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28/12/2015

En guise de voeux, par Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Avec mes meilleurs voeux pour l'année 2016 !

Sic transit gloria mundi *

A Josy  

Au calme du matin, un peu avant l'aurore,
Au terme du repos, j'écoute avec plaisir
La chouette ululer ce que j'ignore encore
Des nouvelles du jour, des potins à saisir. 

Je l'imagine assez à l'abri dans les branches
En haut du pin touffu d'un jardin du hameau,
Après le festoiement durant les heures blanches
A la table du ciel des semis aux rameaux. 

Par ses grands yeux frontaux, elle vit à la ronde
Tout le bien et le mal qui font nos sentiments
En deçà des remparts admirés dans le monde
Pour l'histoire des lieux lors des ressentiments.

Je retiendrai surtout dans les cris qu'elle enchaîne
Les récits inspirés à la source des sorts,
Sans penser un instant à quelque fin prochaine
Voire à certains retours plus revanchards des morts. 

Je laisserai chacun, selon sa conscience,
Perpétuer ou non les doutes des Romains,
Les errements du Sud - sans aucune science -
Sur des esprits venus troubler leurs “chers” humains. 

J'évoquerai ici d'une âme créative
Les principaux sujets rapportés en secret
Et vous pardonnerez mon initiative
D'oser analyser ce que je crois concret. 

A ne point arrêter les folles décadences
Nous connaissons déjà l'anéantissement
Malgré tous les progrès au péril des cadences
Dont on ne sait tirer un avertissement.

Dans un pays parfois sous l'éclat d'une bombe
Des corps déchiquetés incitent dans l'horreur
A venger aussitôt d'une “juste” hécatombe
Les pauvres malheureux même au risque d'erreur.                                                

On entend si souvent le cliquetis des armes
Des châteaux ordonnés par les seuls dirigeants
Pas enclins d'empêcher les souffrances et les larmes
A ces peuples frustrés des temps encourageants. 

Au nom d'un culte obscur la légion des vermines
N'autorise jamais la douceur du bonheur
Car il s'agit partout d'anéantir les mines
D'êtres maudits par eux suivant un sens d'honneur. 

On peut se demander quel puissant artifice
Efface quelquefois chez des gens démunis
Les lamentables pleurs voulus en sacrifice
Du marché libéral des financiers unis.                       

Le coeur gonflé d'espoir, les vrais syndicalistes,
Les pieux religieux, les politiciens
Différents des nombreux intrigants populistes
Souhaitent trop réjouir tels des magiciens. 

En dépit des efforts fournis avec adresse
Le désert des besoins, l'océan des tourments
Subsistent pour toujours et la moindre détresse
Étouffe sous son joug les pauvres des moments. 

Les coquines Vénus subliment l'adultère
Dans les bras des Éros dont les gestes d'ardeur
S'accordent quelquefois au climat délétère
D'une sexualité désormais sans candeur. 

On se pâme d'amour, on fonde une famille,
On file vite ailleurs - tant pis pour les enfants -,
On rallume un foyer d'une simple escarbille
Sur laquelle le vent joue des airs triomphants. 

Dans le Midi fougueux, dans l'humide Champagne,
A Paris survolté, à Calais anxieux,
Sûrement n'importe où en ville et en campagne
Éclosent les beautés d'élans astucieux. 

Du tumulte à l'écart, auréolés d'étoiles,
Les lieutenants des cieux creusent profonds et droits
Les sillons du futur qu'ils recouvrent des voiles
Tissés dans la bonté par leurs travaux adroits.                                              

Une parure d'or revêt la résistance
Aux méfaits quotidiens des anges valeureux
Qui mêlent sûrement d'une forte insistance
Les délicats parfums des actes chaleureux.                                              

Des moissons du destin, rechercher la sagesse 
Permet qu'une clarté balise le sentier 
A l'horizon duquel l'éternelle largesse
Du souffle créateur se transmet en entier.

L'oiseau revint ainsi souligner les annonces
Du tourbillon des ans, puis se tut brusquement.
Je trouverai donc seul sur nos fleurs, dans les ronces, 
Le miel comme le fiel à rendre lentement.

* Ainsi passe la gloire du monde

Jean Esparbié    

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