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03/05/2017

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Patrimoines, Vallées des Cabardès, N° 11, sous la direction de Jean-Claude Capéra.

Patrimoines n° 11.jpg
Ouvrage disponible à la vente auprès de l'association :
patrimoines.val.descabardes@gmail.com
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

SOMMAIRE

Regard sur l'association
Editorial, par Jean-Claude Capéra
Dix ans, pr M. Picarel
Le câprier aux magnifiques fleurs, par Jean-Claude Capéra
Le scorpion languedocien, Buthus occitanus, un rôle discret, Par F. Arabia et D. Vizcaïno
La loutre d'Europe. Des indices en Cabardès, par B. Le Roux
C'est dans la forge que l'outil prend forme. Le "Grattou", par A. Samama et Ch. Truc
La grotte dite "Trou de la Cité" (Lastours, Aude), par M.-E. Gardel
Saint-Pierre de Vals, une sculpture étrange et délicate, par N.-J. Pillet
Le pont de la Seigne, dit le Pont troué, par G. Rabaute
Restauration de l'église Sainte-Cécile à Cuxac-Cabardès, par P. et Ch. Tarbouriech
De la Montagne Noire au cœur des combats de la Grande Guerre, par Jean-Claude Capéra et G. Chatel
Villeneuve-Minervois pendant la  première guerre mondiale, par M.-L. et D. Fabié
En Cabardès, un domaine agricole pendant la Grande Guerre, par C. Rives
A Trassanel ou à Montredon, vivre au maquis (1943-1944), par P. Agnel
Escaisses collectius en Cabardès, par A. Roch
La câpre, pour plus de saveur, par Jean-Claude Capéra
Lire les Cabardès, par S. Capéra et M. Picarel
Pour en savoir plus...

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : le Temps des fraternités, par feu Henri Callat et Claude Caro

Temps des fraternités.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Soir en feu, par Henri Canal.

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Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Notre Village

Notre vieux village
N'a pas de ride
Notre vieux village
Est éternel !

Notre vieux village
Aux murs lézardés
Notre vieux village
N'a pas
La moindre ride
Sur ses figures ensoleillées.

Mais, où est notre vieux
Village ?
Où sont ses vieilles rues
Étroites pavées ?
Ses maisons anciennes,
Grandes et petites ?
Ses jardins, ses toitures ?
Ses cheminées fortes ?
Ses vaches, ses chats, ses chiens ?
Ses fontaines ?
Ses arbres, ses vents ?
Les paroles de son air ?
Ses moineaux ?
Les rameaux et le pain bénis ?

Ses cloches, le bourdon, le tocsin ?
Son forgeron du coin ?
Ses petites boutiques ?
Ses ponts, ses pigeons de l'église ?
Son clocher, son Léon le dernier ?
L'harmonium du curé des vêpres ?
Le grand oiseau portant la chaire
Sur son dos ?

Son château de là-haut ?

Notre village
Sans ride
Est à côté.

10/03/2017

Ouvrage recommandé : La Lettre de l'Académie des beaux-arts, Le Sport, tout un Art.

La Lettre
Académie des beaux-arts
Institut de France
LE SPORT, TOUT UN ART
N° 83, format 21 X 30, 40 pagesacadémie des arts et des sciences de carcassonne,académie des beaux-arts,institut de france,la lettre,n° 83
Séance publique annuelle des cinq Académies de l'Institut de France.académie des arts et des sciences de carcassonne,académie des beaux-arts,institut de france,la lettre,n° 83
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, écrivent et publient : Les Fleurs des coteaux arides, par Louis Ruiz.

Louis Ruiz
Les Fleurs des coteaux arides
Poèmes
Editions Acala
www.editions-acala.fr
Format 15 x 21, 2017, 234 pages, 12 €Académie des arts et des sciences de Carcassonne,Louis Ruiz, Les Fleurs des coteaux arides,académie des arts et des sciences de carcassonne,louis ruiz,les fleurs des coteaux arides,20
Ouvrage disponible à la vente chez l'auteur et chez l'éditeur.
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, écrivent et publient : Marbres du Languedoc et des Pyrénées à Versailles, par Jean-Louis H. Bonnet.

Marbres du Languedoc et des Pyrénées à Versailles
Histoire des marbres royaux, de l'Antiquité à la modernité
A la découverte des carrières
Jean-Louis H. Bonnet
Louis Anglade
René J. Fabre
Format 20 X 29, 236 pages, 2017, 30 €Bonnet - Marbres du Languedoc1.jpg
Bonnet - Marbres du Languedoc2.jpg
Ouvrage disponible, en vente chez l'auteur :
jlhbonnet@free.fr
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

09/03/2017

Ouvrage recommandé : Marie Madeleine, la passion révélée - Catalogue de l'exposition présentée au Musée des beaux-arts de Carcassonne.

Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
15, Boulevard Camille Pelletan
musee@mairie-carcassonne.fr
Exposition :
Marie Madeleine
La Passion Révélée
du 24 février 2017 au 24 mai 20172017.02.24 - Marie Madeleine.jpg
Musée des beaux-arts de Carcassonne
Inventaire n° 2016.2.1
Madeleine pénitente
huile sur toile : 33 x 25 cm
Jacques Gamelin (Carcassonne, 1738-1803)
Ouvrage disponible à la vente au Musée des beaux-arts de Carcassonne.
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

24/02/2017

Publication du Cahier numéro 10, de l'association Patrimoines, Vallées des Cabardès.

