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11/07/2017

Dernier hommage de Claude Caro, au philosophe Henri Callat, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

HOMMAGE à HENRI CALLAT,
par Claude Caro,
Président de l'Université populaire de l'Ouest Audois,
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Callat Herni.jpg
Au pupitre, l'une des dernières interventions remarquables
du philosophe Henri Callat.

L'Université populaire de l'Ouest Audois vient de perdre l'un de ses fondateurs-animateurs en la personne d'Henri Callat, philosophe et poète, animé de l'esprit de résistance et porteur d'une inquiétude vigilante, qui fit de la fidélité à l'humanité des humains, la rectitude de sa vie. En ces douloureuses circonstances, nous transmettons à Régine, à ses enfants et petits-enfants nos plus sincères pensées de fraternelle humanité, de solidarité dans l'épreuve.

Poète, Henri le fut, dès 1954. répondant aux « Lettres françaises » dirigées par Aragon. Henri fut édité dans : « Journal d'une poésie nationale ». Un sonnet « ouvert » à Mendès-France, écrit à Donazac, le 15 août 1954, dont nous redisons ceci :

« Mais ce n'est pas aux rois que nous appartenons
Car le peuple est un fief que personne n'aliène...
Notre peuple depuis resté toujours le même
Qui sait tuer ses rois pour rester souverain
Et seul monter la garde aux rivages du Rhin ».

Ou, dans « Géorgiques 54 », s'adressant au gouvernement Laniel qui considérait déjà « qu'il y avait un million de paysans en trop », l'apostrophait ainsi :

« Vous ne détruirez pas notre immense mémoire
Du peuple, elle est le fond de son éternité
L'horizon de demain, nous vous y ferons croire
Est fait du sang d'hier en sa pourpre beauté ».

Nous décidons de faire vivre l'Université populaire dont tu demeures l'âme. Philosophe, inlassable ciseleur de concepts, tu nous transmis : « l'aptitude à penser ce que nous savons », rappelant très souvent Pascal : « toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les partis sans connaître le tout, non plus que de connaître particulièrement les parties », ce qui nous semble l'évocation de penser global et penser complexe, le « et » relationnel ayant ici une grande importance.

Liant et reliant sans cesse les savoirs divers, d'où qu'ils viennent, tu redisais souvent avec Edgar Morin :

« Nous nous croyons civilisés alors que la barbarie s'empare intérieurement de nous dans l'égoïsme, l'envie, le ressentiment, le mépris, la colère, la haine. Nos vies sont dégradées et polluées par le niveau lamentable et souvent calamiteux des relations entre individus, sexes, classes, peuples. L'aveuglement sur soi et sur autrui est un phénomène quotidien. L'incompréhension non seulement du lointain mais aussi du prochain est générale. La possessivité et la jalousie rongent les couples et les familles : que d'enfers domestiques, de microcosmes d'enfers plus vastes dans le milieu du travail, l'entreprise, la vie sociale... ».

Pourtant, tu n'oublias jamais que cette vision pessimiste de notre situation humaine, portait en elle un paradoxe : « pour la première fois dans l'histoire humaine, sont réunies les conditions du dépassement de cette histoire faite de guerres, dont les puissances de mort se sont renforcées, jusqu'à permettre désormais un suicide global de l'humanité ».

Et, pour avancer encore « dans la compréhension de la nouvelle barbarie où nous conduit l'idéologie du tout "marchandisé", du tout instrumentalisé, du tout réduit à sa plus simple expression inhumaine », tu désignais l'origine du mal : « pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, toutes les valeurs qui récemment encore, structuraient plus ou moins nos sociétés, qu'elles soient religieuses ou laïques, ont été absorbées par l'une d'entre elles : la valeur économique. D'aucuns parlent de « capitalisme total » pour définir ce phénomène qui affecte à la fois nos sociétés et nos propres personnes dans leur subjectivité la plus profonde ».

Dans le même temps, tu rappelais sans cesse qu'il faut tenir les deux bouts de la chaîne, penser « dialogiquement », pour faire advenir, non la révolution mais la métamorphose, qui conserve la vie, les cultures, le legs des pensées et de sagesse de l'humanité, en gardant la radicalité novatrice d'une re-évolution. Cette « voie », ce difficile chemin, tu nous as, cher Henri, aidé à l'emprunter. Puissions-nous en garder l'esprit, le souffle pour éterniser la dignité de ta vie, de nos vies.

Adieu Henri. 

Claude Caro

10/07/2017

Dernier hommage de Gérard Jean au compositeur Jacques Charpentier, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Charpentier-Légion d'honneur.jpg

Discours prononcé par Gérard Jean
aux funérailles 
de M. Jacques Charpentier

Cathédrale Saint-Michel
Cimetière de La Conte
Carcassonne - Mercredi 21 juin 2017

Logo rond Académie.jpg

Combien est grande la perte que subit le monde savant ! Combien sommes-nous affligés par le deuil de notre illustre collègue, dont la terre va nous dérober les restes !  Combien est immense et douloureuse l’émotion du cénacle universel, du chant et de la musique !

Le décès de Jacques Charpentier nous afflige plus encore ; car nous l’avons perdu, au moment même où l’assoupissement de sa maladie, qui lui enlevait peu à peu ses forces sans jamais atteindre sa lucidité ni sa claire intelligence,  nous avait rendu l’espoir.

