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02/02/2017

Bonne et heureuse année 2017 !

Voeux 2017.jpg

27/11/2016

Dédicace d'ouvrages : Les Carnavals de Limoux, Tome I et Tome II, par Gérard JEAN, le samedi 17 décembre 2016.

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Les Sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Airs, Chansons et Musiques du Carnaval de Limoux, tome II, par Gérard JEAN.

Gérard JEAN
Georges Sylvestre

Conseil musical
LES CARNAVALS DE LIMOUX
TOME II
Airs, Chansons et Musiques du Carnaval de Limoux
Préface de Guy Robert, Chef de Musique
Format 14 x 17, 380 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée, dos rond, cousu
Papier couché brillant, 150 gr.
Disponible le 17 décembre 2016 :

Gerard.Jean@wanadoo.fr
Carnavals - Couverture - Tome2.jpg
Ouvrage consultable prochainement à la bibliothèque
de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
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Préface de Guy Robert
Chef de Musique

Bravo Messieurs… et Merci !

Nous devions déjà à Gérard Jean, le premier tome des « Carnavals de Limoux », fruit d’une très longue recherche, présenté par l’ethnologue Jean-Pierre Piniès. Le grand succès de son ouvrage fut compréhensible. Il avait approché en effet de façon rigoureuse les origines de notre Carnaval, qui daterait sans aucun doute de la fin du Moyen Âge, mais dont les premières traces écrites ne figurent dans les archives - et c’est dommage - qu’en l’an 1528.

Dans son livre, Gérard Jean démontrait également de manière irréfutable, preuves à l’appui, que le Carnaval de Limoux, émanation de la fête du Vin et de la Saint-Martin, ne saurait en aucun cas être l’affaire des meuniers, mais en réalité celle des vignerons !

Georges Sylvestre, qui fut président de la Lyre municipale et de l’École de musique de Limoux quand j’en étais le directeur, m’a sollicité pour écrire la préface du deuxième tome des « Carnavals de Limoux ». J’ai accepté avec enthousiasme, de la curiosité et beaucoup de plaisir, car je connais le sérieux de ses engagements et l’amour qu’il porte à la musique.

À force de persévérance, Georges voit enfin l’aboutissement d’un rêve, celui de faire publier en collaboration avec Gérard Jean, un corpus aussi complet que possible des airs et des chansons de Carnaval. Grâce à son étude méthodique approfondie, le lecteur pourra marcher dans les empreintes de toutes les générations de compositeurs exceptionnels, suivis aujourd’hui des Jules Bouchou, des Jean Brunet, des Élodie Jeanson, et de tant d’autres jeunes gens aux qualités prometteuses qui apporteront demain le souffle de fraîcheur et de renouveau utile au Carnaval de Limoux.

Georges et Gérard Jean viennent d’ajouter le dernier élément qui manquait à l’édifice carnavalesque. Quand on connaît l’intérêt que portent les Limouxins à leur folklore multiséculaire, on ne peut que féliciter les auteurs pour le sérieux de leur tenace travail et leur dire : Bravo Messieurs… Merci pour cette belle édition des « Airs, Chansons et Musiques », du Carnaval de Limoux.    

Guy Robert
Ancien directeur de l’École de musique
Chef d’orchestre de la Lyre municipale de Limoux.

Les Sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin, tome I, par Gérard JEAN.

Gérard JEAN
LES CARNAVALS DE LIMOUX

TOME I
Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin
Préface de Jean-Pierre Piniès
Format 14 x 17, 320 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée, dos rond, cousu
Papier couché brillant, 150 gr.
Disponible :

Gerard.Jean@wanadoo.frCarnavals - Couverture - Tome1.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.académie des arts et des sciences de carcassonne,les carnavals de limoux,tome 1,gérard jean,carnaval,fête du vin et de la saint-martin
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Carnaval de Limoux
Le discours infini
Préface de Jean-Pierre Piniès
 

Est-il un phénomène, autant ritualisé et en apparence aussi clairement cerné que compris, qui ait engendré autant de discours, que ce soit sur ses origines, sa forme, son sens et donc sa place dans le temps social, que le carnaval ? D’où vient-il ? De quel passé surgit-il ? Les meilleurs connaisseurs rappellent les phénomènes d’inversion du monde que connut Babylone, la fête de Sacée durant laquelle, pendant cinq jours, l’ordre du monde se trouvait renversé, un prisonnier devenant roi, usant des épouses du monarque, se gavant lors de festins fastueux avant d’être fouetté puis empalé. Tout le monde sait aussi le rôle que tinrent, quelques siècles plus tard, les saturnales dans l’Empire romain : outre le sacrifice d’un cochon selon une ordonnance très protocolaire, lors des banquets les esclaves devenaient un instant les maîtres et étaient servis par ceux qui hier les commandaient. On se souvient aussi des luperci, ces jeunes gens ainsi évoqués par Plutarque : « réunis dans la grotte du Lupercale sur le Palatin, après s’être entaillés le front et coupés en lanières des peaux de bouc, ils se mettent à courir avec une simple étoffe autour des reins et ils fouettent tous ceux qui se trouvent sur leur passage… ». Et combien d’autres fêtes, d’autres manifestations que le christianisme triomphant s’employa à supprimer ou à intégrer dans la nouvelle vision du monde qu’il entendait répandre, brouillant, ce faisant, un peu plus les pistes quant aux gestes et aux mots qu’il avait empruntés avant de les fondre dans son système.

D’origine incertaine donc, sans doute issu de multiples sources et ayant revêtu de multiples formes, c’est jusqu’en son nom même que le carnaval prolonge son mystère. Sémantiquement éparpillé dans les temps les plus anciens, tirant sa dénomination d’une fête ou des acteurs qui l’incarnaient, il semble que l’ère chrétienne ait imposé son dernier nom, lié aux pratiques qu’elle entendait mettre en place. Carne levare, enlever la chair, l’étymon dit bien le jeu qui se profile entre le gras et le maigre, la licence et l’interdit, la pénitence et l’exubérance. De là viendrait donc la forme toscane carnevale francisée à la suite du succès en Italie puis dans toute l’Europe des manifestations liées au mot. Ce qui n’empêche pas que d’autres aient vu dans le mot « carnaval » une dérive de caro vale, soit un adieu à la chair, quand certains choisissent de lui attribuer une racine germanique voire un substantif indo-européen kar, dans lequel ils voient, qui le mot « masque », qui le mot « chair ». Lui donnant son nom l’Eglise a aussi fixé son calendrier, le Carnaval commençant normalement avec l’Epiphanie, le 6 janvier, qui clôt les fêtes de Noël, et s’achevant le jour de mardi-gras, veille de la période de carême. Si ce carcan est valable en France pour le Moyen Age il y a belle lurette qu’en maints endroits cette tradition connaît des accrocs et que des manifestations liées au Carnaval, échappant au temps liturgique, se déroulent hors de la période hivernale.

Il en va de même des formes qu’il revêt, mouvantes à la fois dans le temps et dans l’espace. Qu’avons-nous vraiment conservé de la Fêtes des Fous et des rituels médiévaux ? Sommes-nous seulement capables de les lire et d’en deviner le sens ou les sens ? Sans nier les imbrications, les échanges et les emprunts, l’anthropologue Daniel Fabre, sans doute l’un des meilleurs connaisseurs du monde carnavalesque, a cru bon de distinguer trois formes principales, pertinentes au moins pour le modèle festif européen. La première, le « carnaval des champs », concerne la communauté villageoise et les rites que les jeunes gens mettent en œuvre depuis le temps de Noël jusqu’à celui de la pénitence ; s’y mêlent maraudes nocturnes, vols codifiés lors de la tuée du cochon, les acteurs se munissant en certaines occasions de masques de carton très sommaires ou se grimant simplement à l’aide de noir de fumée. Le « carnaval des villes » entend jouer aussi bien sur le monde à l’envers, telle la « fête des fous » au Moyen Age, que sur la parade burlesque voire sur le défilé un peu solennel comme celui des bœufs gras commun à de nombreuses cités. Enfin, avec le « carnaval des cours », le plus luxueux, le plus sophistiqué, nous entrons dans un monde où le spectacle, le défilé, le désir d’ostentation de la puissance et de la richesse deviennent le nerf des manifestations festives, n’entretenant parfois que des relations lointaines avec la violence, symbolique et réelle, présente dans les carnavals les plus anciens.

Il eut donc été étonnant que le Carnaval de Limoux échappât à cette grille de lecture. Tout en en confirmant la véracité, il met surtout en valeur trois traits spécifiques aux manifestations limouxines, l’incertitude, la plasticité et l’innovation qui s’opposent aux discours souvent mis en avant, localement, par les acteurs de la fête qui se nourrissent de tradition ou d’une immuabilité qui prend parfois, à leurs yeux, un parfum d’éternité. Ainsi, plusieurs hypothèses sur l’origine de la fête s’affrontent, se répondent, la dernière semblant l’emporter jusqu’à ce qu’une nouvelle la détrône. Par ailleurs les attestations les plus anciennes, voire plus proches de nous comme celles qu’offre la presse de la première moitié du 19ème siècle, font la preuve de transformations notables dans le déroulement des jeux, des danses et des musiques. Toutes montrent aussi la volonté d’échapper au carcan calendaire, ou du moins en le considérant comme essentiel, de revendiquer des échappées au long de l’année, assez loin du temps rituel. Autant de facteurs qui éclairent la variété des analyses et leur côté un peu provisoire auquel il faut ajouter un trait essentiel à Limoux qui est celui du « droit à l’énonciation ». Il est bon tout d’abord de rappeler que vivre le Carnaval à l’intérieur d’une des bandes chargées de son organisation est un droit profondément indigène et les intégrer est considéré comme un honneur insigne par les rares cooptés extérieurs à la petite communauté. Par ailleurs les approches analytiques n’ont de valeur que si elles émanent de ce même groupe qui admet qu’il y ait discussions, dissensions même, à conditions qu’elles restent autochtones, qu’elles soient le fait d’un acteur dont la force d’affirmation dépend avant tout de son origine locale. Aussi connaît-on plusieurs études, parfois approfondies, projetées par des « étrangers », qui, frappées de cette subtile fatalité menaçant les approches exogènes, n’ont pas été menées jusqu’à leur terme tant, en définitive, il semblait impossible de dépasser cette obligation identitaire. Au contraire la disputatio, la réflexion et les dialogues critiques, parfois virulents, propres aux clercs médiévaux, sont restés la règle dès lors qu’il s’agit d’évoquer le Carnaval de Limoux, et l’étude Gérard Jean, érudite et controversive, apparaît comme un très bon exemple de la richesse de ces singulières aventures savantes.

Sans ambages c’est ce dernier mot qui conviendrait au mieux pour caractériser la perspective offerte par l’ouvrage, tant il en appelle à de multiples facettes du savoir, se nourrissant du meilleur de chaque discipline qu’il utilise, de l’histoire la plus classique à l’histoire de l’art en passant par les ressources de l’ethnologie ou les apports de la linguistique. Cette plasticité dans la posture aboutit à une vue syncrétique qui permet d’intégrer les données issues du temps long comme celles provenant des variations spatiales. Elle a aussi l’intérêt de dégager un principe qui nous semble capital pour une bonne compréhension du phénomène carnavalesque, soit les jeux de la création et de la nouveauté qui interrogent en permanence la tradition et, au cours d’échanges dialectiques, construisent ses éphémères apparences. Mais, dans le même temps, surgit aussi irrésistible que fondatrice, la volonté, classique tant elle appartient aux fondamentaux des études sur le carnaval, de discerner dans la polyphonie du trivial et la prolifération sémantique « la vérité de la fête ». La volonté de ne pas se laisser enfermer dans la doxa issue des discours qui entendent figer le Carnaval de Limoux et l’enfermer dans une imagerie conventionnelle qu’il s’agirait de reproduire sans esprit critique. Pour ce faire, après avoir souligné tout ce que la tradition orale peut véhiculer de mouvant et d’incertain, l’auteur se fait scrutateur minutieux des figures classiques qui prévalent, depuis quelques décennies seulement pour certaines alors qu’elles sont en même temps présentées comme immémoriales. Convoquer ainsi les témoignages considérés jusqu’ici comme irréfutables, ou jamais véritablement examinés, découverts au long des années qui ont précédé la réflexion, c’est aboutir, avec une attention de chartiste, à une lecture critique des mythologies, déceler la construction de leurs figures, mieux voir le rôle que les uns ou les autres entendent leur faire jouer. L’aventure est certes périlleuse, n’offrant pas le confort de digressions sur les thèmes ou les inscriptions considérés comme canoniques. Au risque d’être redondant nous ne reprendrons pas le détail de l’analyse que met en œuvre Gérard Jean, nous suffisant à dire que, sans pour autant porter de jugement, il s’efforce de dresser la carte de l’imaginaire de la fête, de faire la juste part entre réalité sociale et légendaire. Aussi est-il amené, avec beaucoup de finesse, à mettre à jour les ruses, plus ou moins conscientes, et les stratégies, mûrement pensées, utilisées dans la fabrique de la tradition. La lecture qu’il propose par exemple de « la partie des meuniers », de son histoire, des modalités de son intégration au monde du Carnaval de Limoux puis de son hégémonie herméneutique, est aussi fructueuse que passionnante. Il en va de même quant à différents rituels pour lesquels il montre bien le jeu des approximations, les phénomènes de capillarité et d’échanges qui se produisent, permettant ainsi d’en finir avec de nombreux à peu près ou de conventions. Pour autant il ne se suffit pas à tenir la place d’un contempteur bienveillant, mais, à son tour, il émet une hypothèse sur l’origine du Carnaval de Limoux aussi séduisante que novatrice puisqu’il fait de saint Martin, particulièrement honoré à Limoux, et des fêtes célébrées à son honneur, un point focal. Il étudie en détail la vie du personnage et surtout il s’attache au détail des rites festifs, souvent fort anciens, qui lui sont liés, les replaçant dans l’univers calendaire qu’ils ponctuent de façon spectaculaire. Il faut reconnaître que l’analyse ne manque pas d’attrait, surtout rapportée à la situation limouxine dont il montre comment chaque figure renvoie au généreux Martin, patron à la fois des meuniers et des vignerons. Cependant, l’anceps de la démonstration surgit à propos d’un tableau de Breughel l’Ancien, récemment découvert, et dont il fait une lecture minutieuse, scrutant chacune des scènes qui composent la peinture, observant l’attitude des personnages qui fourmillent dans la toile, comme souvent chez Breughel. Les rapports entre Saint-Martin et les débordements bachiques des fêtes carnavalesques, souvent attestés au demeurant, deviennent incontestables et bon nombre de gestes et d’attitudes ne vont pas sans rappeler, eux aussi ceux des temps carnavalesques.