Patrimoines
Vallées des Cabardès
Cahier n° 10
Format 21 X 30, 98 pages, mars 2016

Patrimoines n° 10.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible auprès de l'association :
patrimoines.val.descabardes@gmail.com

Sommaire

Regard sur l'Association
Editorial : Poursuivre...
Sur la présence d'une orchidée en Cabarets, l'Epipactis,
par F. Arabia et D. Vizcaïno
La morille, champignon du printemps, par B. Dupin
Le conservatoire trufficole à Moussoulens,
ar Ch. Bonnemort et J.-C. Capéra
Présence de microfossiles du Cambrien inférieur,
ar E. et S. Monceret
Au sujet des ruches-placards, par J. Courrent
Hautpoul et Saint-Sauveur : approche historique et archéologique,
par M.-E. Gardel
Saint-Pierre de Vals : l'église gothique,
par N.-J. Pillet
Un conte inspiré par les rixes de la Noël 1860 à Villardonnel,
Villardonnel et la Boudègue, par D. Géri
L'eau de l'Orbiel pour les moulins, les usines et les prés,
par J.-C. Capéra
La chapelle de Notre-Dame de la Gardie,
par A. Guilhem
Les carnets de campagne d'un artilleur de la Grande Guerre,
par J. Latgé
Les inondations de 1930 aux Ilhes et à Lastours,
par Ph. Baux
Campairols, par A. Roch
La morille, un plaisir rare, par J.-C. Capéra
Concours photo "Arbres remarquables en Cabardès",
par J.-C. Capéra
Lire les Cabardès, par M. Picarel et A. Capéra
Pour en savoir plus, par J.-C. Capéra 

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Chemins de traverse, par Mario Ferrisi.

Mario Ferrisi
Chemins de traverse
Poésie du sud
Aquiprint
Impression-Editions Gironde
Format 14 X 21, 146 pages, 2017, 16 euros 

Ferrisi-Chemins de traverse.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible chez l'auteur :
Mario Ferrisi - 10, Grande Rue - 11240 - Cailhau
mario.ferrisi@gmail.com

Divin Razès

Paumes sous le menton, du haut de ma demeure,
Des toits environnants, j'aperçois le vermeil,
C'est la métamorphose de la saison des fleurs,
Les couleurs de l'aurore émergeant du sommeil.

Les grands squelettes bistre semblent ressusciter,
Un vert blafard les couvre comme un tendre duvet,
Les tourterelles raillent sur leurs branches perchées,
Lorgnant sans complaisance sur des pigeons ramiers.

L'odeur subtile et blonde d'arômes capiteux,
M'arrive sans encombre des vallons capricieux,
Des flores, primevères, qui naissent à foison,
Le thym ou le lilas, la rose de saison.

Paumes sous le menton, du haut de ma demeure,
Une vision tenace environne mon cœur,
Je saisis la nature, fastueuse et brillante,
Qui atteint et enlace mon âme vacillante.

Radieuses apothéoses, vous qui venez à moi
Des hautes Pyrénées dont j'aperçois les toits,
Imperturbables gloires de fragrances et de sèves,
Pourquoi êtes-vous belles, si ardentes et si brèves ?

Ce clair azur divin qui envoûte les airs,
Me rappelle soudain l'Afrique des lumières
Qui jadis me charmait sous certains cieux torrides ;
La nature a ses lois et demeure apatride.

03/02/2017

Ouvrage recommandé : Fêtes païennes, les grandes heures du calendrier, de Jean-Dominique Lajoux.

Fêtes païennes
Les grandes heures du calendrier
Jean-Dominique Lajoux
Editions Delachaux et Niestlé
La Martinière
Format 19,5 X 23, 336 pages, cartonné, 40 €
www.delachauxetniestle.com

Lajoux - Fêtes païennes1.jpg
Lajoux - Fêtes païennes2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible chez l'éditeur et dans toutes les bonnes librairies.

Loin de correspondre à quelque besoin de transgression d'un ordre établi pour mieux s'y plier ensuite pour un cycle annuel, les fêtes célébrées dans les campagnes sont, au contraire de celles des villes, des survivances de rituels animistes dont les raisons sont à rechercher dans un besoin profond d'intégration de l'homme dans son environnement et dans l'univers.
Les fêtes calendaires sont les vestiges de rites antiques donnant accès aux royaumes des Dieux. La construction du calendrier et sa diffusion dans les pays méditerranéens, permettent de comprendre comment, à partir du IVe siècle, le calendrier chrétien s'est peu à peu substitué au calendrier julien de César pour devenir au XVIe siècle l'instrument universel de mesure du temps sur lequel chaque civilisation indique les occurrences de ses jours importants.
Que représentent la saint Antoine, la saint Eloi, les saint Jean, Catherine ou Nicolas, et toutes les autres fêtes de saints ? Quelles sont leur origine, leur relation avec les Eglises chrétienne et orthodoxe, les manifestations et les rituels qui en marquent leur jour de commémoration ? Sont-ils vraiment des intercesseurs auprès du Dieu chrétien ou bien les successeurs ou substituts des divinités du panthéon pré-chrétien de la Rome antique ? A moins qu'ils ne soient que la personnification de moments de l'année, c'est-à-dire une date célébrant un lever ou un coucher stellaire ou simplement un équinoxe ou un solstice sous les auspices de la Lune.
En plus de 400 photographies, cet ouvrage présente de nombreuses fêtes d'origine païennes à travers 200 reportages exceptionnels et inédits pour comprendre le sens et l'origine des fêtes populaires tout autour de l'Europe. Des rites surprenants et pourtant toujours vivants à notre époque.

