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12/07/2017

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, écrivent et publient : Carcassonne, insolite et méconnue, par Claude Marquié.

Carcassonne
Insolite et inconnue
Claude Marquié
Editions Sutton
160 pages - 2017
Préface de Jean Blanc
Illustrations de Claude Martinez 
Marquié - Carcassonne insolite.jpg
Ouvrage actuellement disponible dans toutes les bonnes librairies.
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

L’historien Claude Marquié publie aux éditions Sutton un nouvel ouvrage, Carcassonne insolite et méconnue. Au fil des 35 rubriques, de nombreux lecteurs seront surpris d’apprendre, par exemple, que la Cité a failli être rasée pendant la Révolution, ou qu’un saint suaire serait présent dans la ville. L’auteur vous fait part de ses découvertes dans cet ouvrage de 160 pages préfacé par Jean Blanc, attaché de conservation aux archives départementales et richement illustré par Claude Martinez. En compagnie de ce dernier, Claude Marquié dédicacera le livre à Carcassonne : samedi 15 juillet à partir de 10 heures à Cultura, à 15 heures chez la librairie Breithaupt, et le mardi 18 à la maison de la Presse de 10 heures à 12 heures 30.

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Castelnaudary, d'Auguste Fourès à Jean Mistler.

Castelnaudary
1870 - 1945
D'Auguste Fourès à Jean Mistler
Paul Tirand
Format : 17 X 24 - 232 pages

Tirand - Castelnaudary1.jpgTirand - Castelnaudary2.jpg
Ouvrage consultable à l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Le Murmure des ans, par Jean Esparbié.

Le Murmure des ans
Jean Esparbié
Roman
Editions Acala - 13 €

Esparbié - Murmure1.jpgEsparbié - Murmure2.jpg
Ouvrage disponible à la vente chez l'auteur.
Consultable à l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jean Esparbié publie un onzième ouvrage, s'ajoutant à des études sur Michel Maurette - l'écrivain-paysan de Caux-et-Sauzens -, des récits autobiographiques, des romans, des chroniques, des textes pour de plus jeunes lecteurs, un recueil de poèmes.

Cette  fois, en passeur de mémoire, inspiré par des personnages ayant réellement existé ainsi que par des faits connus, il livre aux lecteurs la vie romancée d'un être, entre le Gardijol de Gardouch et le canal du Midi à Villefranche-de-Lauragais. On découvre celui-ci enfant dans un milieu modeste. On le suit adolescent respectueux, travailleur, serviable, pris en affection par une jeunette, aimé dans le village. On reste à ses côtés au cours des bonheurs, des obligations, des peines de l'âge adulte au chef-lieu du canton. On partage ses découvertes, ses envies, sa façon de se  comporter par rapport aux coutumes du siècle traversé par la Grande Guerre et des développements touchant le quotidien des populations. On marche derrière son ombre sur les pentes d'un destin entre le monde paysan et la modernité des transports auxquels il joua un rôle salarié en tant que roulier puis de cheminot. On entre dans la famille qu'il compose, sincèrement, fidèlement, avec la foi du charbonnier malgré des détresses physiques, morales, sentimentales, s'ajoutant aux complications sociales des temps que Jean Esparbié évoque à l'occasion en guise de guide censé éclairer les situations. Finalement, ce Paul Gradignan de l'histoire, touche, émeut, suscite des réflexions quant à ses comportements sans omettre des comparaisons d'une époque à une autre, la nôtre, celle de la vitesse, de l'oubli quasi immédiat, de l'indifférence, de l'égoïsme, de dangers répétés sans tenir compte des erreurs du passé.

L'écriture de Jean Esparbié reste simple, claire,  précise, et lui permet un style appréciable. Nul doute que quelque personnage présent dans Le Murmure des ans se retrouvera  tôt ou tard dans un nouvel ouvrage. Jean Esparbié adore ce genre de portrait...

On peut se procurer le livre directement auprès de l'auteur : Tél. 04-68-47-08-07 ou l’acheter à son domicile : 1, rue Germinal - Montlegun - 11090 Carcassonne.

Dès réception d'une commande par courrier accompagnée du chèque correspondant au prix de vente du livre 13 euros, plus 5 euros pour les frais d'envoi, Jean Esparbié adressera l'ouvrage.

Merci de ne pas demander le livre par courriel.

11/07/2017

Dernier hommage de Claude Caro, au philosophe Henri Callat, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

HOMMAGE à HENRI CALLAT,
par Claude Caro,
Président de l'Université populaire de l'Ouest Audois,
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Callat Herni.jpg
Au pupitre, l'une des dernières interventions remarquables
du philosophe Henri Callat.