La lecture que l’auteur nous propose de cette image est aussi l’occasion d’insister sur la richesse de l’iconographie qui accompagne la réflexion et qui la nourrit sans cesse, dans un mouvement de va-et-vient. À l’ordinaire, dès lors qu’il s’agit du Carnaval de Limoux, les photographies l’emportent largement sur le commentaire ou la recherche du sens. Elles ont à peu près toutes pour but de magnifier les gestes, de générer puis d’exalter une esthétique particulière dont, sans nier les réussites, il faut reconnaître qu’elle se trouve enfermée assez vite dans un certain académisme. Or, ici la photo n’est utilisée que pour nourrir la réflexion, pour mettre en valeur le propos, ou à des fins comparatives. Autrement dit la recherche du beau n’empiète pas sur la mise en avant du sens. En outre, et là encore il faut souligner l’importance de l’apport, une bonne place est faite aux dessins qui, à leur tour, permettent de corroborer des hypothèses ou d’ouvrir de nouvelles perspectives. Enfin, l’ouvrage s’achève par un glossaire qui est une véritable apothéose acribique. De façon générale ces lexiques ont pour fonction de rappeler ou de préciser certains points rapidement évoqués dans le texte. Ici il n’en est rien tant, dans une véritable polyphonie sémantique, chacune des entrées apporte de matériaux nouveaux, ouvre des champs jusqu’alors peu explorés et suscite de nouvelles interrogations.

Passionnante, passionnée, la démonstration s’inscrit donc dans cette volonté de dévoilement du sens qui semble inhérente à toutes les approches du carnaval et qui devient véritablement existentielle quand il s’agit de celui de Limoux. Mais, comme le veut une règle tacite mais bien vivante, aller aussi loin dans la recherche des origines et de l’essence même de la fête, à travers la variété des éléments de sa mise en scène, c’est s’exposer à son tour à la critique, entrer dans le vaste champ des débats qui ponctuent régulièrement l’histoire locale. Dans tous les cas, de première importance par le savoir qu’il met en œuvre et la fertilité de ses propositions, le travail de Gérard Jean est d’ores et déjà un jalon incontournable des études sur le Carnaval de Limoux, phénomène festif aussi complexe et mystérieux que fascinant.  

01/06/2016

A nouveau disponible, un ouvrage totalement inédit : Les Carnavals de Limoux, par Gérard Jean.

Gérard JEAN
LES CARNAVALS DE LIMOUX
Tome I
Ouvrage inédit
Carnaval, Fête du Vin et de la Saint-Martin
Préface de Jean-Pierre Piniès
Format 14 X 17, 320 pages, couleur, 35 €
Edition de luxe, cartonnée,
dos rond, cousu
papier couché brillant 150 gr
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Ouvrage disponible :
Gerard.Jean@wanadoo.fr
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

AVANT-PROPOS

L’étude du folklore ancien n’est pas chose aisée. Quelques historiens locaux, très peu à vrai dire, se sont penchés sur la description du Carnaval de Limoux à des périodes plus ou moins reculées ; rares sont ceux qui ont persévéré pour découvrir son authentique histoire. Cela tient au fait de sa complexité, de l’extrême rareté des textes et des documents conservés, des traditions orales rapportées de génération en génération, moins sûres que celles qui sont écrites, et même de l’usage du dialecte patois, dont ni la terminologie, ni l’orthographe, n’étaient fixées.

Il faut ajouter à ces difficultés la part du vrai et du faux ; celle du juste et de l’imaginaire ; comprendre dans les plus vieux écrits où se situe l’exagération ; qu’elle est finalement la proportion de l’exacte vérité introduite dans le discours du narrateur qui élucubre, se moque et s’amuse à propos de situations pour nous inconnues, qui seront incomprises ou mal interprétées quatre cents ou cinq cents ans plus tard !

Nos prédécesseurs, que nous citerons volontiers tout au long de cette étude, tant leur travail a été opiniâtre et rigoureux, ont péché à notre avis, de l’humble commerçant au plus érudit des chercheurs, par l’intériorisation de leurs travaux. Ils se sont comportés croyons-nous en personnages inconsciemment sectaires, persuadés que le Carnaval d’ici a toujours été l’exception universelle, transcendant dans son imaginaire, mais sublime dans ses symboles de haute tradition.

Ils ont voulu nous dire, à tort ou à raison : pourquoi voulez-vous que l’on aille autre part, voir ce qui se passe ? Il n’est ailleurs aucun autre Carnaval aussi authentique, aussi mystérieux dans son interprétation et ses origines, que celui de Limoux. Peut-être ont-ils eu raison ! Après de longues années d’études, nous pouvons affirmer devant la terre entière que le Carnaval de Limoux est absolument unique !

Bien sûr Carnaval dans sa généralité est une fête éternelle, un phénomène de société planétaire ou une réjouissance cyclique païenne, mais sa compréhension doit passer par celle des canons de l’Église. Pour tenter de cerner au plus près l’origine de notre Carnaval, il faut obligatoirement étudier les changements calendaires qui n’ont jamais manqué de se produire, en tout temps et dans tous les pays, verser abondamment dans l’histoire ecclésiastique, se pencher enfin sans retenue sur les us et coutumes liés à la vie de Martin, le saint patron de la ville de Limoux.  

C’est l’approche inédite que nous vous suggérons, au risque de recevoir une volée de carabènes, puisque nous sommes convaincus que les secrets des origines du Carnaval qui est le nôtre, se cachent dans les plis du manteau du soldat Martin, le saint patron vénéré de Limoux, depuis des temps si lointains qu’ils en deviennent immémoriaux.

Les Limouxins, les premiers, ne vont pas manquer de s’interroger sur le titre de notre ouvrage. Nous avons crié haut et fort que le Carnaval de chez nous était absolument unique ! Et voilà que nous employons maintenant le pluriel : les Carnavals de Limoux !

Comme partout en France, comme ailleurs dans tous les pays d’Europe, nous avons eu Carnaval : le plus ancien, celui que l’on disait être une émanation des antiques fêtes appelées Saturnales, pendant lesquelles régnait chez les Romains la plus grande licence ; ils s’invitaient les uns les autres, ils échangeaient des présents, se masquaient et se déguisaient ; les nobles revêtaient le vil costume des esclaves, les esclaves devenaient libres pour quelques jours et ne reconnaissaient plus leur maître. C’est dire, en y mettant beaucoup de relief, que nous avons connu au cours des siècles passés, faits de joies et de confusion, de paix et de guerres, d’épidémies et de prospérité, d’inondations et de sécheresse, toutes sortes d’expressions populaires liées de près ou de loin au Carnaval.

Il n’y a jusque-là, rien d’original dans ce folklore qui s’est perpétué à Limoux jusqu’au Moyen-Âge, à l’image de ce qui se faisait dans les villages les plus reculés ou dans les bourgades les plus anonymes. De cette fête-là nous ne parlerons pas ou très peu ! Sinon pour la comparer s’il en est besoin, et rechercher des ressemblances, avec quelques autres lieux.

Nous n’avons pas été étrangers aux mascarades coutumières du cycle hivernal, aux danses dans les églises, à la promenade des bœufs-gras, à la fête des saints-innocents, au buffoli, à la fête du baisement des cornes venue de Narbonne, à la fête des fous, au tour de l’âne, au charivari ; et nous n’avons pas été insensibles à la tradition venue d’Espagne : la course, ou le jet des œufs parfumés.

Le Carnaval du dix-septième siècle, aux accords de violon, au son du tambour de Suisse ou du hautbois, nous a laissé quelques maigres traces, nous pourrons avec cela en faire une évocation ; et celui du dix-huitième siècle nous a semblé outrancier sinon violent, vilain, agressif, probablement parce que nous avons conservé seulement pour preuves dans les archives, les procès-verbaux de contrainte de nos consuls.

Limoux a connu le Carnaval des corporations de métiers ; le Carnaval du conseil de révision ; le Carnaval des jours ou des lendemains de victoires électorales, celui des réussites universitaires, des succès athlétiques ou sportifs ; la fête des meuniers qui lui ressemblait, mais d’assez loin ; le Carnaval des mariages, des fêtes familiales, quelquefois des sépultures ou encore celui des prospères vendanges.

Le Carnaval à Limoux est pluriel ; il a ses facettes multiples et ne se limite pas dans le temps ; il ne se borne pas, ne s’expatrie pas, il est terriblement frondeur. L’une de ses composantes, qui embarrasse les historiens au plus haut point, apparaît seulement au début du dix-neuvième siècle et s’appelle : « La partie des Meuniers ».

Il s’agit d’une journée spécifique, prévue pour un moment bien particulier, qui est entrée à une certaine époque dans le cycle général carnavalesque et qui a été mise exagérément en avant pour les besoins de la promotion et du tourisme, car à travers le sympathique symbole du meunier, coloré et facile à expliquer, on a habilement comblé les lacunes concernant les véritables mais combien mystérieuses origines du Carnaval de Limoux.

Nous aurons bien entendu l’occasion de revenir minutieusement sur cette fameuse partie des meuniers qui a été longuement étudiée par le féru instituteur de Lauraguel : Urbain Gibert[1]. Il est tout à fait certain que les maîtres meuniers, comme les maîtres bouchers d’ailleurs, riches et opulents, notables écoutés et respectés de la société, ont eu souvent une voix prépondérante dans le déroulement des festivités originales de Limoux ; mais il est tout aussi évident qu’ils n’ont été, ni les « bâtisseurs », ni les seuls et principaux acteurs de notre Carnaval.

Nous voyons par contre dans l’extraordinaire dévotion exaltée pour le premier saint de l’Église de France, de surcroît portant la dédicace de notre cathédrale qu’il protège depuis bien plus d’un millénaire, les raisons d’une fête qui s’est longtemps maintenue dans son sillage et s’est perpétuée sans jamais s’éteindre, ce qui lui confère son caractère d’exception. Saint Martin, serait aux origines du Carnaval de Limoux, nous allons essayer avec passion de vous l’expliquer, pour vous en convaincre !

Il nous semble toutefois difficile d’aborder l’histoire des Carnavals de Limoux sans fournir en préambule au lecteur quelques considérations d’ordre général, sur les origines et les raisons de cette fête presque intemporelle, immortelle autant qu'universelle. De même, nous croyons nécessaire d’approcher un tant soit peu le folklore européen, également celui des anciens pays de France depuis longtemps souverains de l’amusement populaire. Nous voulons examiner au plus près les riches traditions culturelles de nos proches régions, parfois bien différentes de celles que nous connaissons depuis toujours dans ce diable de département de l’Aude, qui ne se laisse pas facilement déflorer, allant jusqu’à prendre un malin plaisir à se couvrir de mystères.

Nous vous invitons à ne pas sous-estimer le glossaire, ni le calendrier qui sont insérés dans l’ouvrage, car ce sont des contributions indispensables pour l’étude et la compréhension du Carnaval de Limoux. Alors seulement nous entrerons dans son monde à l’envers, nous percerons son cœur qui bat depuis mille ans comme nulle part ailleurs, avant de nous emparer de son âme qui tente de s’échapper pour quitter les interversions de la vie humaine, mais que nous conserverons, captive, pour nos joies des siècles et des siècles à venir.