Les dernières consolations terrestres, celles qui doivent nous être les plus chères à l’heure de la mort, lui furent accordées, car il a senti jusqu’à la fin l’amour de ses proches, car il a pu songer à son œuvre et la voir derrière lui, grande et féconde.

Je me souviens de cette cérémonie solennelle du 15 janvier 2016, au cours de laquelle il avait reçu la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. Et ce jour là, il semblait étonné de ce qu’il y ait autant de monde dans la salle… qu’il puisse avoir autant d’amis !

La disparition du Maître survient quelques mois après le vibrant hommage rendu au musicien par la pianiste italienne Giusy Caruso, venue spécialement à Carcassonne pour interpréter du vivant de l’artiste son œuvre magistrale majeure : les 72 études karnatiques déclinées sur les 72 échelles possibles des 72 modes musicaux.

Jacques Georges Paul Charpentier naquit à Paris, le 18 octobre 1933, mais nous pouvons dire avec orgueil, que la ville de Carcassonne - sa patrie adoptive depuis un demi-siècle - l’a autant honoré que si elle l’eût compté au nombre de ses enfants !  

Jamais peut-être un seul homme ne sut autant de choses sur une science donnée… et ne les sut, mieux qu’un autre ! Rien n’avait échappé à sa prodigieuse mémoire, et dans ce dépôt bien ordonné, tout était classé avec méthode, avec clarté, avec tant de lumière en tout genre d’érudition.

Que dirai-je de son cœur ? Comment louer assez cette disposition à un attachement tendre et vif, qui le rendait si précieux à ses proches, si cher à ses amis ?

Pouvait-on s’entretenir avec lui, ou seulement le voir, sans être touché par cet air de modestie, par cette simplicité, par cette candeur, qui relevaient tant de qualités éminentes ?

Soit dans sa conversation, soit dans ses écrits, découvrit-on jamais - je ne dis pas le plus léger indice de prétention ou d’orgueil - mais l’apparence même du sentiment de sa supériorité, qui eut été si légitime, ou du moins si pardonnable chez un homme en effet si supérieur ?

C’est que la beauté de son âme profondément pieuse, sa croyance aux forces puissantes de la religion catholique, égalaient la droiture de sa raison et la profondeur de son esprit.

Tant de vertus ont trouvé leur récompense dans l’affection de Danielle, son épouse, à laquelle il lègue un éternel chagrin ; dans l’incommensurable dévouement de sa belle-sœur : Joëlle ; dans l’amour de Philippe son frère ; dans l’adoration de ses enfants : Anne, Odile, Éric ;  dans la tendresse sans mesure de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

La mort d’un seul homme produit un vide immense dans les rangs de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne. Quand est-il quand cette assemblée perd successivement l’épouse de Paul Detours, ancien titulaire du grand orgue de l’église de Montréal et Jacques Charpentier, ancien directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse au ministère de la Culture ?     

Personnellement, au nom des membre de l’ordre des Arts et Lettres que je représente, je vous adresse, à vous, mes respectueuses condoléances. Je suis incapable de vous apporter - je le sais bien - une consolation véritable, mais je peux vous dire que le souvenir de Jacques Charpentier restera bien vivant, fort d’admiration et de sympathie ; que son œuvre ne mourra pas, mais qu’elle fructifiera et perpétuera sa mémoire.

André Malraux affirmait que la musique seule pouvait parler de la mort ; nous ne sommes pas musiciens ; c’est dire s’il nous fut difficile de la côtoyer, afin de rendre hommage devant la porte de cette funeste demeure, à celui d’entre-nous qui avait fondé le Centre d’études des musiques grégoriennes à l’abbaye cistercienne de Sénanque. 

Maintenant Jacques, vénéré Maître, cher Collègue et Ami, il est temps de vous dire adieu et de citer Lamartine car « Le livre de la vie est le livre suprême qu’on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix ; le passage attachant ne s’y lit pas deux fois, mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ; on voudrait revenir à la page où l’on aime, et la page où l’on meurt est déjà sous vos doigts ». 

Adieu ! Adieu Jacques !

 Gérard JEAN
Officier de l'ordre des Arts et des Lettres
Carcassonne
Mercredi 21 juin 2017

20/06/2017

Hommage funèbre au compositeur Jacques Charpentier, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jacques Georges Paul
CHARPENTIER
Commandeur de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre national du Mérite
Commandeur de l'ordre des Arts et Lettres
Officier des Palmes Académiques
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

Charpentier-Légion d'honneur.jpg
Cérémonie religieuse en la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, le :
Mercredi 21 juin 2017, à 16 heures.

Inhumation au cimetière de La Conte, à Carcassonne, le :
Mercredi 21 juin 2017, à 17 heures 30.

Charpentier Jacques - 83 ans.jpg
Jacques Charpentier avait fêté ses 83 ans, dans l'intimité de son domicile,
à Carcassonne, le 18 octobre 2016.