27/11/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Chroniques du Mystère, du spiritisme au Masque de Fer, par Yves Lignon

Yves Lignon
Chroniques du Mystère
Du spiritisme au Masque de Fer
Préface de Philippe Martin
Editions La Vallée Heureuse
Format : 13 x 21, 184 pages, 12 €
http://lavalléeheureuse.com
L'intégralité des droits d'auteur sera versée à l'association "Les Amis de Teddy"
http://lesamisdeteddy.frLignon Yves - Chroniques du Mystère1.jpgLignon Yves - Chroniques du Mystère2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Nous sommes entourés de mystères auxquels nous ne prêtons pas toujours attention. Parfois sans véritables conséquences : on peut vivre centenaire sans connaître l'identité du Masque de Fer et sans savoir comment le curé Saunière, de Rennes-le-Château, a financé ses bizarres constructions.
Parfois à tort : les témoignages dits d'expériences de mort imminente sont à l'origine de programmes de recherches parce qu'ils posent des problèmes à la fois scientifiques et philosophiques.
Mineures ou pas, c'est en réfléchissant à ces questions et à quelques autres du même genre (maisons hantées, voyance et services secrets, guérisseurs) qu'ont été écrites les Chroniques du Mystère.

Table des matières

Science et paranormal
Spiritisme et parapsychologie
Des savants face aux médiums
A propos des guérisseurs
La dame qui dessinait à Paris un objet se trouvant à Bordeaux
Services secrets et parapsychologie
Les feux diaboliques de Seron
La prophétie de l'étudiant
Voyance, science et société
Les trucs des faux voyants
La maison hantée de Foix
Le secret du Masque de Fer
La lumière noire de Rennes-le-Château
Les fées de Cottingley
La mystérieuse disparition de Benjamin Bathurst
Le moine fantôme
Les maisons hantées de Toulouse
La Sainte Tombe d'Arles-sur-Tech
Quatre témoignages
Un dernier mot... pour le moment.

 

Les Sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Airs, Chansons et Musiques du Carnaval de Limoux, tome II, par Gérard JEAN.

Gérard JEAN
Georges Sylvestre

Conseil musical
LES CARNAVALS DE LIMOUX
TOME II
Airs, Chansons et Musiques du Carnaval de Limoux
Préface de Guy Robert, Chef de Musique
Format 14 x 17, 380 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée, dos rond, cousu
Papier couché brillant, 150 gr.
Disponible le 17 décembre 2016 :

Gerard.Jean@wanadoo.fr
Carnavals - Couverture - Tome2.jpg
Ouvrage consultable prochainement à la bibliothèque
de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Carnavals - Couverture - Tome2-1.jpgCarnavals - Déroulant - Tome2.jpg
Préface de Guy Robert
Chef de Musique

Bravo Messieurs… et Merci !

Nous devions déjà à Gérard Jean, le premier tome des « Carnavals de Limoux », fruit d’une très longue recherche, présenté par l’ethnologue Jean-Pierre Piniès. Le grand succès de son ouvrage fut compréhensible. Il avait approché en effet de façon rigoureuse les origines de notre Carnaval, qui daterait sans aucun doute de la fin du Moyen Âge, mais dont les premières traces écrites ne figurent dans les archives - et c’est dommage - qu’en l’an 1528.

Dans son livre, Gérard Jean démontrait également de manière irréfutable, preuves à l’appui, que le Carnaval de Limoux, émanation de la fête du Vin et de la Saint-Martin, ne saurait en aucun cas être l’affaire des meuniers, mais en réalité celle des vignerons !

Georges Sylvestre, qui fut président de la Lyre municipale et de l’École de musique de Limoux quand j’en étais le directeur, m’a sollicité pour écrire la préface du deuxième tome des « Carnavals de Limoux ». J’ai accepté avec enthousiasme, de la curiosité et beaucoup de plaisir, car je connais le sérieux de ses engagements et l’amour qu’il porte à la musique.

À force de persévérance, Georges voit enfin l’aboutissement d’un rêve, celui de faire publier en collaboration avec Gérard Jean, un corpus aussi complet que possible des airs et des chansons de Carnaval. Grâce à son étude méthodique approfondie, le lecteur pourra marcher dans les empreintes de toutes les générations de compositeurs exceptionnels, suivis aujourd’hui des Jules Bouchou, des Jean Brunet, des Élodie Jeanson, et de tant d’autres jeunes gens aux qualités prometteuses qui apporteront demain le souffle de fraîcheur et de renouveau utile au Carnaval de Limoux.

Georges et Gérard Jean viennent d’ajouter le dernier élément qui manquait à l’édifice carnavalesque. Quand on connaît l’intérêt que portent les Limouxins à leur folklore multiséculaire, on ne peut que féliciter les auteurs pour le sérieux de leur tenace travail et leur dire : Bravo Messieurs… Merci pour cette belle édition des « Airs, Chansons et Musiques », du Carnaval de Limoux.    

Guy Robert
Ancien directeur de l’École de musique
Chef d’orchestre de la Lyre municipale de Limoux.

Les Sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin, tome I, par Gérard JEAN.