Gérard JEAN

19/04/2016

Merci, Merci à tous ! Nous ferons encore de grandes et belles choses ensemble !

Merci !
Merci à tous !
Nous ferons encore de grandes et belles choses ensemble !P1140862-1.jpgP1140862-2.jpg

19/01/2016

Remise de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur au compositeur Jacques Charpentier, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

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CARCASSONNE
HÔTEL DE LA CITE
Vendredi 15 janvier 2016
Cérémonie organisée par l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne.
Sous la présidence de Gérard Jean.

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Allocution du président Gérard Jean.
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M. Jacques Charpentier, commandeur de la Légion d'honneur.
Mme Maryvonne de Saint Pulgent, commandeur de la Légion d'honneur.
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M. Jacques Charpentier, M. Jean-Marc Sabathé, préfet de l'Aude
Mme Maryvonne de Saint Pulgent.
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Clichés gracieusement offerts
par le photographe professionnel Alain Machelidon
machphot@yahoo.fr
06.08.31.80.51
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Photographie : Vitalis Roland /Ville de Carcassonne.2016.01.15 - Charpentier Jacques3 - Vitalis Roland.jpg
Photographie : Vitalis Roland /Ville de Carcassonne.2016.01.15 - Charpentier Jacques4 - Roger Garcia.jpg
Photographie : La Dépêche du Midi / Roger Garcia.
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Photographie : Martine Jean.

Discours de M. Gérard Jean
Président de l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne

Madame la Conseillère d’État, Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus des Collectivités territoriales,
Chers Amis et Collègues,

De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l’impair,
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Ainsi s’exprimait Paul Verlaine, mais l’impair que je commets aujourd’hui dans l’ordonnancement de cette prestigieuse cérémonie n’est pas évasif, et bien au contraire, il imprègne l’air d’une formidable solennité qui vient peser sur les murailles séculaires de la Cité et se poser, sur les pages du livre d’Or de l’Hôtel, où l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne reçoit votre haute assemblée, accueillie dans les salons mis à notre disposition par Madame Christine Pujol, conseillère récem-ment élue d’une nouvelle grande région, certainement la plus belle de France !

L’ordre protocolaire de ce genre de jubilé est extrêmement strict et j’y déroge avec le bienveillant assentiment de Madame Maryvonne de Saint Pulgent et de Monsieur Jean-Marc Sabathé, représentants de l’État, venus apporter l’hommage du gouverne-ment et de la nation à l’un de ses plus brillants serviteurs.

Nonobstant l’ordre établi, il fallait bien que j’intervienne, comme la musique avant toute chose, pour vous dire combien je suis empreint par l’émotion. L’Académie est heureuse de vous recevoir si nombreux, venus de fort loin, et fière de ses invités, les vecteurs de la communication des âmes, puisqu’ils sont des sommités du monde de la musique.

L’Académie a eu l’insigne honneur - fait rarissime - d’avoir dans ses rangs deux Prix Nobel - de chimie et de physique - natifs de Carcassonne. Elle a vu éclore l’esprit et l’immense savoir de plusieurs de ses sociétaires, membres illustres du Collège ou de l’Institut de France, mais jamais elle n’avait eu à connaître le cérémonial de la remise de la cravate écarlate à l’un des siens : commandeur de la Légion d’honneur.

Jacques Charpentier,

La profonde amitié qui nous lie depuis de longue date ne m’autorise pas à user de votre seul prénom. Je vous dois déférence. Cette amitié, vous l’avez autorisée, vous l’avez entretenue, même lorsque vous avez eu connaissance de mon ignorance. Car en effet, la nature n’a pas voulu que je puisse entendre le son de vos instruments ; depuis l’enfance, mon oreille est restée sourde aux compositions musicales, aussi sublimes soient-elles, et cela, vous l’avez compris !

Maître, très cher Collègue,

Vous êtes né le 18 octobre 1933, à Paris - je n’invente rien - 10, rue Claude Debussy. Vous choisissez bien entendu de prendre pour épouse un professeur de chant - la cantatrice Danielle Vouaux - et de votre union, naîtront trois enfants : Anne, Odile et Éric.

Vous enseignerez au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, vous serez Inspecteur général de la Musique et vous deviendrez, de 1979 à 1981, Directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse, au ministère de la Culture.

Vous découvrez Carcassonne vers 1960, lors d’une tournée des Jeunesses musicales de France, au cours de laquelle vous accompagnez Cora Vaucaire et son groupe. Vous composez plus tard, à la demande de Jean Deschamps, fondateur et directeur du Festival de Carcassonne, des musiques de scène pour : Les mouches, de Jean-Paul Sartre ; Meurtre dans la cathédrale, de Thomas Eliot ; Danton, de Romain Roland ; Britannicus, de Racine.

Vous prenez assise chez nous, vous habitez ici, dans la Cité, et votre intérêt se porte sur le grand orgue de la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse, que vous contribuez à faire classer et restaurer.

Avec René Nelli, vous travaillez à la composition du premier opéra en langue d’oc : Béatris de Planissolas, qui sera créé en 1971 au festival d’Aix-en-Provence.

En 1996, à l’occasion de la commémoration du 900e anniversaire de la construction de notre ancienne cathédrale, vous composez l’œuvre : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, à la demande de l’association des Amis de l’Orgue.

Le 18 décembre 2011, vous recevez la médaille d’honneur de la Ville des mains de Jean-Claude Pérez, député-maire de Carcassonne, et le 11 janvier 2012, vous êtes admis comme sociétaire de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jacques Charpentier,

Vous avez connu les ors des ministères et des opéras, votre amour s’est porté sur la beauté naturelle de notre région, sur sa population, sur son histoire et sa culture, riches et mouvementées ; vous étiez déjà officier des Palmes Académiques, com-mandeur des Arts et des Lettres, commandeur dans l’Ordre National du Mérite. Par décret du Président de la République, en date du 3 avril 2015, vous avez été promu au rang de commandeur de la Légion d’honneur.

La République n’avait aucun autre présent à vous faire, elle était désemparée ! Mais l’idée lui est venue de s’adjoindre Monsieur le préfet Jean-Marc Sabathé, lui-même pianiste, organiste, issu du Conservatoire national de musique de Toulouse, ainsi que Madame Maryvonne de Saint Pulgent, membre correspondant de l’Académie des beaux-arts et Premier prix de piano au Conservatoire de Paris.

Cher Ami,

Ces hauts fonctionnaires de l’État vont vous remettre l’insigne suprême de la reconnaissance, c’est toute la joie que j’en éprouve, ainsi que vos collègues de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Gérard JEAN
Hôtel de la Cité
Carcassonne
15 janvier 2016

Discours de Mme Maryvonne de Saint Pulgent
Conseillère d'Etat
Membre correspondant
de l'Académie des Beaux-Arts

Très cher Jacques Charpentier, 

Je suis particulièrement heureuse d’avoir été conviée à cette cérémonie qui se déroule dans votre ville de prédilection, Carcassonne, ce fleuron de notre patrimoine auquel vous êtes resté fidèle la plus grande partie de votre vie, quelles que furent, tout au long de votre parcours riche et bigarré, vos différentes missions en France ou à l’étranger.

Je suis flattée d’avoir ainsi l’occasion d’honorer le grand musicien que vous êtes, aux talents aussi multiples que les bras de la déesse indienne Khali : non seulement le compositeur fécond, auteur de plusieurs opéras, symphonies, concertos, quatuors, œuvres vocales, mais aussi le chef d’orchestre, le chef de chœurs, le pianiste, sans oublier le talentueux organiste. Fin 1954 vous êtes nommé organiste à Issy-les-Moulineaux avant de devenir celui de Saint-Nicolas du Chardonnet de 1974 à 1977.

Avant d’entrer au CNSM en 1954, dans la classe d’analyse musicale d’Olivier Messiaen et celle de composition de Tony Aubin, votre parcours de jeune pianiste (qui correspond à la grande misère des jeunes musiciens de l’époque) va se révéler aussi original que savoureux qu’il s’agisse du contrat que vous obtenez au théâtre des Trois Baudets pour accompagner les chansonniers de l’époque (Francis Blanche, Pierre Dac, Pierre-Jean Vaillard…), ou vos intermèdes musicaux dans certains cinémas Gaumont de la capitale sans parler, en 1952 de vos prestations pianistiques au grand hôtel de Calcutta ; un séjour de 18 mois en Inde vous amènera à vous passionner pour la culture musicale de ce pays et à entamer peu après, à 24 ans, la composition de vos célèbres études karnatiques qui concilient l’acquis oriental des Indes et la culture musicale occidentale. Entre 1957 et 1984 vous composerez en effet vos 72 études karnatiques sur les 72 échelles possibles de 72 modes musicaux.

Esprit ouvert et curieux, vous avez toujours refusé de vous laisser enfermer dans une tour d’ivoire élitiste ou sectaire ; vous avez toujours eu le goût du partage avec le plus grand nombre comme l’indique dès l’aube des années 1960 votre militantisme au sein des Jeunesses Musicales de France (où vous participerez à plus de 200 manifestations) et vous resterez également votre vie durant, un ardent défenseur du dialogue des cultures ce qui vous vaudra en 2006 d’être nommé à la présidence du Comité National de la musique au sein de l’UNESCO, fonction qui réjouira votre âme de globe trotter.

Je tiens aussi - en tant que présidente du comité d’histoire du Ministère de la Culture -, à rendre un hommage particulier au grand serviteur de l’État que vous avez été dès 1966, date à laquelle le compositeur Marcel Landowski vous appela pour l’épauler comme inspecteur principal au sein du tout nouveau service de la musique au sein du Ministère des affaires culturelles. Vous veniez de recevoir alors cette année-là, à New York, le prestigieux prix de composition de la Fondation Koussevitsky.

À ses côtés comme aux côtés de son successeur Jean Maheu, qui vous nommera en 1975 inspecteur général, vous allez participer activement pendant plus de 10 ans à un véritable renouveau et au redressement spectaculaire de la vie et de la pratique musicale en France.

Parallèlement à partir de 1975, vous enseignez l’orchestration au Conservatoire de Paris et fondez à l’abbaye cistercienne de Sénanque le Centre d’études grégoriennes et de musiques traditionnelles comparées.

Il est donc tout naturel qu’en 1979, le nouveau ministre de la culture, Jean-Philippe Lecat (dont le Comité d’histoire s’est attaché récemment à réévaluer un bilan trop méconnu) vous nomme, vous l’homme aux multiples compétences, et qui avez participé à toutes les décisions importantes depuis 1966, Directeur de la Musique, de l’art lyrique et de la danse.

En deux ans seulement, et dans un contexte économique très contraint, vous réussirez (grâce notamment à l’appui direct du Premier Ministre d’alors : Raymond Barre) à obtenir une augmentation spectaculaire de vos moyens budgétaires. Je ne prendrai, faute de temps, que quelques exemples[1]. En 1978 le budget total de fonctionnement pour l’enseignement était de 62 830 000 F ; il passe en 1981 à 159 152 000 F représentant non plus 19 % du budget de la direction mais près de 30 %. Vous aurez aussi la joie d’inaugurer le second CNSM de France à Lyon dont vous confierez la direction à votre ami et collègue Pierre Cochereau. Dans le domaine de la diffusion, le budget affecté aux orchestres va tripler (mis à part ceux de l’Opéra et de la radio). Les formations conventionnées, elles, verront en 7 ans leur subvention doubler. Chacun se rappelle également l’effort consenti pour le budget de l’opéra de Paris qui passe de 87 500 000 F en 1974 à 209 000 000 F en 1980 justifié par un taux de fréquentation de 100 % et l’acquisition d’une notoriété internationale. Même la danse qui bénéficiait en 1974 de 4,9 millions de francs voit ses subventions dépasser en 1980, 12 millions de Francs. C’est aussi grâce à vous que notre prestigieux Orchestre de Paris pourra s’installer à la salle Pleyel.

Vous développerez également une action en faveur des musiques de tradition orale et en renouvelant la commission des orgues vous favoriserez la restauration et la construction de plusieurs de ces instruments.

Toujours proche du terrain et soucieux de renforcer les liens de votre direction avec les réalités régionales et les élus locaux, vous créez les premiers postes de délégués à la musique auprès des Drac et apportez un appui constant au développement des ADDM et des ADDIAM, ces associations lancées par Marcel Landowski afin d’entraîner les conseils généraux à favoriser par leur soutien financier le développement de la pratique musicale sur tout le territoire. Longtemps président de l’ADDIAM du Val-d’Oise, vous deviendrez par la suite président de la Fédération nationale des arts vivants et départements.