Charpentier Jacques2.jpg
Photographies : Gérard JEAN

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MINISTÈRE DE LA CULTURE

Hommage de Françoise Nyssen à Jacques Charpentier

Jacques Charpentier nous a quittés le 15 juin. Il avait 83 ans.
Organiste et compositeur, Jacques Charpentier, qui avait été au Conservatoire l'un des plus brillants élèves de Messiaen, nous a laissé plus de 150 œuvres, tant pour l'orgue, que pour les formations de musique de chambre et pour l'orchestre.
En 1958, il avait été nommé inspecteur principal de la musique par le premier ministre de la Culture, André Malraux, avant d'assumer vingt ans plus tard, les fonctions de directeur de la musique, de l'art lyrique et de la danse au ministère. En 2004, il avait été élu, à l'unanimité, président du Comité national de la musique, la section française du Conseil international de la musique de l'Unesco.
Le musicien qui s'était révélé au sein du ministère comme un remarquable administrateur était aussi un pédagogue-né, un professeur qui aura permis aux plus beaux talents de trouver la voie de leur plein épanouissement.
J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à tous ses amis.


30/08/2016

L'Académie des arts et des sciences est à nouveau endeuillée. Hommage à Louis Fraisse

Fraisse Louis - Frégate.jpg
HOMMAGE DE L'ACADEMIE DES ARTS ET DES SCIENCES
DE CARCASSONNE

A
LOUIS FRAISSE

Coup sur coup, l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne est à nouveau endeuillée. Elle vient de perdre en la personne de Louis Fraisse, à la fois l’un de ses meilleurs spécialistes en matière d’environnement et son expert en affaires maritimes.
Capitaine au long cours, diplômé de l’École nationale de la marine marchande, capitaine de frégate de réserve, professeur associé à la faculté de droit et sciences politiques d’Aix-en-Provence, il était intransigeant sur les valeurs de droiture, d’honnêteté, de travail, de franchise et d’humanité.
Malgré ses activités professionnelles, il avait gardé un profond attachement pour son village natal de Conques et pour la belle vallée de l’Orbiel qu’il avait contribué à défendre après onze années de luttes juridiques, contre l’inique projet d’enfouissement de Lassac.
Il fut l’un des fondateurs historiques de l’association Terres d’Orbiel. Louis Fraisse avait été reçu à l’Académie il y a quatre ans seulement, mais sa présence aura été marquée par sa vive intelligence, son esprit d’à propos extrêmement aiguisé, son verbe facile et fédérateur qui rendait ses interventions passionnantes, teintées de savoureuses anecdotes et de savantes citations.
Notre capitaine s’en est allé pour un dernier voyage au long cours ! L’Académie aura été son dernier port d’attache où il ne laisse que des amis profondément attristés.

Gérard JEAN
30 août 2016

28/07/2016

Hommage à Francis Teisseire, archiviste de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Teisseire Francis3.jpg

HOMMAGE DE L’ACADÉMIE DES ARTS ET DES SCIENCES
DE CARCASSONNE
A
FRANCIS TEISSEIRE

Ô mort, vieux capitaine, l’heure est venue de lever l’ancre !
Le Canal nous attend, ô mort ! Appareillons !
Les écluses se ferment, l’étiage est au plus bas,
Les remous de la vie prennent couleur d’encre,
Mais les ports que tu connais, d’ici bas,
Comme l’eau de nos cœurs, sont remplis de rayons !

L’Académie des arts et des sciences vient de perdre en la personne de Francis Teisseire, l’un de ses plus éminents sociétaires. Il était né le 21 août 1935 à Carcassonne et avait été reçu comme membre correspondant le 12 janvier 1996, sous la présidence du chanoine Marcel Bories.

Artisan plombier, autodidacte éclairé et curieux de toutes choses, il s’était intéressé avec une rare compétence, surtout avec constance et assiduité, à l’histoire du Canal du Midi. Il avait obtenu un accès privilégié aux vieux papiers des Voies navigables de France, ce qui lui avait permis d’étudier l’évolution des travaux aux alentours de notre ville.

Avec Luce, son épouse, Francis Teisseire avait donné plusieurs communications savantes et il avait étroitement collaboré à une passionnante exposition organisée pour le bicentenaire du canal dit « de Carcassonne ».

Homme affable, serviable, ordonné et rationnel, Francis Teisseire s’était vu confier les archives de l’Académie le 11 janvier 2007, alors que Jean Fourié en était président. Avec une rare conscience, il avait entrepris alors une remise en ordre des dossiers biographiques. Ce travail à la fois éminemment utile et apaisant contribuait avec un maximum de repos à l’évasion de son esprit toujours en éveil, et lui permettait de lutter entre les phases de rémission suivies de périodes difficiles, contre une maladie qui l’étreignait de plus en plus fort, depuis de nombreuses années.

L’âme de Francis s’en est allée ! Nous ne serions pas étonnés de la rencontrer un jour souriante et sereine sur une péniche de poste ou bien sur une barque de marchands, dans le bief de Saint-Jean, à moins qu’elle ne se cache gentille et facétieuse sous le Pont de la Paix.

Depuis bientôt trente ans, Francis Teisseire faisait également partie de la Société d’études scientifiques de l’Aude et il était l’un des plus anciens membres de l’Association des Amis de la Ville et de la Cité.

Si la mort, comme l’a dit un académicien, est le commencement de l’immortalité, nous sommes certains de te conserver Francis, longtemps parmi nous ! Ton long voyage vers l’éternité ne fait que commencer, nous te disons adieu et merci !