Gérard JEAN
LES CARNAVALS DE LIMOUX

TOME I
Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin
Préface de Jean-Pierre Piniès
Format 14 x 17, 320 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée, dos rond, cousu
Papier couché brillant, 150 gr.
Disponible :

Gerard.Jean@wanadoo.frCarnavals - Couverture - Tome1.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.académie des arts et des sciences de carcassonne,les carnavals de limoux,tome 1,gérard jean,carnaval,fête du vin et de la saint-martin
Carnavals - Déroulant - Tome1.jpg
Carnaval de Limoux
Le discours infini
Préface de Jean-Pierre Piniès
 

Est-il un phénomène, autant ritualisé et en apparence aussi clairement cerné que compris, qui ait engendré autant de discours, que ce soit sur ses origines, sa forme, son sens et donc sa place dans le temps social, que le carnaval ? D’où vient-il ? De quel passé surgit-il ? Les meilleurs connaisseurs rappellent les phénomènes d’inversion du monde que connut Babylone, la fête de Sacée durant laquelle, pendant cinq jours, l’ordre du monde se trouvait renversé, un prisonnier devenant roi, usant des épouses du monarque, se gavant lors de festins fastueux avant d’être fouetté puis empalé. Tout le monde sait aussi le rôle que tinrent, quelques siècles plus tard, les saturnales dans l’Empire romain : outre le sacrifice d’un cochon selon une ordonnance très protocolaire, lors des banquets les esclaves devenaient un instant les maîtres et étaient servis par ceux qui hier les commandaient. On se souvient aussi des luperci, ces jeunes gens ainsi évoqués par Plutarque : « réunis dans la grotte du Lupercale sur le Palatin, après s’être entaillés le front et coupés en lanières des peaux de bouc, ils se mettent à courir avec une simple étoffe autour des reins et ils fouettent tous ceux qui se trouvent sur leur passage… ». Et combien d’autres fêtes, d’autres manifestations que le christianisme triomphant s’employa à supprimer ou à intégrer dans la nouvelle vision du monde qu’il entendait répandre, brouillant, ce faisant, un peu plus les pistes quant aux gestes et aux mots qu’il avait empruntés avant de les fondre dans son système.

D’origine incertaine donc, sans doute issu de multiples sources et ayant revêtu de multiples formes, c’est jusqu’en son nom même que le carnaval prolonge son mystère. Sémantiquement éparpillé dans les temps les plus anciens, tirant sa dénomination d’une fête ou des acteurs qui l’incarnaient, il semble que l’ère chrétienne ait imposé son dernier nom, lié aux pratiques qu’elle entendait mettre en place. Carne levare, enlever la chair, l’étymon dit bien le jeu qui se profile entre le gras et le maigre, la licence et l’interdit, la pénitence et l’exubérance. De là viendrait donc la forme toscane carnevale francisée à la suite du succès en Italie puis dans toute l’Europe des manifestations liées au mot. Ce qui n’empêche pas que d’autres aient vu dans le mot « carnaval » une dérive de caro vale, soit un adieu à la chair, quand certains choisissent de lui attribuer une racine germanique voire un substantif indo-européen kar, dans lequel ils voient, qui le mot « masque », qui le mot « chair ». Lui donnant son nom l’Eglise a aussi fixé son calendrier, le Carnaval commençant normalement avec l’Epiphanie, le 6 janvier, qui clôt les fêtes de Noël, et s’achevant le jour de mardi-gras, veille de la période de carême. Si ce carcan est valable en France pour le Moyen Age il y a belle lurette qu’en maints endroits cette tradition connaît des accrocs et que des manifestations liées au Carnaval, échappant au temps liturgique, se déroulent hors de la période hivernale.

Il en va de même des formes qu’il revêt, mouvantes à la fois dans le temps et dans l’espace. Qu’avons-nous vraiment conservé de la Fêtes des Fous et des rituels médiévaux ? Sommes-nous seulement capables de les lire et d’en deviner le sens ou les sens ? Sans nier les imbrications, les échanges et les emprunts, l’anthropologue Daniel Fabre, sans doute l’un des meilleurs connaisseurs du monde carnavalesque, a cru bon de distinguer trois formes principales, pertinentes au moins pour le modèle festif européen. La première, le « carnaval des champs », concerne la communauté villageoise et les rites que les jeunes gens mettent en œuvre depuis le temps de Noël jusqu’à celui de la pénitence ; s’y mêlent maraudes nocturnes, vols codifiés lors de la tuée du cochon, les acteurs se munissant en certaines occasions de masques de carton très sommaires ou se grimant simplement à l’aide de noir de fumée. Le « carnaval des villes » entend jouer aussi bien sur le monde à l’envers, telle la « fête des fous » au Moyen Age, que sur la parade burlesque voire sur le défilé un peu solennel comme celui des bœufs gras commun à de nombreuses cités. Enfin, avec le « carnaval des cours », le plus luxueux, le plus sophistiqué, nous entrons dans un monde où le spectacle, le défilé, le désir d’ostentation de la puissance et de la richesse deviennent le nerf des manifestations festives, n’entretenant parfois que des relations lointaines avec la violence, symbolique et réelle, présente dans les carnavals les plus anciens.

Il eut donc été étonnant que le Carnaval de Limoux échappât à cette grille de lecture. Tout en en confirmant la véracité, il met surtout en valeur trois traits spécifiques aux manifestations limouxines, l’incertitude, la plasticité et l’innovation qui s’opposent aux discours souvent mis en avant, localement, par les acteurs de la fête qui se nourrissent de tradition ou d’une immuabilité qui prend parfois, à leurs yeux, un parfum d’éternité. Ainsi, plusieurs hypothèses sur l’origine de la fête s’affrontent, se répondent, la dernière semblant l’emporter jusqu’à ce qu’une nouvelle la détrône. Par ailleurs les attestations les plus anciennes, voire plus proches de nous comme celles qu’offre la presse de la première moitié du 19ème siècle, font la preuve de transformations notables dans le déroulement des jeux, des danses et des musiques. Toutes montrent aussi la volonté d’échapper au carcan calendaire, ou du moins en le considérant comme essentiel, de revendiquer des échappées au long de l’année, assez loin du temps rituel. Autant de facteurs qui éclairent la variété des analyses et leur côté un peu provisoire auquel il faut ajouter un trait essentiel à Limoux qui est celui du « droit à l’énonciation ». Il est bon tout d’abord de rappeler que vivre le Carnaval à l’intérieur d’une des bandes chargées de son organisation est un droit profondément indigène et les intégrer est considéré comme un honneur insigne par les rares cooptés extérieurs à la petite communauté. Par ailleurs les approches analytiques n’ont de valeur que si elles émanent de ce même groupe qui admet qu’il y ait discussions, dissensions même, à conditions qu’elles restent autochtones, qu’elles soient le fait d’un acteur dont la force d’affirmation dépend avant tout de son origine locale. Aussi connaît-on plusieurs études, parfois approfondies, projetées par des « étrangers », qui, frappées de cette subtile fatalité menaçant les approches exogènes, n’ont pas été menées jusqu’à leur terme tant, en définitive, il semblait impossible de dépasser cette obligation identitaire. Au contraire la disputatio, la réflexion et les dialogues critiques, parfois virulents, propres aux clercs médiévaux, sont restés la règle dès lors qu’il s’agit d’évoquer le Carnaval de Limoux, et l’étude Gérard Jean, érudite et controversive, apparaît comme un très bon exemple de la richesse de ces singulières aventures savantes.

