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11/07/2017

Dernier hommage de Claude Caro, au philosophe Henri Callat, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

HOMMAGE à HENRI CALLAT,
par Claude Caro,
Président de l'Université populaire de l'Ouest Audois,
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Callat Herni.jpg
Au pupitre, l'une des dernières interventions remarquables
du philosophe Henri Callat.

L'Université populaire de l'Ouest Audois vient de perdre l'un de ses fondateurs-animateurs en la personne d'Henri Callat, philosophe et poète, animé de l'esprit de résistance et porteur d'une inquiétude vigilante, qui fit de la fidélité à l'humanité des humains, la rectitude de sa vie. En ces douloureuses circonstances, nous transmettons à Régine, à ses enfants et petits-enfants nos plus sincères pensées de fraternelle humanité, de solidarité dans l'épreuve.

Poète, Henri le fut, dès 1954. répondant aux « Lettres françaises » dirigées par Aragon. Henri fut édité dans : « Journal d'une poésie nationale ». Un sonnet « ouvert » à Mendès-France, écrit à Donazac, le 15 août 1954, dont nous redisons ceci :

« Mais ce n'est pas aux rois que nous appartenons
Car le peuple est un fief que personne n'aliène...
Notre peuple depuis resté toujours le même
Qui sait tuer ses rois pour rester souverain
Et seul monter la garde aux rivages du Rhin ».

Ou, dans « Géorgiques 54 », s'adressant au gouvernement Laniel qui considérait déjà « qu'il y avait un million de paysans en trop », l'apostrophait ainsi :

« Vous ne détruirez pas notre immense mémoire
Du peuple, elle est le fond de son éternité
L'horizon de demain, nous vous y ferons croire
Est fait du sang d'hier en sa pourpre beauté ».

Nous décidons de faire vivre l'Université populaire dont tu demeures l'âme. Philosophe, inlassable ciseleur de concepts, tu nous transmis : « l'aptitude à penser ce que nous savons », rappelant très souvent Pascal : « toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les partis sans connaître le tout, non plus que de connaître particulièrement les parties », ce qui nous semble l'évocation de penser global et penser complexe, le « et » relationnel ayant ici une grande importance.

Liant et reliant sans cesse les savoirs divers, d'où qu'ils viennent, tu redisais souvent avec Edgar Morin :

« Nous nous croyons civilisés alors que la barbarie s'empare intérieurement de nous dans l'égoïsme, l'envie, le ressentiment, le mépris, la colère, la haine. Nos vies sont dégradées et polluées par le niveau lamentable et souvent calamiteux des relations entre individus, sexes, classes, peuples. L'aveuglement sur soi et sur autrui est un phénomène quotidien. L'incompréhension non seulement du lointain mais aussi du prochain est générale. La possessivité et la jalousie rongent les couples et les familles : que d'enfers domestiques, de microcosmes d'enfers plus vastes dans le milieu du travail, l'entreprise, la vie sociale... ».

Pourtant, tu n'oublias jamais que cette vision pessimiste de notre situation humaine, portait en elle un paradoxe : « pour la première fois dans l'histoire humaine, sont réunies les conditions du dépassement de cette histoire faite de guerres, dont les puissances de mort se sont renforcées, jusqu'à permettre désormais un suicide global de l'humanité ».

Et, pour avancer encore « dans la compréhension de la nouvelle barbarie où nous conduit l'idéologie du tout "marchandisé", du tout instrumentalisé, du tout réduit à sa plus simple expression inhumaine », tu désignais l'origine du mal : « pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, toutes les valeurs qui récemment encore, structuraient plus ou moins nos sociétés, qu'elles soient religieuses ou laïques, ont été absorbées par l'une d'entre elles : la valeur économique. D'aucuns parlent de « capitalisme total » pour définir ce phénomène qui affecte à la fois nos sociétés et nos propres personnes dans leur subjectivité la plus profonde ».

Dans le même temps, tu rappelais sans cesse qu'il faut tenir les deux bouts de la chaîne, penser « dialogiquement », pour faire advenir, non la révolution mais la métamorphose, qui conserve la vie, les cultures, le legs des pensées et de sagesse de l'humanité, en gardant la radicalité novatrice d'une re-évolution. Cette « voie », ce difficile chemin, tu nous as, cher Henri, aidé à l'emprunter. Puissions-nous en garder l'esprit, le souffle pour éterniser la dignité de ta vie, de nos vies.

Adieu Henri. 

Claude Caro

03/05/2017

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : le Temps des fraternités, par feu Henri Callat et Claude Caro

Temps des fraternités.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

10/09/2015

Henri Callat et Claude Caro, sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, ont animé le vingt-septième colloque interdisciplinaire de Carcassonne.