Vous apporterez enfin un soutien décisif au chant choral et aux musiques populaires ainsi qu’à notre répertoire musical national, soutien que vous n’avez jamais relâché. Je n’oublie pas qu’en janvier 1988 François Léotard vous confia (vous étiez alors directeur général de la musique de Nice) une mission sur les questions d’édition et de diffusion du répertoire musical national, y compris celui des musiques traditionnelles.

Je me permettrai de terminer cette trop courte évocation de votre carrière si fertile et foisonnante en reprenant à mon compte - uns des termes utilisés par Olivier Messiaen dans la lettre qu’il adressa à André Malraux le 19 avril 1999 pour appuyer votre candidature :

« Jacques Charpentier est un musicien très averti, connaissant parfaitement son métier de compositeur et d’orchestrateur ; il est de plus un homme très cultivé et très honnête, tout prêt à défendre la musique moderne, la musique vivante et la musique tout court. C’est donc avec toute l’affection et toute l’estime dont je sus capable que je me permets d’appuyer la candidature de Jacques Charpentier.

À mon tour très cher Jacques, avec toute l’estime et l’affection que je vous porte, j’ai l’honneur,

Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons commandeur de la Légion d’honneur.

Maryvonne de Saint Pulgent
Carcassonne,
Hôtel de la Cité,
Vendredi 15 janvier 2016

 [1] . Pour avoir le détail de ces augmentations, se reporter à la communication faite par J. Charpentier, le 18 février 1981, à la séance de l’académie des Beaux-Arts (pages 10, 11, 12).

18/01/2016

Remise de la croix de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres à Wilfrid Estève, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

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Remise des insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres
à Monsieur Wilfrid Estève
académie des arts et des sciences de carcassonne,wilfrid estève,gérard jean,chevalier des arts et des lettres,mecredi 13 janvier 2016,assemblée générale
Fersen, Amédée Félix, chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres,
Gérard Jean, officier de l'ordre des Arts et des Lettres,
président de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne,
Wilfrid Estève, chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres,
Jean-Paul de Bernis, Chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre des Palmes Académiques, chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres,
Eva.
Photographie : Eric Sinatora, directeur du Graph.académie des arts et des sciences de carcassonne,wilfrid estève,gérard jean,chevalier des arts et des lettres,mecredi 13 janvier 2016,assemblée générale
Photographie : Eric Sinatora, directeur du Graph.académie des arts et des sciences de carcassonne,wilfrid estève,gérard jean,chevalier des arts et des lettres,mecredi 13 janvier 2016,assemblée générale
Photographie : Eric Sinatora, directeur du Graph.

CARCASSONNE
Auditorium

Mercredi 13 janvier 2016
Cérémonie organisée par l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne.
Sous la présidence de Gérard Jean.

Wilfrid,
Très cher Collègue, 

Vous êtes né à Carcassonne, le 3 mars 1968. C’était un dimanche. La France connaîtra cette année là, un mouvement populaire d’une redoutable ampleur ; elle s’enflamme subitement et le 3 mai, les forces de police, appelées par le recteur Roche, font évacuer la Sorbonne occupée par des étudiants.

Vous habitez le quartier du Palais de Justice, lorsque vous devenez orphelin de votre père, René Estève, à l’âge de dix ans. Vos premières années s’annoncent cahotantes malgré l’affection de vos grands-parents de Caunes-Minervois, où vous passez une bonne partie de votre enfance.

Votre mère, Dominique Baudis, vous apporte le bonheur lorsqu’elle se remarie avec François Peyrot, qui est un vétérinaire très estimé de cette ville. Vous aurez en sa personne, le soutient qui vous faisait jusque là défaut.

Cet autre père, saura avec amour canaliser votre tempérament, paraît-il assez difficile, votre caractère, déjà forgé. Il mettra rapidement un terme à vos comédies d’adolescent et vous conduira sur les chemins de l’ambition, du travail et finalement de la réussite professionnelle !

Vous êtes réputé turbulent dans les cours de récréation des écoles de La Prade et de Jeanne d’Arc. Vous imposez le respect, et vous faites facilement le coup de poing nous a-t-on dit, au collège du Bastion, puis au lycée Paul Sabatier.

Nous accueillons aujourd’hui, pour cette cérémonie, vos deux enfants : Eva et Fersen, qui habitent Trèbes et sont scolarisés, l’un à Carcassonne, et l’autre à Lézignan.

C’est maintenant décidé, une vocation se fait jour ; à vingt-six ans vous serez photographe et vous obtiendrez en 1996, le Prix du Jeune reporter au Festival international d’Angers ! Votre carrière se déroulera principalement à Paris ; elle sera fulgurante, à la hauteur de vos réels talents. Vous devenez photojournaliste !

La photographie ouvre grandes, toutes les portes de l’existence. Celles des arts au premier chef, celles des sciences, celles des lettres et de la culture ; Ce peut-être un puissant vecteur de communication lorsqu’elle est portée sur les terrains de l’actualité. Elle est souvent ensanglantée, pathétique, tragique lorsqu’elle couvre les zones de tension d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient, là où vous avez exercé votre métier de photojournaliste.

Vos œuvres de guerre et de paix, d’humanité et de misère, d’histoire et de poésie, de fictions et de merveilles s’exposent depuis longtemps un peu partout en France et ce n’est que justice, car bien souvent la puissance visuelle de l’art arrive à surpasser la passion de l’homme, aussi imprégnée soit-elle !

L’image est une forme d’écriture qui ne vous suffit pas, vous courtisez les belles lettres. Vous collaborez à la rédaction du Journal de la photographie ; vous donnez des pages illustrées à Libération, au Monde, à Paris-Match ; des articles aux prestigieux magazines comme Géo ou National Geographic. Votre nom figure sur des publications collectives qui ont pour titre : L’œil public, quinze ans d’histoires, Du photojournalisme à la photographie documentaire ou encore, le Photojournalisme, à la croisée des chemins.

Les sciences vous intéressent : ce qui n’est pas courant chez une personne versée professionnellement dans l’action et quelquefois dans la violence ; ce qui fait rarement ménage avec la sensibilité exacerbée d’un artiste. Vous maîtrisiez la prise de vue argentique ; et maintenant la photographie numérique !

Vous déjouez avec habileté le filet de la toile Internet, vous êtes élu en 2010 vice-président de l’Union des photographes professionnels et vous faites partie du comité de pilotage du prix Webjournalisme.

Wilfrid, le temps passe ! J’aimerais tant, avec tant de plaisir, exalter vos multiples compétences ! Que puis-je dire, encore et encore ! Après l’art, les lettres, les sciences et la communication, vous avez embrassé la culture et l’enseignement. Membre de l’observatoire du photojournalisme du ministère de la Culture, vous intervenez régulièrement aux facultés de Paris, de Perpignan, de Montpellier, aux Écoles supérieures de photographie et de journalisme ou à l’École des métiers de l’information.

Administrateur du Graf, vous associez la ville de Carcassonne à la création des diplômes délivrés par l’Université de Perpignan qui forme désormais grâce à votre expertise des spécialistes de la conception audiovisuelle, des écritures médiatiques, des photographes documentaires… et depuis 2014, des photojournalistes.

Homme d’action, citoyen engagé, producteur et réalisateur de renom, vous avez été pendant deux ans, vice-président de l’Union des photographes professionnels.

Essentiellement pour votre action, vos distinctions mérites et récompenses, vous avez été élevé au grade chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, par arrêté du 17 juillet 2015.

Au nom des membres du Conseil des arts et des lettres de l’Aude, de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne que je préside, je vous adresse très cher Collègue, ainsi qu’à votre père adoptif, votre famille, vos enfants Eva et Fersen, toutes mes félicitations.

Wilfrid Estève,

En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, par Madame Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, nous vous faisons chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

Nous vous remettons l’insigne de cette prestigieuse décoration qui vient considérablement rehausser la valeur des nombreuses distinctions dont vous êtes déjà titulaire, en particulier, la mention spéciale en tant qu’auteur, du prix Nadar, pour : Photojournalisme, à la croisée des chemins.

Gérard Jean
Carcassonne, le mercredi 13 janvier 2016.

académie des arts et des sciences de carcassonne,wilfrid estève,gérard jean,chevalier des arts et des lettres,mecredi 13 janvier 2016,assemblée générale
Photographie : Eric Sinatora, directeur du Graph.académie des arts et des sciences de carcassonne,wilfrid estève,gérard jean,chevalier des arts et des lettres,mecredi 13 janvier 2016,assemblée générale
Photographie : Eric Sinatora, directeur du Graph.

11/12/2015

Remise de la cravate de commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur, au compositeur Jacques Charpentier.

Jacques Charpentier
Cérémonie de remise de la cravate
de commandeur de la Légion d'honneur.
Hôtel de la Cité
Vendredi 15 janvier 2016
16 heures 30
Confirmation et réservation écrite obligatoires.
Places strictement limitées.

academie.carcassonne@wanadoo.fr

Commandeur Légion d'honneur.jpg2016.01.15 - Charpentier Jacques1.jpg2016.01.15 - Charpentier Jacques2.jpgacadémie des arts et des sciences de carcassonne,jacques charpentier,francis meignan,gérard larrat,gérard jean,jean-marc sabathé,maryvonne de saint pulgent

Jacques Charpentier (à droite sur la photo) est l'un des grands organistes et compositeurs de notre pays. Il réside à Carcassonne depuis de nombreuses années. La cravate de commandeur de la Légion d'honneur lui sera remise le vendredi 15 janvier 2016, à 16 heures 30, dans les salons de l'Hôtel de la Cité à Carcassonne.
Sur cette photographie, datée de 1999, prise à l'Institut de France, pour son élévation au grade d'officier de la Légion d'honneur, on reconnait son épouse, la cantatrice Danielle Vouaux, le metteur en scène et comédien Jean Deschamps (1920-2007), l'ancien président de l'Association des Amis de la Ville et de la Cité de Carcassonne, Pierre Decaud (1924-2002), et l'actuel adjoint délégué à la Culture, Jean-Louis Bès.
Archives : Chroniques de Carcassonne.

16/10/2015

Gérard Larrat associe l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne à la réception du Professeur Charles Stanish.

Réception du mercredi 28 octobre 2015
à l'hôtel de ville de Carcassonne.

Le célèbre Professeur d'anthropologie Charles Stanish, directeur de l'Institut d'archéologie Cotsen à l'Université de Californie à Los Angeles, sera reçu le mercredi 28 octobre 2015, à 11 heures 30, salle Jean Cau, à l'hôtel de ville, par M. Gérard Larrat, maire de Carcassonne, en présence de M. Jean Guilaine, Académicien, membre de l'Institut de France, de Mme Marie-Elise Gardel, archéologue, chevalier de la Légion d'honneur, de MM. Guy Rancoule et Dominique Baudreu, archéologues.
Le président Gérard Jean, de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne et le président Arnaud Ramière de Fortanier, de la Société d'études scientifiques de l'Aude, sont associés à cette réception.
Le Professeur Charles Stanish, est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences et membre de l'Académie des sciences des Etats-Unis.

Stanish Charles.jpg
M. le Professeur Cjarles Stanish

11/09/2015

Six nouveaux sociétaires, admis au sein de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, au cours de la séance du mercredi 9 septembre 2015.

Au cours de la séance mensuelle du mercredi 9 septembre 2015, ont été reçus sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, sur proposition de MM. Auguste Armengaud, Jean-Louis Bonnet, Jacques Blanco, Gérard Jean et Mme Sylvie David :Ÿ

 

* Monsieur Georges Aligant est actuellement retraité. Sa carrière professionnelle s’est essentiellement déroulée dans le milieu des sociétés de télévision, où il a exercé différents métiers techniques pour le téléfilm et le documentaire. En dernier temps il était intégré au sein d’équipes journalistiques. Il se passionne pour l’histoire, notamment pour celle du territoire de La Selve. Georges Aligant est domicilié sur la commune de Lafage, dans le département de l’Aude. Il est président-fondateur de l’association « Les amis de la chapelle de Cazazils » qui date du quartorzième siècle et qui est située au milieu des bois, au fond de l’ouest audois.

 

Aligant Georges - 2014.03.20 - La Dépêche.jpgPhotographie : La Dépêche du Midi.

 

* Monsieur Jean-François Vassal, gérant de l’Institut linguistique de Carcassonne, domicilié à la Cité, 11, rue Cros-Mayrevieille, titulaire d’un master en histoire médiévale, biographe spécialiste de Pierre de Voisins. Notre éminent ancien collègue Henri Charles Antoine Tort-Nouguès fut le parrain de Jean-François Vassal.  

 

* Monsieur Jean-Pierre Cassignol, professeur de sciences économiques à l’Institut agricole Saint-Joseph, domicilié Impasse de Naurouze, à Limoux.

