puisqu’elle était consacrée à un ancien président de la Société des arts et des sciences de Carcas-sonne : Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, dont on fêtait le bicentenaire de la naissance. Elle a eu lieu à l’auditorium, dans la chapelle de l’ancien collège des Jésuites. Votre secrétaire a parlé du Bienfaiteur Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, héraut de la Cité, héros de Carcassonne ; tandis que Claude Marquié, précis et brillant malgré la difficulté du sujet, évoquait Une création de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille : L’Aude, Journal des Progrès (1837-1838).

Finalement, récemment, l’historien Paul Tirand qui postule pour rejoindre notre Compagnie, a donné une biographie inédite de l’explorateur et diplomate Edmond Combes, natif de Castelnaudary.

Nous avons cruellement souffert après la disparition de notre doyen et de nos plus anciens membres.

Ce soir, l’heure est à l’espoir. Je termine chers Collègues par l’émission des vœux que je forme à votre intention, pour vous, vos proches et votre famille. Je pré-tendais donner l’année dernière à l’Académie les moyens modernes de son action ; elle les possède désormais avec le téléphone, l’informatique et l’outil Internet. Il était temps !

À la même époque j’interpellais la municipalité de Carcassonne afin qu’elle libère au plus vite les « emmurés » que nous sommes. Il devenait impératif que nous retrou-vions l’usage, sinon le libre accès, de nos locaux condamnés pour cause d’inter-minables travaux. Je ne suis pas certain d’avoir été absolument entendu.

Je vous remercie pour votre attention.

 Gérard Jean

Secrétaire Général

Jean Gérard - Président.jpg

Photographie : Christophe Barreau / Journal L'Indépendant

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