Sans ambages c’est ce dernier mot qui conviendrait au mieux pour caractériser la perspective offerte par l’ouvrage, tant il en appelle à de multiples facettes du savoir, se nourrissant du meilleur de chaque discipline qu’il utilise, de l’histoire la plus classique à l’histoire de l’art en passant par les ressources de l’ethnologie ou les apports de la linguistique. Cette plasticité dans la posture aboutit à une vue syncrétique qui permet d’intégrer les données issues du temps long comme celles provenant des variations spatiales. Elle a aussi l’intérêt de dégager un principe qui nous semble capital pour une bonne compréhension du phénomène carnavalesque, soit les jeux de la création et de la nouveauté qui interrogent en permanence la tradition et, au cours d’échanges dialectiques, construisent ses éphémères apparences. Mais, dans le même temps, surgit aussi irrésistible que fondatrice, la volonté, classique tant elle appartient aux fondamentaux des études sur le carnaval, de discerner dans la polyphonie du trivial et la prolifération sémantique « la vérité de la fête ». La volonté de ne pas se laisser enfermer dans la doxa issue des discours qui entendent figer le Carnaval de Limoux et l’enfermer dans une imagerie conventionnelle qu’il s’agirait de reproduire sans esprit critique. Pour ce faire, après avoir souligné tout ce que la tradition orale peut véhiculer de mouvant et d’incertain, l’auteur se fait scrutateur minutieux des figures classiques qui prévalent, depuis quelques décennies seulement pour certaines alors qu’elles sont en même temps présentées comme immémoriales. Convoquer ainsi les témoignages considérés jusqu’ici comme irréfutables, ou jamais véritablement examinés, découverts au long des années qui ont précédé la réflexion, c’est aboutir, avec une attention de chartiste, à une lecture critique des mythologies, déceler la construction de leurs figures, mieux voir le rôle que les uns ou les autres entendent leur faire jouer. L’aventure est certes périlleuse, n’offrant pas le confort de digressions sur les thèmes ou les inscriptions considérés comme canoniques. Au risque d’être redondant nous ne reprendrons pas le détail de l’analyse que met en œuvre Gérard Jean, nous suffisant à dire que, sans pour autant porter de jugement, il s’efforce de dresser la carte de l’imaginaire de la fête, de faire la juste part entre réalité sociale et légendaire. Aussi est-il amené, avec beaucoup de finesse, à mettre à jour les ruses, plus ou moins conscientes, et les stratégies, mûrement pensées, utilisées dans la fabrique de la tradition. La lecture qu’il propose par exemple de « la partie des meuniers », de son histoire, des modalités de son intégration au monde du Carnaval de Limoux puis de son hégémonie herméneutique, est aussi fructueuse que passionnante. Il en va de même quant à différents rituels pour lesquels il montre bien le jeu des approximations, les phénomènes de capillarité et d’échanges qui se produisent, permettant ainsi d’en finir avec de nombreux à peu près ou de conventions. Pour autant il ne se suffit pas à tenir la place d’un contempteur bienveillant, mais, à son tour, il émet une hypothèse sur l’origine du Carnaval de Limoux aussi séduisante que novatrice puisqu’il fait de saint Martin, particulièrement honoré à Limoux, et des fêtes célébrées à son honneur, un point focal. Il étudie en détail la vie du personnage et surtout il s’attache au détail des rites festifs, souvent fort anciens, qui lui sont liés, les replaçant dans l’univers calendaire qu’ils ponctuent de façon spectaculaire. Il faut reconnaître que l’analyse ne manque pas d’attrait, surtout rapportée à la situation limouxine dont il montre comment chaque figure renvoie au généreux Martin, patron à la fois des meuniers et des vignerons. Cependant, l’anceps de la démonstration surgit à propos d’un tableau de Breughel l’Ancien, récemment découvert, et dont il fait une lecture minutieuse, scrutant chacune des scènes qui composent la peinture, observant l’attitude des personnages qui fourmillent dans la toile, comme souvent chez Breughel. Les rapports entre Saint-Martin et les débordements bachiques des fêtes carnavalesques, souvent attestés au demeurant, deviennent incontestables et bon nombre de gestes et d’attitudes ne vont pas sans rappeler, eux aussi ceux des temps carnavalesques.