 Gérard JEAN
29 juillet 2016

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05/03/2016

Décès de l'épouse de Jean Guilaine, sociétaire doyen de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

Décès Christiane Guilaine.jpg

26/01/2016

Décès subit de l'anthropologue Daniel Fabre, président du Groupe Audois de Recherche et d'Animation Ethnographique, dont le siège se trouve à Carcassonne, 53, rue de Verdun.

L'anthropologue audois Daniel Fabre
s'est éteint à 69 ans.

Fabre Daniel-Boyer Claude.jpg
Photographie : Journal l'Indépendant/Claude Boyer.

Cet anthropologue de renom qui vivait entre Paris et Carcassonne avait participé à la création du Garae. L'un des grands anthropologues français, Daniel Fabre, vient de s'éteindre dimanche 24 janvier à Toulouse à l'âge de 69 ans.

Né à Narbonne, le fondateur de l'ethnopôle Garae dans la Maison des Mémoires partageait son temps entre Paris et Carcassonne où il demeurait. Jean-Pierre Piniès, directeur du Garae, cite deux mots pour résumer cet homme de passion : "Générosité et bonté". Malgré les voyages et ses multiples fonctions, il gardera toujours une place à part pour la Méditerranée de son enfance et sera à jamais influencé par René Nelli.

Passé les études d'anthropologues, il s'attaque à l'étude la tradition orale dans les Pyrénées audoises. L'occasion de mettre en valeur les contes avant de s'intéresser aussi au carnaval ou aux méandres de la création, de l'art primitif à celui des enfants ou des fous. On retient son merveilleux livre "La Fête en Languedoc" illustré des photos de Charles Camberoque.

Elu en 1989 directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, chaire d'Anthropologie de l'Europe, il fondait en 1978, avec un autre grand, l'archéologue Jean Guilaine, le Centre d'Anthropologie des Sociétés Rurales devenu ensuite le Centre d'Anthropologie de Toulouse. Depuis 1999, il enseignait l'anthropologie des religions à l'Université de Rome Tor Vergata.

La cérémonie religieuse aura lieu à la basilique Saint-Nazaire à la Cité de Carcassonne demain à 10 h. La suite de la cérémonie se poursuivre au crématorium de Trèbes à 11 h 30. 

Journal l'Indépendant
Edition du 26 janvier 2016

Fabre - Fête en Languedoc.jpgFabre-Les Audois.jpgFabre - Carnaval.jpg
Ouvrages consultables à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

10/12/2015

Hommage posthume à Louis Cardaillac, sociétaire émérite de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Croix - Sépulture.jpg

Hommage à Louis Cardaillac

Cardaillac Louis.jpgDespués nos enteramos de la muerte de nuestro estimado colega Louis Cardaillac, ocurrido el catorce de octubre dos mil quince.

J’ai bien failli prononcer en langue espagnole, l’hommage posthume rendu à notre célèbre ami, le Professeur Louis Yves Noël Cardaillac. C’était en effet un éminent spécialiste de l’Espagne et de l’islam.

Né à Quillan, le 29 juillet 1933, il s’est éteint à Andernos-les-Bains, en Gironde, le 14 octobre 2015. C’était un humaniste aux ressources intellectuelles inépuisables, d’une bienveillance sans limite, l’un de ces chercheurs qui façonnent le monde et son histoire afin d’apprendre avec humilité aux plus humbles, les vicissitudes de son évolution, les terribles rapports des religions entre elles, la promiscuité intemporelle autant qu’universelle, de la Chrétienté et de l’Islam, des Maures et des Inquisiteurs, des Juifs et des Musulmans qui se sont affrontés puis successivement apaisés au fil des siècles.

Agrégé, docteur ès lettres, Louis Cardaillac était professeur émérite de langue et de civilisation ibérique à l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Au cours de sa vie professionnelle, pendant ses déplacements incessants sur trois continents : en Europe, en Afrique et en Amérique, il a voulu réconcilier les hommes, leur apporter la connaissance. Par ses nombreux ouvrages écrits aussi bien en langue française qu’en langue espagnole, il les a documentés, et il les a instruits, par ses conférences dont l’autorité ne se démentira sans doute jamais.

Les premiers grands travaux universitaires de Louis Cardaillac dataient de 1971 et traitaient du Passage des Morisques en Languedoc. Le sujet de sa thèse brillamment soutenue en 1977 portait sur les Morisques et les Chrétiens, un affrontement polémique (1492-1640). Il avait publié son dernier ouvrage il y a trois ans : Dos destinos trágicos en paralelo : los moriscos de España y los indios de América.

Louis Cardaillac avait fait partie de notre Académie dont il était le meilleur ambassadeur itinérant ; son éloignement de longue durée dans la ville coloniale mexicaine de Cuernavaca l’avait éloigné, puis il nous avait rejoint en 2012 avec un indicible plaisir lorsqu’il s’était retiré pour une retraite encore active dans sa paisible propriété de Montfort-sur-Bouzane.

Il avait alors entrepris un important travail de recherche sur la vie dans les Pyrénées Audoises aux 18e et 19e siècles et publié : Félix Armand et son temps (1740-1840).

Il avait promis de donner à nos Mémoires une communication sur le sujet qui était devenu sa nouvelle passion ; il n’aura eu ni le courage, ni le temps de distiller les derniers limbes de son érudition, décidément immense. Il s’est éteint dans la sérénité et dans la discrétion comme il l’avait souhaité.

