Carcassonne11
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

12/07/2017

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Le Murmure des ans, par Jean Esparbié.

Le Murmure des ans
Jean Esparbié
Roman
Editions Acala - 13 €

Esparbié - Murmure1.jpgEsparbié - Murmure2.jpg
Ouvrage disponible à la vente chez l'auteur.
Consultable à l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jean Esparbié publie un onzième ouvrage, s'ajoutant à des études sur Michel Maurette - l'écrivain-paysan de Caux-et-Sauzens -, des récits autobiographiques, des romans, des chroniques, des textes pour de plus jeunes lecteurs, un recueil de poèmes.

Cette  fois, en passeur de mémoire, inspiré par des personnages ayant réellement existé ainsi que par des faits connus, il livre aux lecteurs la vie romancée d'un être, entre le Gardijol de Gardouch et le canal du Midi à Villefranche-de-Lauragais. On découvre celui-ci enfant dans un milieu modeste. On le suit adolescent respectueux, travailleur, serviable, pris en affection par une jeunette, aimé dans le village. On reste à ses côtés au cours des bonheurs, des obligations, des peines de l'âge adulte au chef-lieu du canton. On partage ses découvertes, ses envies, sa façon de se  comporter par rapport aux coutumes du siècle traversé par la Grande Guerre et des développements touchant le quotidien des populations. On marche derrière son ombre sur les pentes d'un destin entre le monde paysan et la modernité des transports auxquels il joua un rôle salarié en tant que roulier puis de cheminot. On entre dans la famille qu'il compose, sincèrement, fidèlement, avec la foi du charbonnier malgré des détresses physiques, morales, sentimentales, s'ajoutant aux complications sociales des temps que Jean Esparbié évoque à l'occasion en guise de guide censé éclairer les situations. Finalement, ce Paul Gradignan de l'histoire, touche, émeut, suscite des réflexions quant à ses comportements sans omettre des comparaisons d'une époque à une autre, la nôtre, celle de la vitesse, de l'oubli quasi immédiat, de l'indifférence, de l'égoïsme, de dangers répétés sans tenir compte des erreurs du passé.

L'écriture de Jean Esparbié reste simple, claire,  précise, et lui permet un style appréciable. Nul doute que quelque personnage présent dans Le Murmure des ans se retrouvera  tôt ou tard dans un nouvel ouvrage. Jean Esparbié adore ce genre de portrait...

On peut se procurer le livre directement auprès de l'auteur : Tél. 04-68-47-08-07 ou l’acheter à son domicile : 1, rue Germinal - Montlegun - 11090 Carcassonne.

Dès réception d'une commande par courrier accompagnée du chèque correspondant au prix de vente du livre 13 euros, plus 5 euros pour les frais d'envoi, Jean Esparbié adressera l'ouvrage.

Merci de ne pas demander le livre par courriel.

30/08/2016

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Reflets de l'âme, par Louis Ruiz.

Reflets de l'âme
Recueil
Louis Ruiz
Editions Acala
Préface de Jean Esparbié

Format 15 X 21, 424 pages, 2016, 16,50 €Ruiz Louis - Reflets de l'âme1.jpgRuiz Louis - Reflets de l'âme2.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.
Disponible à la vente chez l'auteur, aux éditions ACALA, chez Jean Esparbié.