La lecture que l’auteur nous propose de cette image est aussi l’occasion d’insister sur la richesse de l’iconographie qui accompagne la réflexion et qui la nourrit sans cesse, dans un mouvement de va-et-vient. À l’ordinaire, dès lors qu’il s’agit du Carnaval de Limoux, les photographies l’emportent largement sur le commentaire ou la recherche du sens. Elles ont à peu près toutes pour but de magnifier les gestes, de générer puis d’exalter une esthétique particulière dont, sans nier les réussites, il faut reconnaître qu’elle se trouve enfermée assez vite dans un certain académisme. Or, ici la photo n’est utilisée que pour nourrir la réflexion, pour mettre en valeur le propos, ou à des fins comparatives. Autrement dit la recherche du beau n’empiète pas sur la mise en avant du sens. En outre, et là encore il faut souligner l’importance de l’apport, une bonne place est faite aux dessins qui, à leur tour, permettent de corroborer des hypothèses ou d’ouvrir de nouvelles perspectives. Enfin, l’ouvrage s’achève par un glossaire qui est une véritable apothéose acribique. De façon générale ces lexiques ont pour fonction de rappeler ou de préciser certains points rapidement évoqués dans le texte. Ici il n’en est rien tant, dans une véritable polyphonie sémantique, chacune des entrées apporte de matériaux nouveaux, ouvre des champs jusqu’alors peu explorés et suscite de nouvelles interrogations.

Passionnante, passionnée, la démonstration s’inscrit donc dans cette volonté de dévoilement du sens qui semble inhérente à toutes les approches du carnaval et qui devient véritablement existentielle quand il s’agit de celui de Limoux. Mais, comme le veut une règle tacite mais bien vivante, aller aussi loin dans la recherche des origines et de l’essence même de la fête, à travers la variété des éléments de sa mise en scène, c’est s’exposer à son tour à la critique, entrer dans le vaste champ des débats qui ponctuent régulièrement l’histoire locale. Dans tous les cas, de première importance par le savoir qu’il met en œuvre et la fertilité de ses propositions, le travail de Gérard Jean est d’ores et déjà un jalon incontournable des études sur le Carnaval de Limoux, phénomène festif aussi complexe et mystérieux que fascinant.  

30/08/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Reflets de l'âme, par Louis Ruiz.

Reflets de l'âme
Recueil
Louis Ruiz
Editions Acala
Préface de Jean Esparbié

Format 15 X 21, 424 pages, 2016, 16,50 €Ruiz Louis - Reflets de l'âme1.jpgRuiz Louis - Reflets de l'âme2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible à la vente chez l'auteur, aux éditions ACALA, chez Jean Esparbié.

Préface

La littérature de Louis Ruiz vient sans détour du plus profond de lui. Sa main sert seulement d’instrument à l’esprit qui reçoit l’eau pure de la source intarissable de l’âme. Là, on ne saura jamais comment, les paysans du cœur battent la moisson continuelle des regards de l’écrivain malgré lui afin de déposer dans un sac de velours la quintessence de la vraie vie - par les grains d’or d’une poésie simple, franche, courageuse.
Louis Ruiz aime évoquer plus généralement sa muse, cette fille de Dieu, estime-t-il, exigeante jusqu’à le rendre esclave. Elle le tient. Elle le veut pour elle seule, entièrement, et tant pis s’il en souffre. Rien ne préparait le gamin chassé de l’Espagne franquiste, le travailleur, le mari, le père à se forcer à l’entendre, à l’écouter, à la respecter, à obéir nuit et jour à cette maîtresse afin d’offrir notamment des poèmes à savourer par les lecteurs tels des fruits vermeils mûris près des vestiges du château de Saissac face à la plaine étendue du Carcassonnais au Lauragais, avec pour horizon sublime les Pyrénées grandioses.
De là, revêtu de la toge de la sagesse acquise au fil des ans, ne suit-il point aussi le vol rapide des hirondelles ? Elles filent survoler le monde fou avec le miracle de l’amour au bout des ailes. Les gazouillis des passereaux ne murmurent-ils pas à l’humanité en danger la nécessité de bâtir des nids de vertu pour se protéger des hardes haineuses qui soufflent sur toutes les braises ? Les monstres y traînent des légions de misérables victimes, au péril de la justice, de la liberté, de la paix.
Louis Ruiz sait la brûlante actualité du monde. Il fustige les assassins. Il alerte les gouvernants contre les risques d’explosions terribles dans lesquelles on pleurerait à nouveau les sacrifices de la jeunesse. Il dénonce les hypocrisies choyées au détriment des peuples dans le besoin. Il rejette la paresse. Il appelle à la vigilance. Il dresse des autels à la raison. Il s’interroge sur l’inutilité de la richesse sans partage. Il s’émeut de ces enfants - ses frères de guerre - poussés sur les chemins tortueux de l’exil vers l’inconnu d’une existence déjà affreuse. Il chante la tendresse de ses printemps. Il recommande même d’éviter les pièges des emportements des sens. Il déplore les rigueurs de son hiver, mais les supporte.
Louis Ruiz marche au-devant de nous et ses textes prennent la lumière des étoiles.

Jean Esparbié
Sociétaire de l’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne.
Juillet 2016

Un nouvel ouvrage consacré à Michel Maurette, ancien sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Michel Maurette
Présentation et anthologie
Joseph Ribas
Classiques Roussillonnais
Publications de l'Olivier

Format 13,5 X 21, 192 pages, bilingue.Ribas Joseph - Michel Maurette1.jpgRibas Joseph - Michel Maurette2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

La bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences s'enrichit : Nostradamus et le mystère de Carcassonne, par José Martin.

Enigme du Midi
Nostradamus et le Mystère de Carcassonne
José Martin
Format 17 X 24, 328 pages, 2016, 23 €Martin - Nostradamus2.jpgMartin - Nostradamus1.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible à la vente dans toutes les bonnes librairies, notamment à Carcassonne chez Breithaupt, Philippe Dagnac, ainsi qu'au centre Leclerc.