 

* Monsieur Philippe Mariou, originaire de Couiza, en activité, agent technique employé par la ville de Carcassonne. Monsieur Mariou est l’auteur de trois ouvrages : Ma passion pour le VTT, son témoignage, celui d’un sportif qui a créé la Birado de Cazilhac où il réside actuellement ; Chroniques d’une France qui s’en va, entre réalité et fiction, nostalgie et humour ; Pleins et déliés de la belle époque, dans lequel il évoque la saga d’une famille parisienne au début du vingtième siècle.

 

Mariou Philippe - 2014.12.08 - Phil. Taka.jpg
Photographie : Philippe Taka.Mariou Philippe - 2014.09.07 - La Dépêche.jpg
Photographie : La Dépêche du Midi.

* Monsieur Jean-Pierre Pétermann, originaire de Montazels dans la haute-vallée de l’Aude, réside actuellement dans un village de la Haute-Garonne, à Auterive. Encore en activité, il exerce la profession d’infirmier diplômé d’État au sein des Hôpitaux de Toulouse. Il s’intéresse à l’histoire de Montazels ainsi qu’au dernier grand conflit mondial, principalement à l’occupation allemande dans notre département. M. Jean-Pierre Pétermann est secrétaire du Groupe de recherches archéologiques de Montségur présidé par  M. Jean-Luc Torecillas.   

* Madame Marguerite Druot, sous son nom de plume Christine Clairmont, est née à Cuxac-Cabardès, dans l’Aude, et elle poursuivit ses études secondaires au lycée de Jeunes Filles de Carcassonne. Professeur certifiée de Lettres, licenciée en Espagnol, elle n’exerce plus aujourd’hui sa profession ; elle est officier des Palmes Académiques et réside à Pamiers, dans l’Ariège. Son œuvre poétique et romanesque est considérable. En 1992, elle fonde l’Association de création artistique et littéraire de l’Ariège. Titulaire de soixante récompenses littéraires, elle a été proposée pour le prix Nobel de Littérature en l’an 2000. Madame Druot est déléguée de la Société des poètes français et fait partie de l’association « Lire et faire Lire ». En dehors de l’écriture, elle s’intéresse à la photographie et au cinéma en milieu scolaire.

 

Clairmont Christine - 2014.11.11 - La Dépêche.jpg
Photographie : La Dépêche du Midi.

26/02/2015

Info-Culture : Au Musée des beaux-arts de Carcassonne, commémoration du bicentenaire du retour de Napoléon de l'Île d'Elbe.

A l'initiative de l'association des
Amis de la Ville de Carcassonne et de la Cité.
http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/archive/2013...

Dans la salle consacrée aux souvenirs de l'Empire et de la Révolution,
la longue-vue qui servit à l'Empereur sera présentée vendredi 27 février 2015
à 17 heures,

pour l'anniversaire du bicentenaire du retour de Napoléon de l'île d'Elbe.
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Photographie: Claude Boyer - Journal L'Indépendant
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Selon une récente découverte dans les archives du Musée,
cet instrument d'optique aurait appartenu à l'origine au capitaine
Thomas Ussher (1779-1848)
 Captain Sir Thomas Ussher.jpg
Celui ci était le commandant de la frégate anglaise "L'Undaunted"
qui embarqua Napoléon à Fréjus vers l'île d'Elbe le 28 avril 1814.
Son navire resta un mois au mouillage à Portoferraio avant de prendre
 congé de l'Empereur le 29 mai.
C'est dans cette période qu'il aurait offert sa longue vue qui porte l'inscription
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"T.Harris & Son London", "Improved, Day or Night" à
G.PEYRUSSE.BNF.jpg
Guillaume Peyrusse (1776-1860), trésorier de Napoléon sur l'Île d'Elbe.
1280px-Beaume_-_Napoléon_Ier_quittant_l'île_d'Elbe_-_1836.jpg
Retour de l'Île d'Elbe (2).jpg
Guillaume Peyrusse, était au côté de l'Empereur, lors de son retour
le 26 février 1815 comme en témoigne le tableau de Joseph Beaune :
"Napoléon quittant l'île d'Elbe"
(Photo: G.Blot / RNM-Grand Palais).
Il embarqua avec lui sur le brick "L'Inconstant".
Retour_de_lIle_dElbe-Garneray-IMG_2247.jpg
Napoléon à bord de "l'Inconstant" croise le "Zephir" par Louis-Ambroise Garneray.
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Dans le journal de Guillaume Peyrusse confié à la bibliothèque municipale,
on relève à la page qui relate la nuit du 28 février 1815 à
bord du brick "l'Inconstant" cette inscription de sa main :

"Sa Majesté rentra dans sa chambre et joua avec le Grand-Maréchal une partie
d'échecs. Je restai sur le pont, pourvu
d'une excellente lunette de nuit.
Je la promenais sur tout l'horizon.
A neuf heures, je vis deux bâtiments.
Je fis part de ma découverte
au capitaine qui, aprés les avoir reconnus,
s'empressa de porter sa
nouvelle à Sa Majesté.
Ma lunette servit à l'Empereur pour

s'assurer de la marche d'une partie de la flottille. La nuit fut calme..."

Sur le document des archives du Musée, ont peut lire:
Donnée par le capitaine de frégate USSHER / commandant "L'Indomptable en
station à l'île d'Elbe à Mr le baron Peyrusse, trésorier de l'Empereur:
"Sa majesté appuyant cette lunette sur / (...l) ep/ aule de Mr Peyrusse.
S'en est servi / (plusieurs fois pour chercher en mer dans la / (...)
1er mars 1815 l'escadrille venant de l'île".
(certains mots sont illisibles).

Guillaume Peyrusse sera au début des "Cent-jours" nommé baron
d'Empire et par la suite maire de Carcassonne de 1832 à 1835.

Cette longue vue sera présentée dans la salle du 1er étage consacrée
aux souvenirs de l'Empire et de la Révolution le
  vendredi 27 février à 17h,
en présence de
l'Association des Amis du Patrimoine Napoléonien, en tenue d'apparat,
de l'Association des Amis de la ville et de la Cité de Carcassonne,
de M. Jean-Louis Bes, adjoint délégué aux affaires culturelles et des élus de la ville,
de M. Gérard Jean, président de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
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Musée des beaux-arts de Carcassonne
1 rue de Verdun et square Gambetta.
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A lire la chronique de Claude Marquié, publiée dans
La Dépêche du Midi du 22/02/2015:
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http://www.ladepeche.fr/article/2015/02/22/2053562-1er-ma...
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http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/archive/2013...

04/09/2014

Réceptions, communications publiques, visite de M. Gérard Larrat, maire de Carcassonne, à l'Académie des arts et des sciences.

Académie des Arts et des Sciences
de Carcassonne

Fondée en 1836
Logo Académie.jpg

Programme de la rentrée académique
Invitation

Mercredi 10 septembre 2014

Auditorium - Ancienne chapelle du collège des Jésuites

16, rue des Études à Carcassonne.

17 h. Gérard Jean - Président

Ouverture de la séance de reprise de l’année académique.

Présentation de M. Edward de Lumley, administrateur des remparts et de la Cité de Carcassonne, à quelques heures de son départ pour Moscou.

Remise du diplôme de sociétaire de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne à M. Edward de Lumley.

17 h. 15 - 18 h. Edward de Lumley

Adieu aux Collègues et aux Carcassonnais.

Intervention sur le thème

« Saint-Pétersbourg, capitale culturelle et artistique de la Russie »

18 h. - 18 h. 45 - Aude Viguier

Communication publique avec insertion dans les Mémoires de l’Académie :

« Exemple d’une sauveté dans l’Aude, Leuc et Villefloure.

L’église Sainte-Foy de Licairac - L’église Saint-Etienne de Casals ».

18 h. 45 - 19 h. Gérard Larrat

Présence de M. le Maire de Carcassonne.

Remise du diplôme de président-né de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne à M. Gérard Larrat.

Remise du Dictionnaire encyclopédique de l’Aude.

19 h. Professeur Henry de Lumley

Discours informel du Professeur Henry de Lumley, Membre de l’Institut.

Remise du diplôme de membre honoraire au Professeur Henry de Lumley.

25/11/2013

Info Culture en Limouxin : Gérard Jean en conférence, Les Carnavals de Limoux, des origines au dix-neuvième siècle et la Partie des meuniers.

 Culture et Patrimoine en Limouxin
Conférence

Limoux, mardi 26 novembre 2013
Gérard JEAN

Les Carnavals de Limoux
Des origines au dix-neuvième siècle
et la Partie des Meuniers
Sceau consuls Limoux.jpg

L’association Culture et Patrimoine en Limouxin, présidée par Pierre Rivière, organisera sa prochaine conférence intitulée : « Les Carnavals de Limoux », le mardi 26 novembre 2013, à 15 heures, salle Louis-Costes à Limoux.
Gérard Jean, président de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne, et de l’association Mémoire historique de Limoux sera son invité. Il viendra présenter en tant qu’historien spécialisé, la première partie de ses travaux portant sur l’ancienneté du Carnaval de Limoux, de son origine au dix-huitième siècle.
L’auteur expliquera le calendrier très complexe du carnaval. Il s’appuiera sur des documents tout à fait inédits, dont certains datent du seizième siècle, afin de soutenir que le culte de saint Martin est aux origines du Carnaval de Limoux.
Puis il démontrera sans trop vouloir heurter la tradition, que la fête des meuniers n’est pas antérieure à la deuxième moitié du dix-huitième siècle et qu’elle ne peut être le fondement de notre Carnaval ; c’était simplement une journée spécifique, très particulière, qui faisait partie du cycle carnavalesque qu’elle clôturait le mercredi des Cendres. 
Une conférence qui devrait être très suivie, à l’heure où le Carnaval de Limoux inscrit au Patrimoine culturel immatériel français, cherche les sources qui pourraient lui valoir la future reconnaissance de l’Unesco.

23/01/2013

Gérard Jean reçu simultanément dans les ordres des Palmes académiques, des Arts et des Lettres, de la Jeunesse et des Sports, le mercredi 23 janvier 2013.

Décorations - 004 - 2013.01.23.jpgDécorations - 010 - 2013.01.23.jpg
Allocution du philosophe Henri Callat.Décorations - 011 - 2013.01.23.jpg
Monsieur Jacques Miquel remet l'insigne des Palmes Académiques.Décorations - 012 - 2013.01.23.jpg
Félicitations de Monsieur Arnaud Ramière de Fortanier, après la remise de l'insigne des Arts et des Lettres.

Décorations - 013 - 2013.01.23.jpg
Madame Annette Eychenne vient de remettre l'insigne de la Jeunesse et des Sports.
Regards complices entre deux anciens sportifs de haut niveau.Académie des arts et des sciences de Carcassonne,Gérard Jean,Palmes académiques,chevalier des Arts et des Lettres,Médaille d'or de la Jeunesse et des Sports

Allocution de Monsieur Henri Callat

 

 Très Cher Collègue et Ami !

 

En l'An de Grâce 1785 – si ma mémoire philosophique ne me trahit pas – un certain Emmanuel Kant, dans un grand classique de la philosophie idéaliste allemande, « Fondements de la métaphysique des mœurs », écrivait ces lignes :

 

« Tout a, ou bien un prix, ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n'a pas de prix, et donc d'équivalent, c'est ce qui possède une dignité ».

 

Au terme d'un regard hâtivement jeté sur votre parcours de vie, Cher Collègue et Ami, il m'apparaît évident, parlant de vous, que je ne puis m'en tenir qu'au seul registre de la dignité !

Kant aurait dit que vous n'avez pas d'équivalent et voilà pourquoi il était urgent de le re-connaître en vous distinguant dans un monde où l'interchangeable, le médiocre et le banal occultent trop souvent ce qui est précieux, et donc ce qui n'a pas de prix !

En effet, cinquante deux années d'activités bénévoles entièrement consacrées à l'enseignement de la Jeunesse, au Sport, à la Culture et à la gestion de la Vie associative me laissent à la fois admiratif et perplexe : quel temps a-t-il pu vous rester pour vous occuper encore de vous-même, de vos enfants, de votre chère épouse, Martine ?

Je pense que les honneurs qui aujourd'hui vous atteignent, à eux seuls, répondent à ma question : votre horizon individuel, je le vois d'ici, se confond finalement avec l'horizon de tous et le fameux « je est un autre » d'Arthur Rimbaud convient parfaitement à la définition de votre identité profonde.

Il est en effet rarissime qu'une telle moisson de récompenses converge sur une personnalité en un laps de temps aussi court. C'est que, peut-être, tous ceux qui, pendant si longtemps, bénéficièrent de votre générosité, ne purent, à un moment donné, que parler d'une seule voix.

Cette unanimité et cet empressement à dire qui vous êtes signent déjà, j'en ai la conviction, la très longue liste de vos qualités.

 

*****

**

 Vous avez souhaité qu'à votre occasion j'aborde aussi et surtout cette belle démarche du Bénévolat qui fut au cœur de vos engagements humains.

