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20/08/2011

Lettres à Madame Anne-Marie Charvet, préfet de l'Aude ; Jean-Claude Pérez, député-maire de Carcassonne ; André Viola, président du Conseil général de l'Aude ; présidents-nés de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

                                                                  Madame Anne-Marie Charvet

Préfet de l’Aude
Présidente-Née de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne                  

52, rue Jean Bringer

 

                                                                  11836   Carcassonne

 

                                                                  Tél. 04.68.10.29.44

 

                                                                  Carcassonne,  le 20 août 2011

 

Madame le Préfet,

Madame la Présidente,

 

La Bibliothèque municipale, fondée au XIXe siècle et richement alimentée dès l’origine, par la Société des arts et des sciences de Carcassonne, aujourd’hui dénommée Académie, a été régulièrement mise sous l’autorité de la Communauté d’agglomération du Carcassonnais, le premier janvier 2010, par transfert de gestion, dans les conditions légales prévues par le Code général des collectivités territoriales.

Cette Collectivité territoriale présidée par M. Alain Tarlier a donné son approbation pour la constitution d’un réseau de lecture publique sur son territoire et la construction d’une future médiathèque intercommunale.

Afin de préparer le transfert matériel des collections, de l’ancienne Bibliothèque municipale, vers la future Médiathèque de la Communauté d’agglomération du Carcassonnais, un « désherbage » (c’est le terme employé dans le jargon des bibliothécaires) a été prévu.

Ce « désherbage » lorsqu’il a lieu, doit s’effectuer dans des conditions légales strictes, encadrées et contrôlées par les services habilités de l’état ; en particulier l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, l’Inspection générale des bibliothèques, et bien entendu le ministère de la Culture et de la Communication.

Il faut savoir en effet, que l’état conserve un contrôle technique sur les collections plus que centenaires, quand bien même celles-ci seraient propriété de la commune.

C’est dans ce sens, que j’interviens en premier lieu auprès de votre haute autorité.

Le mardi 16 août 2011, une benne, du type de celles qui sont utilisées pour l’évacuation des matériaux de construction a été placée sur le trottoir, rue de Verdun, à l’entrée de l’ancienne Bibliothèque municipale.

Une quantité très importante d’ouvrages y a été jetée, vouée à la décharge publique, mais récupérée tout au long de la matinée par des personnes bien intentionnées que nous avons remerciées pour leur esprit civique.

Les journaux l’Indépendant, la Dépêche du Midi, le Midi Libre, ont relaté en premières pages de leurs éditions, l’événement bientôt repris par les médias nationaux, ayant émotionné l’ensemble de la sphère culturelle du département de l’Aude.

J’ai rapidement adressé un courrier recommandé à M. Alain Tarlier, président de la Communauté d’agglomération du Carcassonnais, dont vous avez reçu la copie.

Une polémique a été déclenchée, sans importance, car nous ne connaîtrons jamais l’état sanitaire réel des ouvrages détruits, leur valeur patrimoniale, la destination finale des legs et dons.

En vos doubles qualités, de représentante de l’état et en vertu du décret ministériel qui vous a fait Présidente-Née de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne, je vous demande obligeamment de vouloir bien faire diligenter une enquête visant à éclaircir les points suivants :

1° - La délibération n° 7, du procès-verbal de la séance du 23 juin 2010 du Conseil de la Communauté d’agglomération du Carcassonnais porte en son article 3 :

« Il est demandé aux membres du Conseil :

- D’autoriser la direction du réseau de lecture publique, en la personne des conservateurs, à effectuer des dons, prélevés dans les collections courantes, auprès de collectivités ciblées.

- D’adopter le principe de l’organisation, sous forme d’animation, d’une vente de livres en direction du grand public, et d’autoriser Monsieur le Président à mettre le moment venu les moyens nécessaires au bon fonctionnement de cette manifestation, dont l’ouverture d’une régie ».

Aucun article de cette délibération ne prévoit la « purge » illégale (tampon de rebus non apposé, couvertures non déchirées, inventaire non établi), ni les conditions provocatrices dans lesquelles elle s’est déroulée provoquant l’indignation générale.

Nous souhaiterions être rapidement informés sur les raisons qui ont conduit à ne pas respecter la décision des Conseillers communautaires, notamment l’ouverture d’une régie, pourtant adoptée à l’unanimité.

2° - Le tableau des effectifs, prévus et pourvus, fait état d’un Conservateur territorial en Chef des Bibliothèques et d’un Conservateur territorial des Bibliothèques de 2e classe. Ce sont ces deux cadres supérieurs de la fonction publique qui auraient dû être chargés de l’exécution de la délibération sus dite.

Il apparaît au contraire que ce personnel ne fait plus partie depuis longtemps de l’effectif.

Dans ces conditions, l’exécution a été confiée à Monsieur Emmanuel Pidoux, présenté comme directeur du centre de lecture publique, chef de projet du réseau des médiathèques de l’agglomération, mais également comme conservateur.

Le titre de conservateur de bibliothèques de la fonction publique d’état ou territoriale, relève soit d’un parcours académique antérieur, École nationale des chartes, formation universitaire ; soit d’un concours organisé par l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, qui place les lauréats au sommet de la filière culturelle des fonctions publiques.