01/06/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Les Industries de la vallée de l'Aude, d'hier à aujourd'hui, par Claude Marquié.

Claude Marquié
Les Industries de la vallée de l'Aude, d'hier à aujourd'hui
Mairie de Limoux
format 21 X 30, 70 pagesMarquié - Industries1.jpgMarquié - Industries2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

A nouveau disponible, un ouvrage totalement inédit : Les Carnavals de Limoux, par Gérard Jean.

Gérard JEAN
LES CARNAVALS DE LIMOUX
Tome I
Ouvrage inédit
Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin
Préface de Jean-Pierre Piniès
Format 14 X 17, 320 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée,
dos rond, cousu
papier couché brillant 150 gr
académie des arts et des sciences de carcassonne,les carnavals de limoux,tome 1,carnaval,fête du vin et de la saint-martin,gérard jean,2016académie des arts et des sciences de carcassonne,les carnavals de limoux,tome 1,carnaval,fête du vin et de la saint-martin,gérard jean,2016
Ouvrage disponible :
Gerard.Jean@wanadoo.fr
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

AVANT-PROPOS

L’étude du folklore ancien n’est pas chose aisée. Quelques historiens locaux, très peu à vrai dire, se sont penchés sur la description du Carnaval de Limoux à des périodes plus ou moins reculées ; rares sont ceux qui ont persévéré pour découvrir son authentique histoire. Cela tient au fait de sa complexité, de l’extrême rareté des textes et des documents conservés, des traditions orales rapportées de génération en génération, moins sûres que celles qui sont écrites, et même de l’usage du dialecte patois, dont ni la terminologie, ni l’orthographe, n’étaient fixées.

Il faut ajouter à ces difficultés la part du vrai et du faux ; celle du juste et de l’imaginaire ; comprendre dans les plus vieux écrits où se situe l’exagération ; qu’elle est finalement la proportion de l’exacte vérité introduite dans le discours du narrateur qui élucubre, se moque et s’amuse à propos de situations pour nous inconnues, qui seront incomprises ou mal interprétées quatre cents ou cinq cents ans plus tard !

Nos prédécesseurs, que nous citerons volontiers tout au long de cette étude, tant leur travail a été opiniâtre et rigoureux, ont péché à notre avis, de l’humble commerçant au plus érudit des chercheurs, par l’intériorisation de leurs travaux. Ils se sont comportés croyons-nous en personnages inconsciemment sectaires, persuadés que le Carnaval d’ici a toujours été l’exception universelle, transcendant dans son imaginaire, mais sublime dans ses symboles de haute tradition.

Ils ont voulu nous dire, à tort ou à raison : pourquoi voulez-vous que l’on aille autre part, voir ce qui se passe ? Il n’est ailleurs aucun autre Carnaval aussi authentique, aussi mystérieux dans son interprétation et ses origines, que celui de Limoux. Peut-être ont-ils eu raison ! Après de longues années d’études, nous pouvons affirmer devant la terre entière que le Carnaval de Limoux est absolument unique !

Bien sûr Carnaval dans sa généralité est une fête éternelle, un phénomène de société planétaire ou une réjouissance cyclique païenne, mais sa compréhension doit passer par celle des canons de l’Église. Pour tenter de cerner au plus près l’origine de notre Carnaval, il faut obligatoirement étudier les changements calendaires qui n’ont jamais manqué de se produire, en tout temps et dans tous les pays, verser abondamment dans l’histoire ecclésiastique, se pencher enfin sans retenue sur les us et coutumes liés à la vie de Martin, le saint patron de la ville de Limoux.  

C’est l’approche inédite que nous vous suggérons, au risque de recevoir une volée de carabènes, puisque nous sommes convaincus que les secrets des origines du Carnaval qui est le nôtre, se cachent dans les plis du manteau du soldat Martin, le saint patron vénéré de Limoux, depuis des temps si lointains qu’ils en deviennent immémoriaux.

Les Limouxins, les premiers, ne vont pas manquer de s’interroger sur le titre de notre ouvrage. Nous avons crié haut et fort que le Carnaval de chez nous était absolument unique ! Et voilà que nous employons maintenant le pluriel : les Carnavals de Limoux !

Comme partout en France, comme ailleurs dans tous les pays d’Europe, nous avons eu Carnaval : le plus ancien, celui que l’on disait être une émanation des antiques fêtes appelées Saturnales, pendant lesquelles régnait chez les Romains la plus grande licence ; ils s’invitaient les uns les autres, ils échangeaient des présents, se masquaient et se déguisaient ; les nobles revêtaient le vil costume des esclaves, les esclaves devenaient libres pour quelques jours et ne reconnaissaient plus leur maître. C’est dire, en y mettant beaucoup de relief, que nous avons connu au cours des siècles passés, faits de joies et de confusion, de paix et de guerres, d’épidémies et de prospérité, d’inondations et de sécheresse, toutes sortes d’expressions populaires liées de près ou de loin au Carnaval.

Il n’y a jusque-là, rien d’original dans ce folklore qui s’est perpétué à Limoux jusqu’au Moyen-Âge, à l’image de ce qui se faisait dans les villages les plus reculés ou dans les bourgades les plus anonymes. De cette fête-là nous ne parlerons pas ou très peu ! Sinon pour la comparer s’il en est besoin, et rechercher des ressemblances, avec quelques autres lieux.