L’Académie des arts et des sciences de Carcassonne prévenue tardivement, présente ses condoléances profondément attristées à l’épouse éplorée : Mme Araceli Campos.

Louis Cardaillac fut l’un de nos plus éminents sociétaires. Nous aurons une pensée pour cet expert en sciences des religions, docteur honoris causa, et titulaire des chaires universitaires ibériques, tunisiennes, mexicaines, les plus prestigieuses.  

Gérard JEAN
9 décembre 2015

01/09/2015

In Memoriam : L'Académie des arts et des sciences de Carcassonne perd en la personne d'Alain Cros-Mayrevieille, le dernier témoin indirect de sa longue et prestigieuse histoire.

Nous apprenons la disparition brutale, à l'âge de 74 ans,
d'Alain Cros-Mayrevieille,
arrière-arrière petit-fils de
Jean-Pierre Cros-Mayrevieille
(1810-1876).
historien et "sauveur" de la Cité de Carcassonne.
P1090734-1.jpg
Alain Cros-Mayrevieille, à droite et Claude Marquié, à gauche,
lors de la présentation à l'Hôtel de la Cité
du premier Cahier dédié à Jean-Pierre Cros-Mayrevieille.
Photographie : Gérard JEAN

Membre de l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne depuis 2010,
Alain Cros-Mayrevieille avait fondé en 2009, une association,
"Les Amis de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille"
qui oeuvrait au travers de publications rédigées par
Claude Marquié et Jean-Pierre Piniès
à la mémoire de son illustre ancêtre.
Il avait également lancé une souscription pour la rénovation d'une réplique
de la "Chapelle de Radulphe" située sur sa propriété à Carcassonne.
Ses obsèques se sont déroulées dans l'intimité.

Chroniques de Carcassonne
http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/
Espace Cros-Mayrevieille.jpg

13/08/2015

L'Académie des arts et des sciences se souvient de la libération de Carcassonne : visite guidée du 19 août 2015.

Baudrigues 2015.jpgacadémie des arts et des sciences de carcassonne,jean-louis bonnet,libération de carcassonne,baudrigues,19 août 2015académie des arts et des sciences de carcassonne,jean-louis bonnet,libération de carcassonne,baudrigues,19 août 2015académie des arts et des sciences de carcassonne,jean-louis bonnet,libération de carcassonne,baudrigues,19 août 2015

06/03/2015

Un tableau de Laugé : poème de Mario Ferrisi, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Laugé Achille.jpgAchille Laugé.

Un tableau de Laugé

Un tableau de Laugé, c'est un volet qui s'ouvre
Sur la terre et le ciel, sur des voiles irisées
Qui s'en vont du Razès, et à défaut du Louvre,
Peut-être s'apponter sur un des quais d'Orsay.

Un tableau de Laugé, c'est un livre d'images,
Le buisson de genêts, la métairie sans âge,
C'est le cers qui se lève, les tournesols qui bougent
Et des coquelicots dans un grand champ tout rouge.

C'est un chemin pentu jalonné d'amandiers,
Une forêt secrète sous un ciel incendié,
C'est un Cailhau verdi clairsemé de moulins,
Un portrait de Bourdelle crayonné au fusain.

Un tableau de Laugé, c'est un fond de lumière
Qui règne sans partage et jusque dans les ombres,
La division des touches, ravivant la matière
Qui couvre ses portraits surgis de la pénombre.

Une femme repasse, d'un geste d'élégance
Une autre à la fenêtre, d'une étrange attirance,
C'est à l'huile, des fleurs dans un vase de grès,
Au pastel, de Sarraut, un prestigieux portrait.

Un tableau de Laugé, c'est un art singulier,
Miraculeux spectacle d'un énivrant herbier,
C'est un Babel de tons, un palais infini
D'énivrantes gravures dans l'embrouillamini.

Sur toutes ces merveilles qui séduisent nos âmes
Plane un "bon" du terroir, le regard plein de flammes,
Mieux que de charmer l'oeil, Laugé nous parle au coeur,
Une douce éloquence, pour dire un art majeur.
Avez-vous entendu des champs, des prés, des bois,
Sa verve chamarrée et la secrète voix ?

Mario Ferrisi - Mars 2011

11/01/2015

La France visée, la Franche touchée, la France blessée, par Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Drapeau français.jpg

         La France visée, la France touchée, la France blessée, la France à genoux, la France bouleversée, mais la France qui est, la France qui résiste, la France qui panse ses plaies, la France qui se drape des couleurs de la République, la France qui poursuit son Histoire avec l'héritage de ses valeurs et les musiques de la Liberté. Rien ni personne ne la soumettra aux affres des folies d'une armée se réclamant de quelque doctrine injuste. Ceux qui voudraient ébranler les bases françaises jusqu'à les détruire ne réussiront pas, parce que dans ses diversités le peuple de France sait imposer sa citoyenneté. Il se lèvera toujours, comme aujourd'hui après les actes terroristes sanglants venant de transpercer des corps et des cœurs. D'une même voix, nos femmes, nos hommes, nos enfants chantent la Marseillaise de nos combats, de nos épreuves, de nos victoires pour que vive la France dans le souvenir de ceux qui ont péri pour ce qu'elle représente.

 

Jean Esparbié

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L'historien Gauthier Langlois, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, rend hommage aux victimes du fanatisme, de la barbarie et aux défenseurs de l'humanisme.