Je pourrais me livrer, en évoquant votre « curriculum vitæ » à une longue énumération d'activités aussi variées que non rémunérées, et j'insiste bien sur ces deux aspects de votre engagement. Je ne citerai que les plus significatives, les plus emblématiques !

 

Je vous ai rencontré d’abord… c’était un vendredi… après la fin des cours du collège. Le vendredi 13 janvier 1961. Il y a - presque de date à date - exactement cinquante deux ans. Vous veniez d’avoir quinze ans ! Ce jour-là, très jeune secrétaire général, vous sortiez des bureaux de la sous-préfecture de Limoux où vous étiez venu déposer les statuts constitutifs du club de judo local. Vous signiez ainsi l’engagement bénévole d’un demi-siècle, consacré au mouvement associatif français et au service désintéressé de vos concitoyens.

 

Je vous vois plus tard, en 1968, lorsque trésorier, vous fondez le Comité départemental de l’Aude de Judo ; en 1973, quand vous faisiez naître avec vos collègues, le Comité régional olympique Languedoc-Roussillon, alors que vous présidiez déjà aux destinées du Sporting-Club Limouxin et de ses vingt-cinq section sportives. En 1979, le jour même de sa création, vous devenez secrétaire général du Comité départemental de l’Aude de Ski, vous secondez ensuite dans leur administration, le Comité de l’Aude de Handball et la ligue régionale de Natation.

 

Le Sport et l’Enseignement furent au rendez-vous quasi privilégié de votre conception du bénévolat. Je vous retrouve donc comme nageur de grand fond, sportif de haut niveau, alors que vous venez de consacrer trente ans de votre existence à la formation de la jeunesse en milieu scolaire, universitaire, associatif. Vous luttez contre l’illettrisme, vous encouragez la lecture, vous créez des bibliothèques, vous apprenez les moyens de défense aux fonctionnaires de police, vous initiez les professeurs d’éducation physique au sport nouveau qu’ils découvrent.

 

Et comment ne pas souligner, précurseur de ce qu'on appellerait aujourd'hui la parité, votre difficile combat pour obtenir l'autorisation de faire participer entre elles, pour la première fois en France à titre exceptionnel, les féminines aux compétitions de Judo ? C'était en 1965. Ainsi on ne pourra pas dire que le grand séisme de 1968 vous ait pris au dépourvu !

 

Je crois avoir deviné qu’elle a été la fierté de votre vie ! Certainement celle d’avoir fondé au plan national, puis développé partout en France à partir de 1975, le réseau des Centres d’Information Documentation Jeunesse.

 

Je vous retrouve également au fond du creuset de la Culture, à des fonctions qui augurent bien déjà de l'orientation que vous souhaitiez donner à votre bénévolat unanimement reconnu et couronné le 10 février 2000, par votre élection comme membre résidant de l'Académie des Arts et Sciences de Carcassonne, dont vous assumez aujourd’hui la présidence.

 

Auteur de nombreuses recherches à caractère historique, insérées dans une trentaine de publications, de quelques monographies, d’importantes biographies, vous consacrez maintenant l’essentiel de vos travaux à la mise à jour du Dictionnaire encyclopédique de l’Aude ainsi qu’à la Bibliographie générale de ce département. 

   

*****

**

 

Sur toutes ces activités que je viens sommairement de rappeler, vous me permettrez de porter un jugement de valeur.

J'ai mis cette brève intervention sous le regard de Kant dont votre vie traduit remarquablement la morale de la dignité.

Sans aucune complaisance sur la réalité anthropologique de nos sociétés, un autre grand penseur - il s'agit maintenant de notre Blaise Pascal - nous livre l'une de ses Pensées les plus profondes :

 

« N'ayant pu faire que ce qui est juste soit fort, on a fait que ce qui est fort soit juste ».

 

Il n'est qu'à regarder la marche du monde autour de nous pour nous convaincre hélas ! de son hypocrite actualité !

 

Eh bien vous avez fait mentir Pascal !

 

En effet vous auriez pu fort bien vous en tenir à cette conception disons misérabiliste du Bénévolat et l'identifier, comme on le fait trop souvent, à la seule démarche caritative essentiellement faite de compassion et de pitié ; ç'eut été déjà une très grande chose.  

Mais pour vous ce ne fut pas le cas. Ce piège de l'action humanitaire, vous l'avez évité et pour parler encore comme Pascal, vous avez en permanence fait le départ entre sa « grandeur » et sa « misère » toujours possible.

 

Dans le parcours de vie que je viens trop rapidement de retracer, on vous trouve toujours partout où l'homme tente de se redresser et d'affronter le destin ; vous l'aidez à devenir libre et autonome : le Sport pour vous, ça n'a jamais été celui de la compétition généralisée et de l'argent qui trop souvent aujourd'hui, pour ne pas dire toujours, l'accompagnent et le trahissent à la fois.

 

Ce que je viens de dire de votre présence bénévole en milieu sportif démontre que pour vous la rencontre authentique, le divertissement sain et gratuit, l'émulation entre per-sonnes et non la concurrence et la guerre de tous contre tous, ont été les fils directeurs d'une conception humaniste et « civilisationnelle » de cette activité. Vous avez tenté de promouvoir la belle idée que dans une rencontre sportive l'essentiel n'est pas de gagner contre les autres, mais de se dépasser soi-même avec, et à l'occasion des autres !

 

Vous auriez pu faire dire à votre élève, ce qu'Albert Jacquard entre autres, fait dire au sien dans le dialogue imaginé avec le premier de la classe : - ici celui qui occupe glorieusement le sommet du podium - « merci, parce que grâce à toi, je suis devenu meilleur que je n'étais ; personne n'a gagné parce que tous se sont entraidés ! ».

 

Quant à la Culture, ce fourre-tout contemporain de toutes nos ignorances, comme la définit fort bien un éminent sociologue, elle n'a jamais été pour vous celle de l'apparence et du clinquant, ou de la lourde érudition des prisonniers du court terme, aveugles sur les devenirs et les avenirs, obsédés par le passé révolu. Trop de nos compatriotes hélas ! victimes d'une tragique absence de perspectives historiques, se réfugient aujourd'hui peureusement et paresseusement dans la pseudo culture-rétroviseur d'un passé faussement idéalisé.

Il paraît qu'il n'y aurait rien de nouveau sous le soleil ! Cette fausse sagesse n'a jamais été la vôtre. « Demain » fut toujours votre boussole dans une conception de la Culture totalement étrangère à ces banalités.

Tout au contraire, vous appelez culture authentique ce qui enrichit constamment la pensée en reliant toujours le constat et l'érudition aux finalités sociales et humaines sans lesquelles les mots et la vie perdent leur sens.

Dans le grand désarroi culturel et moral de notre époque on cherche partout des « repères ». Les vôtres vous les avez inventés en inventant chaque jour votre propre route : « Caminante no hay camino, se hace el camino al andar ». Est-il utile de traduire à Carcassonne ces propos d'Antonio Machado le grand poète républicain espagnol qui nous parle toujours de sa tombe de Collioure ? « Ô toi qui marches, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ».

Les vrais « repères » sont ceux qui émergent depuis toujours de l'histoire de nos savoirs, de notre science et de la philosophie qui les accompagne, les traduit et les interprète.

« Ce qui nous fait le plus défaut, écrit Edgar Morin, ce n'est pas ce que nous ignorons, mais l'aptitude à penser ce que nous savons », c'est-à-dire notre santé intellectuelle et morale accompagnée de la joie spinoziste la « lætitia » de ceux qui vivent comme ils pensent et comme ils savent !

 

Quant à l'Enseignement  ce fut très certainement votre plus beau titre de gloire. Je ne re-viendrai pas sur ce qui vient d'être dit. J'invoquerai Victor Hugo pour qui : « ouvrir une école, c'est fermer une prison ».

Vous n'avez pas cédé devant le doute, l'agnosticisme ou la dérision de ceux qui vont aujourd'hui prétendant le contraire, parce qu'avec Victor Hugo, vous avez certainement lu Jaurès, notre grand Jaurès qui, s'adressant à ses collègues, par une belle soirée de juillet 1903, au Lycée d'Albi, à l'occasion de la traditionnelle distribution des prix, leur déclarait : « On n'enseigne pas ce qu'on sait, mais ce qu'on est » !

 

Votre savoir, Cher Collègue, est certainement grand, mais pour ne pas faire erreur je l'apprécierai à l'aune de votre vie.

Souffrez donc qu'encore, pour terminer mon propos, je fasse appel à un autre Grand de la pensée humaine dans le registre de la dignité que je n'ai pas quitté depuis le début : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur » !

Ainsi s'exprimait Beaumarchais s'adressant aux puissants du jour.

Comme moi vous n'appartenez pas à cette catégorie sociale pour qui l'Humanité, comme on dit aujourd'hui, n'est qu'une banale « variable d'ajustement » au monde de leur Inhumanité foncière !

Et voilà pourquoi le blâme - très sévère - que je vais vous décerner n'en aura que plus de valeur : il s'adresse à votre modestie, à votre discrétion, à votre efficacité, à votre total désintéressement dans les actions et la vie qui fut... qui est toujours la vôtre. C'est la vraie parole des hommes libres dans laquelle, avec Victor Hugo, nous pouvons tous nous reconnaître :

 

 « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.

Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.

Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime. »

 

 Je souhaite que cette liberté que je viens de prendre à votre endroit transforme cet éloge – ô combien mérité – en leçon pour ceux qui l'entendent et surtout pour ceux qui vont venir après nous.

 

Carcassonne, le 23 janvier 2013

Henri Callat
Philosophe
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

 

Allocution de Monsieur Jacques Charpentier

Monsieur le Président,
Cher Gérard Jean,

Il y a de nombreuses semaines vous m’avez demandé de vous remettre la médaille de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres dans lequel vous avez été promu le 20 avril 2012. J’ai immédiatement accepté l’honneur de vous remettre cette belle médaille d’un Ordre auquel je suis particulièrement attaché.

C’était sans compter les infortunes de ma santé qui me tiennent aujourd’hui éloigné de vous ainsi que des membres de notre Académie et de tous vos amis.

Que mon absence soit, si possible, pardonnée par vous-même et par tous nos collègues ici présents.

Je tiens à remercier Arnaud Ramière de Fortanier d’avoir accepté de prêter sa voix à ces quelques lignes d’éloges et de vous recevoir au sein de l’Ordre des Arts et des Lettres.

À la lecture de votre biographie on reste impressionné par la multiplicité et la richesse des actions que vous avez menées toute votre vie en faveur de l’action culturelle, de l’action sportive, de l’action enseignante et pour couronner ce brillant ensemble des lourdes responsabilités que vous avez acceptées en devenant l’actuel Président de l’académie des Arts et des Sciences de Carcassonne.

Je vous dois une confidence : depuis plus d’un demi-siècle j’habite Carcassonne et c’est seulement à la publication de votre érudit et passionnant Dictionnaire encyclopédique de l’Aude, paru en 2010, que j’ai découvert l’existence de l’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne, à laquelle je suis fier d’appartenir aujourd’hui.

Vous avez donc été pour cette Académie séculaire celui qui allait la réveiller, bravo et un profond merci pour nous tous.

En effet notre Académie était une sorte de princesse endormie que tel un prince vous avez réveillée pour le plus grand bien des Arts et des Sciences, c'est-à-dire pour l’ensemble de la culture dans l’Aude. Un grand et profond merci d’avoir réalisé ce qui semble être ici une sorte de miracle en mouvement. Il va falloir, malgré les inévitables difficultés, que cet éveil s’épanouisse de plus en plus, grâce à la qualité de ses membres et à celle des travaux présentés.

Avant que vous soit remis cette jeune et belle décoration, créée le 2 mai 1957 sous la présidence de René Coty, sachez qu’avec les Palmes Académiques, le Mérite Agricole et le Mérite Maritime, elle échappera à la disparition de tous les autres ordres ministériels en 1963 par décision du Général de Gaulle qui instituera l’Ordre National du Mérite.

Sachez enfin que cette médaille comporte une singularité : celle d’être la seule décoration française dont l’effigie de la République soit placée à son revers. 

Sans doute on a voulu suggérer que, dans la communauté humaine, l’universalité des Arts et des Lettres est telle qu’elle se répand bien au-delà des limites administratives qui l’ont vu naître.

En vous félicitant d’entrer dans cet Ordre des Arts et des Lettres, dont André Malraux a dit qu’il était «  respecté et envié par tous les artistes, les écrivains et les créateurs », je vous souhaite de tout cœur, à l’exemple de cette médaille, de pouvoir faire rayonner l’Académie des Arts et des sciences de Carcassonne dans notre belle ville et bien au-delà : « Urbi et Orbi. »

Carcassonne, le 23 janvier 2013
Jacques Charpentier
Officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Officier des Palmes académiques
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Allocution de Monsieur Arnaud Ramière de Fortanier

Monsieur le Président et cher Confrère,

Vous m’avez demandé de vous remettre les insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en lieu et place de notre compatriote, Monsieur Jacques Charpentier qui est souffrant.