Nous n’avons pas été étrangers aux mascarades coutumières du cycle hivernal, aux danses dans les églises, à la promenade des bœufs-gras, à la fête des saints-innocents, au buffoli, à la fête du baisement des cornes venue de Narbonne, à la fête des fous, au tour de l’âne, au charivari ; et nous n’avons pas été insensibles à la tradition venue d’Espagne : la course, ou le jet des œufs parfumés.

Le Carnaval du dix-septième siècle, aux accords de violon, au son du tambour de Suisse ou du hautbois, nous a laissé quelques maigres traces, nous pourrons avec cela en faire une évocation ; et celui du dix-huitième siècle nous a semblé outrancier sinon violent, vilain, agressif, probablement parce que nous avons conservé seulement pour preuves dans les archives, les procès-verbaux de contrainte de nos consuls.

Limoux a connu le Carnaval des corporations de métiers ; le Carnaval du conseil de révision ; le Carnaval des jours ou des lendemains de victoires électorales, celui des réussites universitaires, des succès athlétiques ou sportifs ; la fête des meuniers qui lui ressemblait, mais d’assez loin ; le Carnaval des mariages, des fêtes familiales, quelquefois des sépultures ou encore celui des prospères vendanges.

Le Carnaval à Limoux est pluriel ; il a ses facettes multiples et ne se limite pas dans le temps ; il ne se borne pas, ne s’expatrie pas, il est terriblement frondeur. L’une de ses composantes, qui embarrasse les historiens au plus haut point, apparaît seulement au début du dix-neuvième siècle et s’appelle : « La partie des Meuniers ».

Il s’agit d’une journée spécifique, prévue pour un moment bien particulier, qui est entrée à une certaine époque dans le cycle général carnavalesque et qui a été mise exagérément en avant pour les besoins de la promotion et du tourisme, car à travers le sympathique symbole du meunier, coloré et facile à expliquer, on a habilement comblé les lacunes concernant les véritables mais combien mystérieuses origines du Carnaval de Limoux.

Nous aurons bien entendu l’occasion de revenir minutieusement sur cette fameuse partie des meuniers qui a été longuement étudiée par le féru instituteur de Lauraguel : Urbain Gibert[1]. Il est tout à fait certain que les maîtres meuniers, comme les maîtres bouchers d’ailleurs, riches et opulents, notables écoutés et respectés de la société, ont eu souvent une voix prépondérante dans le déroulement des festivités originales de Limoux ; mais il est tout aussi évident qu’ils n’ont été, ni les « bâtisseurs », ni les seuls et principaux acteurs de notre Carnaval.

Nous voyons par contre dans l’extraordinaire dévotion exaltée pour le premier saint de l’Église de France, de surcroît portant la dédicace de notre cathédrale qu’il protège depuis bien plus d’un millénaire, les raisons d’une fête qui s’est longtemps maintenue dans son sillage et s’est perpétuée sans jamais s’éteindre, ce qui lui confère son caractère d’exception. Saint Martin, serait aux origines du Carnaval de Limoux, nous allons essayer avec passion de vous l’expliquer, pour vous en convaincre !

Il nous semble toutefois difficile d’aborder l’histoire des Carnavals de Limoux sans fournir en préambule au lecteur quelques considérations d’ordre général, sur les origines et les raisons de cette fête presque intemporelle, immortelle autant qu'universelle. De même, nous croyons nécessaire d’approcher un tant soit peu le folklore européen, également celui des anciens pays de France depuis longtemps souverains de l’amusement populaire. Nous voulons examiner au plus près les riches traditions culturelles de nos proches régions, parfois bien différentes de celles que nous connaissons depuis toujours dans ce diable de département de l’Aude, qui ne se laisse pas facilement déflorer, allant jusqu’à prendre un malin plaisir à se couvrir de mystères.

Nous vous invitons à ne pas sous-estimer le glossaire, ni le calendrier qui sont insérés dans l’ouvrage, car ce sont des contributions indispensables pour l’étude et la compréhension du Carnaval de Limoux. Alors seulement nous entrerons dans son monde à l’envers, nous percerons son cœur qui bat depuis mille ans comme nulle part ailleurs, avant de nous emparer de son âme qui tente de s’échapper pour quitter les interversions de la vie humaine, mais que nous conserverons, captive, pour nos joies des siècles et des siècles à venir.

Gérard JEAN

05/05/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Armand Barbès, l'indigné permanent, par Paul Tirand.

Paul Tirand
Armand Barbès
L'indigné permanent
1809-1870
Avec des lettres inédites
Editions L'Harmattan
Format 13 X 21, 248 pages, 2016, 25 €Tirand - Barbes.jpgTirand - Barbès.jpg
Ouvrage disponible :
Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole Polytechnique - 75005  Paris
laetitia.lebreton@harmattan.fr
Chez l'auteur :
paul.tirand@club-internet.fr
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Paul Tirand est l'auteur de trois biographies de  personnalités impliquées dans les mouvements socialistes du XIXe siècle. Il a participé à plusieurs colloques sur le saint-simonisme et la Commune de 1871. Il a publié aussi une Histoire de Castelnaudary (1815-1945) et deux ouvrages sur la franc-maçonnerie.

19/04/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Hyacinthe, de loin en loin, par Philippe Mariou.

Philippe Mariou
Hyacinthe
De loin en loin
Vox Scriba

Vous êtes cordialement invité à
venir tourner les pages du nouveau roman de
Philippe Mariou
Mardi 26 avril 2016,
au restaurant El Campo
7, avenue des Capucins, à Trèbes.académie des arts et des sciences de carcassonne,philippe mariou,hyacinthe,de loin en loin,vox scriba
Mariou - Hyacinthe2.jpg
Ouvrage disponible chez l'auteur :
p.mariou@gmail.com
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.