Temps des fraternités.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Au commencement était le Verbe... toulousain !
llya Prigogine, nouveau Prix Nobel, venait de cosigner, avec Isabelle Stengers, un ouvrage intitulé "La Nouvelle Alliance", sous-titré "Métamorphose de la science".
Notre aventure débutait : celle d'un groupe de professeurs de toutes disciplines ouvert à un public curieux de cette nouvelle alliance entre tous les savoirs annoncée dans l'ouvrage de Prigogine.
Aurions-nous déjà abordé, sans encore tout à fait le comprendre, les temps de la "reliance" et des fraternités ?
Cette première étape de notre existence fut celle de merveilleuses rencontres symbolisées notamment par les noms d'Edgar Morin et d'Albert Jacquard relayés par leurs interprètes du moment, Maurice Pasdeloup, Jacques Dousset et Roger Cavaillès notamment, les deux premiers ayant hélas ! aujourd'hui disparu.
Mais très vite nous avons compris que l'Université de Toulouse-le-Mirail constituait un espace trop étroit pour faire écho à l'enthousiasme suscité par des idées pour nous si nouvelles.
Et c'est Carcassonne qui, pour l'essentiel, hérita de la suite.
Vingt sept Colloques ponctuèrent, à travers les thèmes les plus divers, notre cheminement vers les nouveaux horizons intellectuels ouverts, un quart de siècle plus tôt, par l'ouvrage de Prigogine.
Dans cette pespective nous avons pu bénéficier de l'appui moral et financier d'une association culturelle locale, l'Adreuc. Il faut mentionner également tout l'intérêt porté à nos travaux par le Conseil général de l'Aude.
Collective fut notre initiative de départ, collective demeure la suite de notre aventure ; et tous ceux qui, localement, participent, avec un admirable dévouement, à l'organisation et aux succès de nos Colloques, se retrouveront bien sûr dans ce qualificatif. Ainsi chacun d'entre nous pourrait faire sienne cette remarque de Wittgenstein : "Je crois que je n'ai jamais inventé un chemin de pensée, mais qu'il m'a toujours été donné par quelqu'un d'autre... Ce que j'invente, ce sont de nouvelles comparaisons."

Henri Callat. 

 

29/12/2014

Habiter les rêves, mieux qu'habiter un lieu ! Les voeux de Claude Caro pour l'année 2015.

Habiter les rêves, mieux qu'habiter un lieu !

Voeux Claude Caro.jpg

01/01/2013

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : En ce moment d'éternité, défendons l'avenir !, par Claude Caro.

Celui qui vient

À l’aube de cet instant de temps universel,

Cet instant si bref mais à notre mesure,

Puissions-nous sagement déchiffrer l'écriture :

Les signes romanesques de notre épopée.

Et puis croiser nos mots et, sans croiser le fer,

Broder l'étoffe de nos rêves au va et vient

De nos libres échanges fraternels, et nouer

En vol, pour l'évasion, l'échelle virtuelle.

Libres enfin, infiniment ivres d'au-delà,

Libres penseurs clairvoyants, posés au bord du temps,

Un temps crépusculaire épinglé d'alertes existentielles.

Soyons de ceux qui font la part plus belle

A celui-là qui vient, tout ébroué de vent,

Partager notre joie commune et immortelle.

 

Avec Vladimir Maîakovsky,

Nous ne serons pas qu’ «'un nuage en pantalon » .

Nous maintiendrons un pied dans la porte

Puisqu'après nous d'autres humains viendront

Pousser vers l'azur l'humanité plus forte.

 

Avec Aragon, dans « Les poètes », nous reprendrons en cœur :

« J'entends, j'entends, le monde est là

Il passe des gens sur la route.

Plus que mon cœur je les écoute.

Le monde est mal fait, mon cœur las.

Faute de vaillance ou d'audace

Tout va son train rien n'a changé

On s'arrange avec le danger

L'âge vient sans que rien ne passe.

Au printemps de quoi rêvais-tu

On prend la main de qui l'on croise

Ah mettez les mots sur l'ardoise

Compte qui peut le temps perdu.

Tous ces visages, ces visages

J'en ai tant vu des malheureux

Et qu'est-ce que j'ai fait pour eux

Si non, gaspiller mon courage.

 

À Carcassonne, le premier Janvier 2013

Claude Caro.

03/01/2012

Les voeux de M. Claude Caro, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Le fichier au format Pdf est consultable en cliquant sur le lien ci-dessous :

Celui qui vient

14/04/2011

Quatre nouveaux sociétaires, admis au sein de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Au cours de la séance mensuelle du 14 avril 2011, Monsieur Claude Caro, enseignant, retraité, président de l'Université populaire de l'ouest audois, domicilié à Carcassonne ; Monsieur Bernard Chevalier, né à Carcassonne le 30 août 1947, universitaire, professeur de langue italienne en classes Préparatoires et à l'université de Nantes, retraité, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, romancier, domicilié à Carcassonne ; Monsieur Georges Bosc, ingénieur d'agriculture africaine, retraité, ancien président national du Cercle algérianiste, membre correspondant de l'Académie des sciences d'outre-mer, membre de la Société des bibliophiles de Guyenne, chevalier de l'Ordre national du Mérite, domicilié à Carcassonne ; Monsieur David Scagliola, président délégué du Centre culturel de la mémoire combattante, domicilié à Villemoustaussou ; ont été reçus comme sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

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Le président Gérard Jean et le conférencier Francis Falcou
Séance du 14 avril 2011. Photographies : Christiane Clergue.
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