Après le terrible attentat contre Charlie Hebdo, je voulais rédiger un article sur l’intolérance et le fanatisme religieux, à partir d’exemples pris dans l’Histoire du Languedoc. J’ai finalement choisi d'écrire, plutôt qu’un texte savant, un hommage aux victimes du fanatisme et de l’intolérance. Mais aussi un hommage à tous ceux qui défendent l’humanisme par leur crayon, leur plume, leurs actions. Il s’agit aussi de montrer que la barbarie et le fanatisme ne sont pas l’apanage d’une religion, d’une époque ou d’une région du monde. Mais que de tous temps et partout, des voix se sont élevées et s’élèvent pour condamner la barbarie et l’obscurantisme, et pour promouvoir l’humanisme et les droits de l’homme.
On trouvera dans le texte suivant, des références à des événements et des personnes bien connus, mais aussi des références à des événements qui se sont déroulés dans le Midi et qui n’ont pas une notoriété nationale ou internationale.  L’objectif est en effet de montrer que le combat pour l’humanisme concerne tout le monde et doit se dérouler à toutes les échelles, locale, nationale et internationale.

Gauthier Langlois.

 Langlois-Charlie.jpg
Un épisode de la Légende de Dame Carcas : la décapitation du roi Balaach pour blasphème. Dessin de Yigaël pour la bande dessinée Au fil des siècles - Histoire(s) de Carcassonne, d'après la fresque du XIIe siècle du château comtal.

Je suis Charlie

Je suis Charlie.
Je suis Socrate, empoisonné pour impiété parce que ma philosophie dérange.
Je suis Balaach, roi musulman de Carcassonne, décapité pour blasphème contre le Christ.
Je suis Béziers la cathare, la catholique, la juive et la musulmane, massacrée au nom de Dieu en 1209.
Je suis Trencavel, seigneur de Carcassonne, mort pour avoir refusé de livrer mes frères cathares à de fanatiques croisés.
Je suis ce juif de France, chassée de ma ville par le roi Philippe-le-Bel.
Je suis ce templier occitan, catalan ou parisien, emprisonné ou brûlé pour l’aveu d’un sacrilège arraché sous la torture.
Je suis Bélibaste, dernier bonhomme cathare, brûlé en 1321 pour ne pas avoir abjuré ma foi.
Je suis ce jeune protestant carcassonnais, lynché au XVIe siècle par une foule fanatique qui veut venger une profanation.
Je suis Fortuné Henry, journaliste audois condamné à trois mois de prison pour une caricature anticléricale par la justice de Napoléon III. 
Je suis ce journaliste, résistant, juif, tsigane, slave, témoin de Jéhovah, syndicaliste, communiste, handicapé, homosexuel, assassiné par les nazis pour mes idées, mon physique et mes origines.
Je suis ce militaire du 3e RPIMA de Carcassonne, agressé au nom d’Allah par un fanatique qui se prétend musulman.
Je suis tous ces innocents de Toulouse et Montauban ; de Paris, Montrouge et Vincennes ; d’Israël, de Syrie et d’Irak ; d’Algérie, de Tunisie et d’ailleurs, assassinés par des bourreaux qui se prétendent des martyrs.
Je suis Charlie.

JE SUIS CHARLIE

Je suis Chabert de Barbaira et j’accueille dans mon château de Quéribus les Bonnes-femmes et les Bonshommes cathares qui fuient l’Inquisition.
Je suis Voltaire et je dénonce l’exécution du protestant toulousain Calas.
Je suis Voltaire et je me bats pour sauver le jeune chevalier de la Barre qui a commis le « crime » de ne pas ôter son chapeau devant une procession religieuse.
Je suis ce prêtre audois, « Juste entre les nations », qui sauve des juifs de la barbarie nazie.
Je suis ces résistants musulmans qui cachent des juifs persécutés dans la mosquée de Paris.
Je suis Mohammed V, ce sultan du Maroc qui s’oppose à la législation antisémite de Vichy.
Je suis monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, qui demande à ses fidèles de sauver leurs frères juifs de la barbarie nazie.
Je suis un africain qui lutte contre la secte Boko Haram qui tue et viole au nom de Dieu.
Je suis Malala, jeune pakistanaise musulmane de 17 ans et je lutte pour l'éducation des femmes que refusent des talibans obscurantistes.
Je suis un militant d’Amnesty international et je me bats pour sauver une jeune chrétienne pakistanaise accusée de blasphème.
Je suis ce journaliste qui dénonce le génocide des Yézidis, des Kurdes, des chrétiens assyriens et des chiites de Syrie et d’Irak.
Je suis Dame Carcas, l’héroïne légendaire de Carcassonne, princesse musulmane résistante à la violence des Francs qui, après avoir ramené la paix, épouse par amour un chevalier chrétien.
Je suis tous ceux qui préfèrent l’amour à la haine.
Je suis Charlie. Je suis un homme. 

Gauthier Langlois,
Carcassonne le 10 janvier 2015.

 

http://paratge.wordpress.com/2015/01/10/je-suis-charlie-h...

Marche républicaine.jpg

10/01/2015

Solidarité, hommage, défense de la démocratie et de la liberté d'expression.