C’est avec beaucoup d’humilité que je vais lire le texte qu’il a soigneusement préparé pour cette cérémonie à laquelle il attache une grande importance ; nous connaissons tous Jacques Charpentier qui est un de nos grands musiciens contemporains, organiste, ancien directeur de la Musique au ministère de la Culture et de la Communication, puis directeur général du conservatoire de Musique de la ville de Nice, professeur de composition, compositeur par exemple d’une Messe pour tous les temps comme d’un opéra en langue d’Oc : Béatrix. Officier de la Légion d’honneur, il est commandeur des Arts et des Lettres.

Je ne me substituerai pas à lui, mais je ne puis m’empêcher de joindre mes plus sincères félicitations au bouquet d’hommages de ce soir, relevant en tout premier lieu le travail de bénédictin dont vous êtes venu à bout en pas moins de dix ans : cet extraordinaire et incontournable Dictionnaire encyclopédique de l’Aude en deux gros volumes publiés sous les auspices de l’Académie de Carcassonne alors présidée par Jean Fourié. À cet hommage académique je joindrai celui des deux Académies de province dont j’ai eu le privilège d’être un temps le président : celles de Marseille et de Versailles. J’apporte également, en voisin, l’hommage de la Société d’études scientifiques de l’Aude - la SESA - dont vous êtes membre depuis 1996.

Carcassonne, le 23 janvier 2013
Arnaud Ramière de Fortanier
Officier de l'Ordre national du Mérite
Officier des Arts et des Lettres
Chevalier des Palmes académiques

Inspecteur général honoraire des Archives de France
Président de la Société d'études scientifiques de l'Aude

Allocution de Monsieur Gérard Jean

 

Bien chers tous,

Très chers Collègues et Amis,

 

Lorsque je vous ai fait adresser vers la mi-décembre 2012, les invitations à vous rendre à cette bien sympathique cérémonie que vous avez organisé et qui m’honore, j’étais, je peux vous le confier aujourd’hui, un peu inquiet.

La presse, la télévision, la radio et même les réseaux sociaux via Internet, qui gouvernent maintenant notre existence, se déchaînaient pour annoncer la fin du monde proche, auquel nul d’entre-nous ne devait réchapper.

Je ne ressentais pas une angoisse personnelle puisque j’habite avec ma famille aux portes de la Haute Vallée de l’Aude, dans un lieu relativement proche à vol d’oiseau du fameux petit village de Bugarach, qui pouvait suivant les prophéties être épargné par la grâce divine.

Mais j’étais effrayé à l’idée de perdre subitement mes chers collègues de l’Académie ainsi que mes nombreux amis de partout ailleurs. C’est donc avec beaucoup d’émotion, que je vous accueille sains et saufs, pour vous présenter ainsi qu’à vos proches, mes vœux sincères de bonheur, de joie et de prospérité, avec beaucoup de santé, pas mal d’esprit, un peu d’argent et de grands espoirs.

 

Le célèbre compositeur Jacques Charpentier, illustre sociétaire de notre Compagnie, lui-même commandeur, avait accepté avec un enthousiasme exceptionnel pour son grand âge, de me remettre l’insigne de chevalier des Arts et des Lettres. La maladie rare et cruelle qui l’affecte en a décidé autrement. Je vous charge de lui transmettre mes humbles remerciements et de lui rapporter toute l’émotion qui empreint cette petite cérémonie, malgré tout auréolée de son immense culture.

 

L’ordonnance de ce genre de jubilé, veut que l’on s’adresse d’abord aux membres de la famille, à ceux qui ont souffert de vos silences, de vos absences, de vos oublis, à ces monuments d’intérêt et d’indulgence, dont les fruits de l’amour habituels sont remplacés ici par le symbole de ces décorations.

 

Je dédie les insignes de chevalier des Palmes académiques, des Arts et des Lettres, de la Jeunesse et des Sports que je porte maintenant avec honneur et fierté, à ma famille, pour son soutien quotidien, et principalement à Martine mon épouse, dont j’ai usé à l’extrême la patience et les compétences. À mes fils, Patrick et Sylvain, à qui je crois avoir transmis les hautes valeurs de la morale, du travail et de la persévérance. À mes chers parents trop tôt disparus. À mes amis sportifs du monde entier que j’ai côtoyés et respectés dans l’effort. À mes éminents collègues de la culture, des arts, des sciences et des lettres, dont j’ai suivi l’exemple.

 

Une décoration, c’est un cœur que l’on a donné et que l’on vous restitue ! Plus gros, encore plus sensible aux heureux souvenirs de la vie, chargé de l’image indélébile de ce champion que vous avez hissé sur le podium de la gloire ; celle combien émouvante de l’élève qui double votre savoir et vous dépasse en virtuosité. C’est la fierté de cet enfant grandi, oublié depuis sa première année de collège, qui vient vous apporter comme un titre de reconnaissance sa thèse de doctorat ou son diplôme d’ingénieur.    

 

La décoration est une plaie d’où suinte les réminiscences d’expériences vouées au bien des autres, ces moments de joie suprême auxquels succèdent un profond découragement, ces instants de sublime bonheur, ces minutes de grande tristesse qui s’apaisent à force de volonté, de résistances contre l’ambition injuste, la jalousie, la médisance, dont usent depuis toujours nos détracteurs, les ennemis du bien-fondé.

 

Pour les militaires de la guerre, comme pour les civils de la paix, la décoration est une cicatrice, une trace de l’exploit ; un rappel du comportement exemplaire du vaillant qui la porte, gravée sur son corps ; ce peut être la marque physique d’une blessure de tranchée, celle d’un acte de courage, ou simplement l’empreinte du bien public souverainement reconnu par l’État.

 

Une cicatrice, comme une décoration se remarque, elle s’explore et se respecte !

 

Tenez, par exemple ! La prestigieuse distinction de l’ordre des Palmes académiques, la légion violette dit-on, reçue des mains de Monsieur Jacques Miquel, modèle de courtoisie, de compétence dans les arts de la musique et du théâtre, peut vous permettre d’imaginer une lutte incessante contre l’illettrisme, ou bien une victoire sur la délinquance. Au plus près, vous pouvez observer le défilé de cette admirable jeunesse formée pour être studieuse d’où sortira immanquablement la plus belle des vocations.

 

Le très bel insigne de l’ordre des Arts et des Lettres, créé par le célèbre ferronnier d’art, membre de l’Institut, Raymond Subes, que vient de me remettre Monsieur Arnaud Ramière de Fortanier, Inspecteur général honoraire des Archives de France, peut vous laisser comprendre qu’elles peuvent être ma douleur et ma tristesse de constater l’irresponsable atteinte violente portée contre l’intégrité de nos bibliothèques.            

 

Madame Annette Eychenne, gymnaste emblématique s’il en est dans ce département de l’Aude où elle travaille depuis une éternité pour la noble cause du sport, vient d’épingler sur ma veste la médaille d’or, la plus haute décoration, la plus respectable, évidemment la plus enviée dans le milieu associatif de la Jeunesse et des Sports. Puisse cet insigne, gage de haute valeur et d’intégrité, vous laisser entrevoir ma joie indicible à l’annonce du titre olympique obtenu par l’audoise championne Automne Pavia, quarante sept ans après le début de mes combats contre les peu visionnaires dirigeants de la Fédération française de Judo, qui ont mis trop de temps à concevoir, que les filles pouvaient accéder comme les garçons, au sport de haut niveau ainsi qu’à la compétition.

 

Pour terminer, il me reste à remercier, mais de la façon la plus chaleureuse, mon éminent collègue de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne - professeur honoraire de philosophie - qui a su traduire avec les mots superbes du savoir et de l’intelligence, mais avec la finesse nécessaire pour ne pas trop malmener ma réserve naturelle, le total désintéressement qui devrait être le nôtre, dans les actions comme dans la vie.

 

Merci à toutes, merci à vous tous venus parfois de très loin ! Votre présence est le signe d’une fidèle amitié que je me suis toujours efforcé de reconnaître et de conserver.

Cet Auditorium étant placé sous la sauvegarde des Monuments historiques, nous ne pouvons satisfaire de l’intérieur à nos besoins vitaux. La nourriture et les boissons seront servis dans une pièce annexe donnant sur le petit jardin de l’ancien collège des Jésuites.

Je vous y retrouve ! Mais avant je vous traduis en français la devise latine de l’ Académie : « le pain et le vêtement ne suffisent pas », sous entendu, la nourriture de l’esprit est aussi nécessaire !      

  

Carcassonne, le 23 janvier 2013
Gérard Jean
Chevalier des Palmes Académiques
Chevalier des Arts et des Lettres
Médaille d'Or de la Jeunesse et des Sports
Président de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

21/01/2013

Gérard Jean, président de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, simultanément reçu dans les Ordres des Palmes académiques, des Arts et des Lettres, de la Jeunesse et des Sports.

Remise exceptionnelle de décorations

Le mercredi 23 janvier 2013, à 17 heures 30, dans la salle de l'Auditorium, rue des Etudes à Carcassonne, Gérard Jean, président de l'Académie des arts et des sciences, recevra avec la reconnaissance de l'Etat, la médaille d'Or de la Jeunesse et des Sports, ainsi que les insignes de chevalier de l'Ordre des Palmes académiques et de chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.

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Monsieur Jacques Charpentier, qui devait remettre l'insigne des Arts et des Lettres, ne pourra être présent à la cérémonie en raison de son état de santé, il sera remplacé par Monsieur Arnaud Ramière de Fortanier, Inspecteur général honoraire des Archives de France, officier de l'Ordre national du Mérite, officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, chevalier des Palmes académiques.

11/01/2013

Monsieur Eric Freysselinard, préfet de l'Aude, reçu comme sociétaire et président-né, au sein de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

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Photographie : N. Amen Vals - Journal Midi Libre.
Le président Gérard Jean remet à M. Eric Freysselinard, préfet de l'Aude, le diplôme de président-né de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, ainsi qu'un exemplaire du dernier volume des Mémoires de la société.

13/10/2012

Ces femmes et ces hommes qui ont aimé l'Aude : la chronique biographique de Gérard Jean.

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Pierre Marie Jeanne Alexandre Thérèse de Guiraud
Poète élégiaque et dramatique, romancier, philosophe, membre de l'Académie Française.

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L'enfant, Pierre Marie Jeanne Alexandre Thérèse Guiraud, naît à Limoux le mercredi 24 décembre 1788 à l'heure où la grosse "Tercial" de l'église Saint-Martin bourdonne à s'en fêler la panse. C'est un garçon, auquel on a toutefois donné trois prénoms féminins. Peu avant de célébrer la grande messe de Minuit, le curé de la paroisse Bertrand Reverdy, est allé précipitamment par cette froide nuit de Noël à travers les rues de Limoux, afin de confirmer aux parents, Alexandre et Thérèse Laffon, sa seconde femme, que le sacrement du baptême serait solennellement administré au nouveau-né le lendemain 25 décembre, jour de la Nativité, en présence d'Henry Majorel, procureur au Sénéchal. On perçoit là, les prémices d'une destinée qui conduira notre illustre académicien, fervent croyant, à se consacrer aux écrits poétiques, à de nombreux romans chrétiens, ainsi qu'à une Philosophie catholique de l'Histoire en trois volumes qui lui coûta vingt ans de travail.

Le jeune Alexandre, usuellement prénommé comme son père, un très riche marchand de draps, doit sa propension immodérée pour les vestiges religieux, l’amour déraisonnable des vieilles pierres sacrées, sa foi en l’Église tardive mais profonde, aux lieux mêmes de ses jeux, berceaux de son enfance. Il assure ses premiers pas autour du cloître des Cordeliers, il court et s’amuse dans le grand sanctuaire du couvent avec ses demi-frères et sœurs aînés, et plus tard voilà qu’il grimpe et se cache parfois dans son curieux clocher d’où il découvre émerveillé sa ville natale et sa multitude d’églises.

Car depuis le 15 février 1791, le père du garçonnet est devenu en partie propriétaire de tout un quartier de Limoux après avoir acquis en indivision les bâtiments, l’enclos, la source, l’église, le clocher et les dépendances du couvent des Cordeliers mis en vente par l’administration révolutionnaire du district au titre de l’aliénation des biens nationaux. Alexandre Thérèse ne fréquente pas l’école communale, mais il reçoit son instruction jusqu’à l’âge de quinze ans, sous la direction d’un précepteur. Il peut ainsi apprendre les vérités de la religion au moment où tout culte est proscrit de l’enseignement public et prier pour le dauphin prisonnier en étudiant son catéchisme. Au milieu des siens, il fait connaissance avec les classiques, entre autres avec Virgile, qui aura toujours sa prédilection.