L'Université populaire de l'Ouest Audois vient de perdre l'un de ses fondateurs-animateurs en la personne d'Henri Callat, philosophe et poète, animé de l'esprit de résistance et porteur d'une inquiétude vigilante, qui fit de la fidélité à l'humanité des humains, la rectitude de sa vie. En ces douloureuses circonstances, nous transmettons à Régine, à ses enfants et petits-enfants nos plus sincères pensées de fraternelle humanité, de solidarité dans l'épreuve.

Poète, Henri le fut, dès 1954. répondant aux « Lettres françaises » dirigées par Aragon. Henri fut édité dans : « Journal d'une poésie nationale ». Un sonnet « ouvert » à Mendès-France, écrit à Donazac, le 15 août 1954, dont nous redisons ceci :

« Mais ce n'est pas aux rois que nous appartenons
Car le peuple est un fief que personne n'aliène...
Notre peuple depuis resté toujours le même
Qui sait tuer ses rois pour rester souverain
Et seul monter la garde aux rivages du Rhin ».

Ou, dans « Géorgiques 54 », s'adressant au gouvernement Laniel qui considérait déjà « qu'il y avait un million de paysans en trop », l'apostrophait ainsi :

« Vous ne détruirez pas notre immense mémoire
Du peuple, elle est le fond de son éternité
L'horizon de demain, nous vous y ferons croire
Est fait du sang d'hier en sa pourpre beauté ».

Nous décidons de faire vivre l'Université populaire dont tu demeures l'âme. Philosophe, inlassable ciseleur de concepts, tu nous transmis : « l'aptitude à penser ce que nous savons », rappelant très souvent Pascal : « toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les partis sans connaître le tout, non plus que de connaître particulièrement les parties », ce qui nous semble l'évocation de penser global et penser complexe, le « et » relationnel ayant ici une grande importance.

Liant et reliant sans cesse les savoirs divers, d'où qu'ils viennent, tu redisais souvent avec Edgar Morin :

« Nous nous croyons civilisés alors que la barbarie s'empare intérieurement de nous dans l'égoïsme, l'envie, le ressentiment, le mépris, la colère, la haine. Nos vies sont dégradées et polluées par le niveau lamentable et souvent calamiteux des relations entre individus, sexes, classes, peuples. L'aveuglement sur soi et sur autrui est un phénomène quotidien. L'incompréhension non seulement du lointain mais aussi du prochain est générale. La possessivité et la jalousie rongent les couples et les familles : que d'enfers domestiques, de microcosmes d'enfers plus vastes dans le milieu du travail, l'entreprise, la vie sociale... ».

Pourtant, tu n'oublias jamais que cette vision pessimiste de notre situation humaine, portait en elle un paradoxe : « pour la première fois dans l'histoire humaine, sont réunies les conditions du dépassement de cette histoire faite de guerres, dont les puissances de mort se sont renforcées, jusqu'à permettre désormais un suicide global de l'humanité ».

Et, pour avancer encore « dans la compréhension de la nouvelle barbarie où nous conduit l'idéologie du tout "marchandisé", du tout instrumentalisé, du tout réduit à sa plus simple expression inhumaine », tu désignais l'origine du mal : « pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, toutes les valeurs qui récemment encore, structuraient plus ou moins nos sociétés, qu'elles soient religieuses ou laïques, ont été absorbées par l'une d'entre elles : la valeur économique. D'aucuns parlent de « capitalisme total » pour définir ce phénomène qui affecte à la fois nos sociétés et nos propres personnes dans leur subjectivité la plus profonde ».

Dans le même temps, tu rappelais sans cesse qu'il faut tenir les deux bouts de la chaîne, penser « dialogiquement », pour faire advenir, non la révolution mais la métamorphose, qui conserve la vie, les cultures, le legs des pensées et de sagesse de l'humanité, en gardant la radicalité novatrice d'une re-évolution. Cette « voie », ce difficile chemin, tu nous as, cher Henri, aidé à l'emprunter. Puissions-nous en garder l'esprit, le souffle pour éterniser la dignité de ta vie, de nos vies.

Adieu Henri. 

Claude Caro

10/07/2017

Dernier hommage de Gérard Jean au compositeur Jacques Charpentier, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Charpentier-Légion d'honneur.jpg

Discours prononcé par Gérard Jean
aux funérailles 
de M. Jacques Charpentier

Cathédrale Saint-Michel
Cimetière de La Conte
Carcassonne - Mercredi 21 juin 2017

Logo rond Académie.jpg

Combien est grande la perte que subit le monde savant ! Combien sommes-nous affligés par le deuil de notre illustre collègue, dont la terre va nous dérober les restes !  Combien est immense et douloureuse l’émotion du cénacle universel, du chant et de la musique !