Dimanche 11 janvier 2015,
à 15 heures,
une marche blanche républicaine sera organisée à Carcassonne. Le rassemblement débutera au Portail des Jacobins. Le défilé se rendra ensuite vers la Cité où une minute de silence sera observée sur le Prado.

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24/11/2014

Décès de Madame Claire Minerve-Dreuilhe, veuve Jean Bringer.

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Une récente photographie de madame Claire Minerve-Dreuilhe, veuve Jean Bringer,
en compagnie de Jean-Louis Bonnet qui avait recueilli le buste du héros,
installé à l'hôtel de ville de Carcassonne.

Dans les monts du Haut-Languedoc, loin du vacarme des villes côtières et des plages, vient de s’éteindre une grande  dame de 95 ans avec toute la discrétion qu’elle a observée durant sa longue vie. Claire Minerve-Bringer a quitté ce monde comme elle l’avait souhaité dans sa propre maison familiale du Bousquet-d’Orb, appelée « Myriel », nom de celui dont elle a conservé la mémoire au cours de son long veuvage.

Mariée en 1941 au Bousquet d’Orb avec Jean Bringer, sous-lieutenant qui devient agent de liaison de la Résistance, inspecteur des Eaux-et-Forêts à Carcassonne, commandant et chef départemental des F.F.I. Carcassonne n’a pas oublié le tragique destin qui l’attendait à la Libération quand, avec dix-sept autres résistants, victimes de la barbarie nazie, il fut massacré lors de la tuerie de Baudrigues, le 19 août 1944.

Après une préparation aux concours, Claire Bringer entre comme assistante sociale à la S.M.T.F., devenue E.D.F. Pendant 70 ans, elle se dévouera dans l’ombre pour mettre à l’honneur son courageux époux : la souscription des habitants en 1945 permettra la réalisation par René Iché, sculpteur, du monument à la Résistance. Cette année, elle a transmis ses dossiers de photographies, des documents aux Archives de l’Aude, un buste du commandant Bringer à la Ville.

Discrètement, comme elle l’aurait souhaité, les Carcassonnais anciens se sont annoncé la triste nouvelle de sa disparition. Certains d’entre eux se rendront au crématorium de Béziers, pour la cérémonie funèbre de 8 heures, mardi prochain. Les autres se souviendront de ces êtres modestes et courageux qui ont permis à notre pays de retrouver sa liberté au prix de sacrifices douloureux.

Jean-Louis Bonnet.

14/11/2014

Les Amis de la Ville et de la Cité de Carcassonne rendent hommage à Pierre Embry, érudit carcassonnais, le mardi 2 décembre 2014

Embry Pierre.jpg
Mardi 2 décembre 2014 à 14 heures,
un hommage sera rendu à
Pierre Embry,
premier conservateur de la Cité de Carcassonne,
créateur du Musée lapidaire au château comtal et cofondateur en 1927 de
l'Association des Amis de la Ville et de la Cité de Carcassonne.
Amis de la Ville 10-2014 (3).JPG
En présence de la famille, de plusieurs élus et personnalités, une plaque sera apposée
sur le caveau où il repose depuis 1959 au cimetière de la Cité de Carcassonne,
monument qu'il a servi avec passion au cours de son existence.Embry Pierre - Tombe.jpg
Photos: Chroniques de Carcassonne
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académie des arts et des sciences de carcassonne,amis de la ville et de la cité de carcassonne,pierre embry,2 décembre 2014
http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/tag/pierre+e...
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http://aavccarcassonne.blogs.lindependant.com/

12/03/2014

Le philatéliste Bernard Viguier nous a quittés !

 Le philatéliste Bernard Viguier nous a quittés !

Bernard Viguier alliait deux qualités rarissimes qui faisaient son bonheur : la patience du collectionneur et la fougue du sportif. La philatélie lui aura permis de vivre la plus exaltante des passions ; le cyclotourisme qu'il affectionnait par-dessus tout, devait détruire sa puissante constitution d'athlète.
Bernard avait méticuleusement rangé ses albums, sa loupe et ses pinces comme s'il était à la veille d'un lointain voyage. La dernière randonnée vers son destin ; celle où il a croisé samedi après-midi, au détour d'une petite route départementale, le spectre hideux de la mort violente.
Curieuse coïncidence, hasard de la vie humaine, fortune malheureuse : nous l'avions reçu de date à date il y a sept ans, exactement le 8 mars 2007, au sein de l'Académie des arts et des sciences, dont il était devenu un spécialiste éminent. Ce jour-là, il avait inauguré son admission, fier de présenter ses plus récentes recherches sur "La poste dans l'Aude, des origines à 1900".
Nous devons à Bernard Viguier une autre communication d'un immense intérêt, portant sur "La taxation des publications et ses conséquences sur la liberté de la presse". Ce travail de bénédictin érudit lui avait valu d'obtenir une Grande médaille au concours organisé à Metz par le Congrès national de la Fédération française des associations philaté-liques.