En 1803 il va ensuite, sans grand enthousiasme, suivre les cours de l’École de droit à Toulouse. Pendant trois ans, Guiraud étudie la jurisprudence, mais il dérobe des heures nombreuses pour cultiver la poésie vers laquelle il est entraîné irrésistiblement. Il fréquente alors quelques jeunes gens de la haute bourgeoisie à l’esprit distingué, appelés à s’occuper de littérature et de politique, et avec eux, il crée une espèce d’académie qui prend le nom de Gymnase littéraire. Dans ce milieu, où les premiers échanges de l’intelligence et du cœur sont pleins de charme ; à cet âge de confiance et d’épanchement mutuel où la rivalité est encore de l’émulation, il côtoie son meilleur ami, Alexandre Soumet de Castelnaudary, Léon de Lamothe-Langon, un écrivain fécond qui deviendra mainteneur des Jeux floraux de Toulouse, ou bien encore le comte de Montbel, futur ministre de Charles X.

Alexandre Thérèse Guiraud n’a pas vingt ans lorsque son père meurt à Limoux, le 24 mai 1808. Il reçoit des biens considérables et les fabriques de draps qui constituent la meilleure part de son héritage. L’industrie n’est certainement pas son fait ; il n’aime guère s’en occuper, préférant aux soucis des intérêts matériels, un travail plus en rapport avec ses goûts et son penchant pour la littérature. Il se donne d’heureux loisirs et les emploie à rimer, à ébaucher des tragédies, des poèmes et même des systèmes philosophiques. Il est né poète, l’amour des lettres l’emportera.

Jusqu’à la Restauration, Alexandre Guiraud fait à Paris d’assez courts séjours, suffisants cependant pour s’y faire connaître par une Ode à Mme Staël, proscrite en Suisse à Coppet, à qui il destine en 1813 une pièce en vers qui attire l’attention des cercles littéraires. Peut-être même plus que l’on ne le pense puisque le Salon présente l’œuvre admirable du sculpteur Debric, qui immortalise déjà le poète par un buste en marbre dont l’État se porte acquéreur. En 1819, Guiraud adresse à l’Académie des Jeux floraux de Toulouse une ode qui lui vaut une violette, et deux élégies : l’Hymen et l’Exilée de Hartwell. La dernière obtient le prix. Une ode encore l’introduit auprès du grand public. Il chante l’un des premiers, parmi les poètes d’alors, la Grèce luttant contre la tyrannie turque pour obtenir sa liberté. Son Ode sur les Grecs connaît un immense succès ; traduite en plusieurs langues, elle court pendant longtemps les journaux étrangers. La notoriété de Guiraud grandit dans la capitale du royaume, comme dans la république des lettres et on l’attend à Paris avec impatience.

La tragédie de Pélage, qui l’introduit dans le monde littéraire et dramatique, est lue pour la première fois en 1820 chez Mme Sophie Gay en présence de Benjamin Constant. La pièce devait être jouée au Théâtre-Français, mais la censure l’interdit, car elle ne permet pas l’introduction sur la scène de l’archevêque de Tolède, l’un des principaux personnages. Alexandre Guiraud revient souvent en Languedoc. Le 30 septembre 1822, il se porte acquéreur à Limoux, dans l’ancienne rue del Bourguet neuf, du remarquable hôtel de maître ayant appartenu au riche manufacturier Jacques Andrieu, dans lequel s’établira plus tard la sous-préfecture d’arrondissement.

Lorsqu’il traverse le Cantal en 1823, il compose ses Élégies savoyardes qui ont fait plus pour sa gloire que toutes ses pièces de théâtre, ses romans et ses poèmes philosophiques. Il a vu à Paris, ces pauvres enfants venus du fond de l’Auvergne ou du sommet des Alpes de Savoie, obligés de quitter un pays pauvre, emportant une marmotte dans une petite caisse et des outils de ramoneur. Il connaît leur misère, surtout leur ignorance religieuse, et il s’intéresse aux œuvres fondées pour leur venir en aide, auxquelles il verse le produit considérable de ses Élégies. Le roi le remercie et lui fait remettre par le duc de Blacas, une somptueuse épingle sertie de diamants.

En 1824, Alexandre Guiraud est promu chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur ; mais l’année 1826 est heureuse entre toutes pour notre littérateur, poète dramatique. L’Académie Française lui ouvre ses portes avant de le faire pour Lamartine et fait de lui, à trente-huit ans, alors qu’il est encore célibataire, l’un de ses plus jeunes sociétaires. Élu le 10 mai et reçu sous la Coupole le 18 juillet 1826 par le marquis de Pastoret, il occupe le fauteuil 37 de Mathieu de Montmorency, qui s’était illustré, en particulier, comme ministre des Affaires étrangères au Congrès de Vérone. Le 21 août, il épouse à Limoux Marie Elisabeth Espardellier, dont la famille joue un grand rôle dans la vie politique locale, et dès ce moment il s’établit au domaine de Villemartin qu’elle vient de lui apporter, afin d’y passer chaque année, toute la belle saison.

 Charles X donne à Guiraud des lettres de noblesse et le créé baron le 17 mars 1827 pour le remercier d’avoir écrit en collaboration avec Ancelot et Alexandre Soumet, les paroles de l’opéra Pharamond, composé pour le sacre royal. Comme tous les poètes du Cénacle, de Guiraud veut s’occuper de politique. Royaliste en 1820, il le reste après 1830 et n’accepte jamais le gouvernement de Juillet. Il ne craint pas de critiquer la Révolution et cette violence même fait le succès de son roman Césaire. Il souhaite une représentation exacte des trois ou quatre classes qui se partagent la nation : la grande, la moyenne propriété, la propriété manufacturière et commerciale, la propriété intellectuelle. Pour lui, chrétien, le meilleur gouvernement est celui qui provoque le moins d’infractions à la loi divine. Le gouvernement de Louis-Philippe ne pardonne pas de semblables attaques, et parfois, dans les invitations à l’Académie, Alexandre Thérèse de Guiraud est délaissé. Ces oublis volontaires lui conviennent presque, car il n’aime ni les fêtes, ni le monde. Chaque hiver, il revient à Paris, rue d’Artois ou rue Duphot, et volontiers il donne quelques lectures dans les salons. Il fait aussi des voyages, à Meilleraye, en Italie, en Catalogne, pour peindre avec une fidélité scrupuleuse les temps, les mœurs et lieux, mais partout il conserve la nostalgie de son Midi.

Guiraud veut demeurer sur sa terre, dans son château et dans son cloître, pur joyau de l'art gothique ; dont il a fait porter en 1838 les matériaux sur douze charrettes attelées par des bœufs à travers les montagnes, depuis Perpignan. « Ô mon cloître, c'est moi qui, l'automne dernier, t'ai de mes propres mains relevé tout entier ! Et des lourds chapiteaux ai posé les couronnes, sur le fût cannelé de tes blanches colonnes ». Là, dans le silence et le recueillement, il étudie la philosophie et la religion. Le théâtre avait été pour lui un moyen d’atteindre les âmes, comme il le dit dans sa préface du Comte Julien. Le roman lui a permis de manifester des vues philosophiques et surtout des convictions religieuses. La Philosophie catholique de l’Histoire paraît enfin en 1839 et 1841. Guiraud aborde intrépidement les sujets les plus relevés du dogme, et cela avec quelque indépendance, mais il ne manque pas de témoigner de sa foi sincère et de son obéissance aux doctrines de l’Église.

En 1843, il publie un dernier livre de poésie, le Cloître de Villemartin. Il pressent, dirait-on, l’approche de la mort, et il revient dans son cher cloître pour s’y préparer. Il réunit en quatre volumes ses œuvres complètes et leur écrit une excellente préface en 1845, puis il retourne à Paris au mois de juillet 1846. Dès le début de son séjour sa santé décline, son mal s'aggrave rapidement et le poète Limouxin, de l'Académie Française, s'éteint doucement comblé d'honneurs, à son domicile, 14, rue du Cherche-Midi, le 24 février 1847. Ses obsèques ont eu lieu à l’Abbaye-au-Bois, en présence de Victor Hugo qui tenait l’un des cordons du poêle.

Poète dramatique, romancier, philosophe, Pierre Marie Jeanne Alexandre Thérèse de Guiraud voulait être par surcroît apôtre et rendre meilleurs ses auditeurs et ses lecteurs. Le journal l’Univers du 26 février 1847 le constatait au lendemain de sa mort. Il saluait en lui un des plus beaux et des plus nobles caractères de l’époque, un des hommes les plus éminents par le talent et la vertu, par l’inébranlable fermeté de ses convictions religieuses et politiques.


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Buste en marbre de Debric. Alexandre Guiraud, Salon de Paris, 1913. Prêt de l'Etat à la ville de Limoux. Photographie : Gérard Jean.
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Limoux. Monument d'Alexandre Guiraud. Jardin Alexandre Guiraud (Île de Sournies). Photographie : Gérard Jean.
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Alexandre Guiraud. Portrait. Collection particulière. Photographie : Gérard Jean.1695 - Alexandre Guiraud.jpg
Alexandre Guiraud. Portrait. Musée des Beaux-Arts de Carcassonne.

08/09/2012

Communication de M. le sénateur Roland Courteau, du mercredi 12 septembre 2012.

Le risque de tsunamis sur les côtes françaises et en Méditerranée.
Système d'alerte et gestion du risque.

Monsieur Jean-Claude Pérez, député-maire de Carcassonne ; les membres du Conseil municipal ; L'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, Gérard Jean, son président, vous invitent à honorer de votre présence la communication publique, libre et gratuite, qui sera donnée le mercredi 12 septembre 2012, à 17 heures, par Monsieur le sénateur Roland Courteau, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, dans la salle habituelle des séances, à l'Auditorium - chapelle de l'ancien collège des Jésuites - rue des Etudes à Carcassonne.
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M. Claude Seyte, secrétaire perpétuel - M. Gérard Jean, président.académie des arts et des sciences de carcassonne,jean-claude pérez,roland courteau,gérard jean,mercredi 12 septembre 2012,tsunamis
M. le sénateur Roland Courteau.académie des arts et des sciences de carcassonne,jean-claude pérez,roland courteau,gérard jean,mercredi 12 septembre 2012,tsunamis
M. Gérard Jean, président - M. Roland Courteau, sénateur de l'Aude.
Mme Marie-Hélène Fabre, député de l'Aude.
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26/07/2012

Gérard Jean, distingué par Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative.

Jeunesse et Sports.jpgPar arrêté, en date du 14 juillet 2012, Mme Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie Associative, a conféré, en vertu de la discrétion de son contingent et à titre exceptionnel, la médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports à M. Gérard JEAN. Cette prestigieuse distinction, rarement attribuée, vient récompenser l’engagement de toute une vie, pour la promotion du sport, l’enseignement de la jeunesse, et la gestion de la vie associative.
Membre fondateur du Comité régional olympique, sportif de haut niveau, Gérard Jean s’était longtemps battu avec force et conviction, pour ouvrir le judo féminin à la compétition et faire reconnaître ensuite ce sport au niveau olympique. Arbitre international, il officia aux jeux olympiques de Munich en 1972.
Il fut l'un des fondateurs
du premier réseau français d’information, pour les adolescents et les étudiants. Il créa et développa dans l’Aude le Centre départemental Information Jeunesse (C.D.I.J). Secrétaire général, fondateur du club de judo de Limoux, il avait obtenu le grade de ceinture noire 2e dan et le diplôme d’instructeur d’état ; ce qui lui avait permis d’assurer bénévolement, pendant de longues années, l’encadrement technique et la formation des policiers du commissariat de police de Limoux, ainsi que celle de quelques professeurs d’éducation physique.
À la tête du Sporting club Limouxin, il avait favorisé l’émergence de nouvelles disciplines, obtenu l’ouverture de la piscine municipale couverte, créé le Centre sportif de coordination et réintroduit, exploit s’il en est un, le rugby à XV en terre treiziste !
Précurseur sur le plan départemental, il fut trésorier fondateur du Comité de l’Aude de judo ; secrétaire général fondateur du Comité de l’Aude de ski ; secrétaire administratif du Comité de l’Aude de handball et secrétaire de la Ligue régionale de natation.
Gérard Jean était titulaire de la médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports depuis 1975. Il a reçu les prestigieuses palmes d’Or du Bénévolat en 2008, et fit récemment l’objet d’une campagne de publicité nationale, sous le ministère de Bernard Laporte, comme lauréat français des Trophées internationaux du Bénévolat.
Versé aujourd’hui dans le milieu culturel, il assure la présidence de l’association « Mémoire historique de Limoux » et celle de l’Académie des arts et des sciences de Carcassonne. Il vient d'obtenir la reconnaissance de l’état et quatre importantes décorations, pour la durée de son engagement, la polyvalence de ses actions en faveur du Sport, de l’Enseignement, du Bénévolat et de la Culture. Le fait est si rare qu’il doit être remarqué.

 
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 Lauréat français des Trophées internationaux du Bénévolat, Gérard Jean avait été reçu récemment par le ministre Bernard Laporte.