Le décès de Jacques Charpentier nous afflige plus encore ; car nous l’avons perdu, au moment même où l’assoupissement de sa maladie, qui lui enlevait peu à peu ses forces sans jamais atteindre sa lucidité ni sa claire intelligence,  nous avait rendu l’espoir.

Les dernières consolations terrestres, celles qui doivent nous être les plus chères à l’heure de la mort, lui furent accordées, car il a senti jusqu’à la fin l’amour de ses proches, car il a pu songer à son œuvre et la voir derrière lui, grande et féconde.

Je me souviens de cette cérémonie solennelle du 15 janvier 2016, au cours de laquelle il avait reçu la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. Et ce jour là, il semblait étonné de ce qu’il y ait autant de monde dans la salle… qu’il puisse avoir autant d’amis !

La disparition du Maître survient quelques mois après le vibrant hommage rendu au musicien par la pianiste italienne Giusy Caruso, venue spécialement à Carcassonne pour interpréter du vivant de l’artiste son œuvre magistrale majeure : les 72 études karnatiques déclinées sur les 72 échelles possibles des 72 modes musicaux.

Jacques Georges Paul Charpentier naquit à Paris, le 18 octobre 1933, mais nous pouvons dire avec orgueil, que la ville de Carcassonne - sa patrie adoptive depuis un demi-siècle - l’a autant honoré que si elle l’eût compté au nombre de ses enfants !  

Jamais peut-être un seul homme ne sut autant de choses sur une science donnée… et ne les sut, mieux qu’un autre ! Rien n’avait échappé à sa prodigieuse mémoire, et dans ce dépôt bien ordonné, tout était classé avec méthode, avec clarté, avec tant de lumière en tout genre d’érudition.

Que dirai-je de son cœur ? Comment louer assez cette disposition à un attachement tendre et vif, qui le rendait si précieux à ses proches, si cher à ses amis ?

Pouvait-on s’entretenir avec lui, ou seulement le voir, sans être touché par cet air de modestie, par cette simplicité, par cette candeur, qui relevaient tant de qualités éminentes ?

Soit dans sa conversation, soit dans ses écrits, découvrit-on jamais - je ne dis pas le plus léger indice de prétention ou d’orgueil - mais l’apparence même du sentiment de sa supériorité, qui eut été si légitime, ou du moins si pardonnable chez un homme en effet si supérieur ?

C’est que la beauté de son âme profondément pieuse, sa croyance aux forces puissantes de la religion catholique, égalaient la droiture de sa raison et la profondeur de son esprit.

Tant de vertus ont trouvé leur récompense dans l’affection de Danielle, son épouse, à laquelle il lègue un éternel chagrin ; dans l’incommensurable dévouement de sa belle-sœur : Joëlle ; dans l’amour de Philippe son frère ; dans l’adoration de ses enfants : Anne, Odile, Éric ;  dans la tendresse sans mesure de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

La mort d’un seul homme produit un vide immense dans les rangs de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne. Quand est-il quand cette assemblée perd successivement l’épouse de Paul Detours, ancien titulaire du grand orgue de l’église de Montréal et Jacques Charpentier, ancien directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse au ministère de la Culture ?     

Personnellement, au nom des membre de l’ordre des Arts et Lettres que je représente, je vous adresse, à vous, mes respectueuses condoléances. Je suis incapable de vous apporter - je le sais bien - une consolation véritable, mais je peux vous dire que le souvenir de Jacques Charpentier restera bien vivant, fort d’admiration et de sympathie ; que son œuvre ne mourra pas, mais qu’elle fructifiera et perpétuera sa mémoire.

André Malraux affirmait que la musique seule pouvait parler de la mort ; nous ne sommes pas musiciens ; c’est dire s’il nous fut difficile de la côtoyer, afin de rendre hommage devant la porte de cette funeste demeure, à celui d’entre-nous qui avait fondé le Centre d’études des musiques grégoriennes à l’abbaye cistercienne de Sénanque. 

Maintenant Jacques, vénéré Maître, cher Collègue et Ami, il est temps de vous dire adieu et de citer Lamartine car « Le livre de la vie est le livre suprême qu’on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix ; le passage attachant ne s’y lit pas deux fois, mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ; on voudrait revenir à la page où l’on aime, et la page où l’on meurt est déjà sous vos doigts ». 

Adieu ! Adieu Jacques !

 Gérard JEAN
Officier de l'ordre des Arts et des Lettres
Carcassonne
Mercredi 21 juin 2017