Il y a quelques jours à peine, nous avions mis à contribution Bernard lorsqu'il avait fallu déménager, puis entreposer, la donation des collec-tions de journaux Midi Libre et L'Indépendant. Il nous avait offert avec gentillesse la force de ses bras puissants, sa haute stature, son dynamisme et la maîtrise de son savoir-faire en matière de rangement.
Le Groupe philatélique de Carcassonne perd son secrétaire général ; l'Académie est privée de son expert, de son ami porté en très haute estime. Notre collègue Aude Viguier, elle-même dévorée par l'attrait de la marche à pied et la recherche archéologique, voit disparaître soudaine-ment celui qu'elle aimait, plus fort et mieux que toutes les passions, celles qui apportent généralement longue vie et bonheur aux hommes, mais aussi celles des grands chagrins provoqués par la mort brutale d'un être cher !
Adieu Bernard ! L'Académie des arts et des sciences de Carcassonne t'accompagne et fait avec toi à vélo, un bout de chemin sur la route du Ciel !  

Gérard JEAN
2014.03.12

académie des arts et des sciences de carcassonne,bernard viguier,aude viguier,12 mars 2014,8 mars 2014,8 mars 2007Bernard Viguier, sur le stand du club philatéliste, en 2011, au Village des Associations.académie des arts et des sciences de carcassonne,bernard viguier,aude viguier,12 mars 2014,8 mars 2014,8 mars 2007académie des arts et des sciences de carcassonne,bernard viguier,aude viguier,12 mars 2014,8 mars 2014,8 mars 2007

21/12/2013

L'Académie des arts et des sciences de Carcassonne perd Marcel Floutié.

Nous avons perdu Marcel Floutié !

 

Ce qui impressionnait chez Marcel Floutié, plus encore que sa force de travail et sa persévérance face à une redoutable maladie qui le tenaillait depuis plusieurs années, c’était sa grande discrétion !

Il nous semblait à le côtoyer, que la déesse Minerve protectrice de notre Compagnie, lui avait insufflé depuis son admission en 2006, la Sagesse dont elle était garante ; cette circonspection, cette pondération, la modération dans les paroles et les actes, de ceux qui étudient sans relâche et ne se prononcent qu’à bon escient.

Marcel Floutié est né le 20 octobre 1927 au domaine de Capssinier, dans le village d’Albières. Il s’est éteint, la plume à la main, l’œuvre accomplie, à l’âge de 86 ans. Il aura eu la satisfaction de pouvoir dédicacer quelques exemplaires de son dernier et volumineux ouvrage consacré aux maîtres verriers de Fourtou.

Notre collègue appartenait également à la Société d’études scientifiques de l’Aude depuis 1997. Il fréquentait peu nos assemblées, contraint aux impératifs horaires de fatigantes séances de dialyse auxquelles il était soumis. La salle de lecture des Archives départementales de l’Aude, son ambiance feutrée et reposante, convenaient mieux à son grave état de santé. Il y passait au calme, pour ses recherches, de longues journées.

Marcel Floutié, fut élu maire d’Albières où il exerça deux mandats, de 1983 à 1995. Tailleur de pierre de profession, il se passionna pour l’histoire et mit ses compétences au service de l’archéologie. Jusqu’à ces derniers jours, il contribua à l’avancée des recherches sur les deux églises d’Albières et sur les châteaux de Lastours, sous la direction de Marie-Élise Gardel. Va, Marcel ! Repose en paix au milieu des pierres célestes s’il en existe, l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne te rend un vibrant hommage !  

 

académie des arts et des sciences de carcassonne,marcel floutié,né le 20 octobre 1927,albières,fourtou,lastours
Marcel Floutié au Salon du livre et de l'écrivain audois, sur le stand de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

27/09/2013

Disparition tragique de Jean-Pierre Pedrero, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

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Hommage rendu à Jean-Pierre Pedrero
au cours de la séance académique du mercredi 11 septembre 2013

Il suivait de très près nos activités, mais nous l’avons peu connu en raison de son éloignement, car il se trouvait en résidence professionnelle en Maine-et-Loire. Jean-Pierre Pedrero était professeur d’histoire-géographie au collège Jeanne d’Arc de Cholet. Internet et ses réseaux sociaux l’ont tué.
Nous n’observerons pas une minute de silence à sa mémoire. Je préfère que vous ayez pour lui une pensée attristée, alors que je vous mets en garde contre les terribles dangers de certaines pratiques, liées à l’usage de l’informatique.
Jean-Pierre Pedrero était enseignant. Par jeu, par espièglerie ou provocation, deux élèves d’une classe de 4e ont créé une page Facebook à son nom. De faux amis virtuels se sont déchaînés, des profils plus ou moins licencieux ont circulé. Notre collègue a pris peur, il a imaginé les pires calomnies, les choses les plus odieuses qui allaient circuler sur son compte. Il a vu la fin de son autorité… et pour un enseignant, d’après lui, l’autorité c’était primordial. L’obsession a viré au cauchemar, la profonde détresse a conduit notre ami à la mort.

J’ai écrit à Madame Claudine Pedrero le 25 juillet dernier et je lui ai dit en votre nom qu’il était malheureux que son cher époux n’ait pas eu l’idée, dans ses moments de tragique panique, de se rapprocher de notre Compagnie. Il aurait certainement trouvé près de nous, force et réconfort, car de nombreux enseignants font partie des effectifs de l’Académie que je préside et certains sont spécialistes de l’informatique et des réseaux sociaux qui peuvent être redoutables.

Gérard Jean.

L'artiste chaurien Jean-Claude Huyghe, offre une reproduction du portrait de Max Savy, à l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, dont il est sociétaire.

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Max Savy, représenté quelques heures après son décès, par l'artiste chaurien Jean-Claude Huyghe, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.