Il ne semble pas que Monsieur Emmanuel Pidoux puisse réunir les qualités nécessaires aptes à mener à bien dans les conditions réglementaires, les hautes responsabilités qui lui ont été confiées, même s’il est l’auteur respectable d’un « état des lieux des musiques actuelles dans l’Aude » récemment rédigé, lorsqu’il était chargé de mission au sein de l’Association départementale pour le développement de la musique et de la danse (addmd11).

En second point, nous souhaiterions savoir par le canal de votre haute autorité, dans quelles conditions, Monsieur Emmanuel Pidoux, qui ne paraît avoir aucune compétence universitaire ou professionnelle particulière, peut être amené à gérer, si nous n’intervenons pas, entre 40.000 et 60.000 ouvrages appartenant à la future Médiatèque de la Communauté d’agglomération et aux bibliothèques des communes y rattachées.

D’autre part, pour l’état de fait irréversible qui nous préoccupe au plus haut point, nous ne pouvons imaginer qu’une éradication de grande ampleur ait été ordonnée sur les fonds patrimoniaux de l’ancienne Bibliothèque municipale de Carcassonne, sans conservation de liste, sans recensement, ni procès-verbaux de destruction.

Pour cette troisième objection, nous souhaiterions que soit mis rapidement à notre disposition l’inventaire nominatif, quantitatif et qualitatif, du « désherbage », pratiqué depuis plusieurs mois de façon anarchique et sauvage nous rapporte-t-on.

À seule fin de rapprocher cet état, de celui des legs qui avaient été consentis par l’état et la Société des arts et des sciences de Carcassonne à la Bibliothèque municipale de cette Ville.     

Si malheureusement la Bibliothèque de Carcasssonne n’était pas classée par l’état, elle se caractérisait néanmoins par l’exceptionnelle richesse de ses collections et le prestige de ses donateurs.

Nous vous demandons pour conclure, Madame le Préfet, Madame la Présidente-Née de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne, de mettre en place dans les meilleurs délais possibles une Commission d’usagers et d’érudits, chargée d’évaluer la situation et d’établir d’urgence l’inventaire du fonds ancien déplacé ou en cours de remembrement.

Je vous prie de croire à l’expression de ma très haute considération, et je vous assure de mes sentiments entièrement dévoués.

Le Président :
Gérard JEAN   

fonds patrimonial,ancienne bibliothèque municipale de carcassonne,médiathèque de la communauté d'agglomération du carcassonnais,alain tarlier,anne marie charvet,préfet de l'aude,jean-claude pérez,andré violaLes collections et les dépôts de l'Etat, mis en partie à la décharge publique
sans inventaire préalable.  
fonds patrimonial,ancienne bibliothèque municipale de carcassonne,médiathèque de la communauté d'agglomération du carcassonnais,alain tarlier,anne marie charvet,préfet de l'aude,jean-claude pérez,andré violaLes collections et les dépôts de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, mis en partie à la décharge publique, sans inventaire ni consultation préalable de la Société encore en activité. 

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La délibération n° 7, du 23 juin 2010, adoptée à l'unanimité par les Conseillers de la Communauté d'agglomération du Carcassonnais, non respectée le 16 août 2011 par le président Alain Tarlier et le directeur du réseau de lecture publique Emmanuel Pidoux. 

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Document affiché seulement le 22 août 2011, soit sept jours après la provocation publique et le "bibliocauste" de l'ancienne bibliothèque municipale de Carcassonne.

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Ce document faisant partie du fonds patrimonial de l'ancienne bibliothèque municipale de Carcassonne, méritait-il l'infamante benne de la décharge publique ?

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C'est comme le comptage des manifestants effectué selon les forces de l'ordre ou selon les syndicats !

Deux cents brochures sales et contaminées selon Emmanuel Pidoux, directeur du réseau de lecture publique et Alain Tarlier, président de la Communauté d'agglomération du Carcassonnais ; 7 à 8.000 ouvrages en bon état de conservation, d'un réel intérêt, dont certains faisaient partie du fonds patrimonial de l'ancienne bibliothèque municipale de Carcassonne, selon Gérard Jean, président de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne. Pourquoi cette mauvaise foi devant un scandale et pourquoi cette insulte gratuite à la Culture ?

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Commentaires

Quand des livres de cette bibliothèque étaient victimes de champignons, nous les passions à la Bibliothèque départementale qui avait un autoclave et de plus tous les livres et revues étaient régulièrement controlés tout du moins pour les livres anciens. De plus les fonds Alquier, Nelly, Chénier... et autres ont été confiés par leur propriétaire afin qu'il n'y ait pas dispersion et que ces livres puissent être exploités par des chercheurs. Je parle de cela au temps où Marie Josée Eychenne était Conservateur (fond qu'elle a d'ailleurs amélioré) et Chantal Le Dolley qui était responsable du fond ancien... Que dirait Madame René NELLY si elle était encore de ce monde, elle qui venait régulièrement à la bibliothèque pour voir l'état de son fond !

Écrit par : Backe | 15/10/2012

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