Préface

La littérature de Louis Ruiz vient sans détour du plus profond de lui. Sa main sert seulement d’instrument à l’esprit qui reçoit l’eau pure de la source intarissable de l’âme. Là, on ne saura jamais comment, les paysans du cœur battent la moisson continuelle des regards de l’écrivain malgré lui afin de déposer dans un sac de velours la quintessence de la vraie vie - par les grains d’or d’une poésie simple, franche, courageuse.
Louis Ruiz aime évoquer plus généralement sa muse, cette fille de Dieu, estime-t-il, exigeante jusqu’à le rendre esclave. Elle le tient. Elle le veut pour elle seule, entièrement, et tant pis s’il en souffre. Rien ne préparait le gamin chassé de l’Espagne franquiste, le travailleur, le mari, le père à se forcer à l’entendre, à l’écouter, à la respecter, à obéir nuit et jour à cette maîtresse afin d’offrir notamment des poèmes à savourer par les lecteurs tels des fruits vermeils mûris près des vestiges du château de Saissac face à la plaine étendue du Carcassonnais au Lauragais, avec pour horizon sublime les Pyrénées grandioses.
De là, revêtu de la toge de la sagesse acquise au fil des ans, ne suit-il point aussi le vol rapide des hirondelles ? Elles filent survoler le monde fou avec le miracle de l’amour au bout des ailes. Les gazouillis des passereaux ne murmurent-ils pas à l’humanité en danger la nécessité de bâtir des nids de vertu pour se protéger des hardes haineuses qui soufflent sur toutes les braises ? Les monstres y traînent des légions de misérables victimes, au péril de la justice, de la liberté, de la paix.
Louis Ruiz sait la brûlante actualité du monde. Il fustige les assassins. Il alerte les gouvernants contre les risques d’explosions terribles dans lesquelles on pleurerait à nouveau les sacrifices de la jeunesse. Il dénonce les hypocrisies choyées au détriment des peuples dans le besoin. Il rejette la paresse. Il appelle à la vigilance. Il dresse des autels à la raison. Il s’interroge sur l’inutilité de la richesse sans partage. Il s’émeut de ces enfants - ses frères de guerre - poussés sur les chemins tortueux de l’exil vers l’inconnu d’une existence déjà affreuse. Il chante la tendresse de ses printemps. Il recommande même d’éviter les pièges des emportements des sens. Il déplore les rigueurs de son hiver, mais les supporte.
Louis Ruiz marche au-devant de nous et ses textes prennent la lumière des étoiles.

Jean Esparbié
Sociétaire de l’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne.
Juillet 2016

28/12/2015

En guise de voeux, par Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Avec mes meilleurs voeux pour l'année 2016 !

Sic transit gloria mundi *

A Josy  

Au calme du matin, un peu avant l'aurore,
Au terme du repos, j'écoute avec plaisir
La chouette ululer ce que j'ignore encore
Des nouvelles du jour, des potins à saisir. 

Je l'imagine assez à l'abri dans les branches
En haut du pin touffu d'un jardin du hameau,
Après le festoiement durant les heures blanches
A la table du ciel des semis aux rameaux. 

Par ses grands yeux frontaux, elle vit à la ronde
Tout le bien et le mal qui font nos sentiments
En deçà des remparts admirés dans le monde
Pour l'histoire des lieux lors des ressentiments.

Je retiendrai surtout dans les cris qu'elle enchaîne
Les récits inspirés à la source des sorts,
Sans penser un instant à quelque fin prochaine
Voire à certains retours plus revanchards des morts. 

Je laisserai chacun, selon sa conscience,
Perpétuer ou non les doutes des Romains,
Les errements du Sud - sans aucune science -
Sur des esprits venus troubler leurs “chers” humains. 

J'évoquerai ici d'une âme créative
Les principaux sujets rapportés en secret
Et vous pardonnerez mon initiative
D'oser analyser ce que je crois concret. 

A ne point arrêter les folles décadences
Nous connaissons déjà l'anéantissement
Malgré tous les progrès au péril des cadences
Dont on ne sait tirer un avertissement.

Dans un pays parfois sous l'éclat d'une bombe
Des corps déchiquetés incitent dans l'horreur
A venger aussitôt d'une “juste” hécatombe
Les pauvres malheureux même au risque d'erreur.                                                

On entend si souvent le cliquetis des armes
Des châteaux ordonnés par les seuls dirigeants
Pas enclins d'empêcher les souffrances et les larmes
A ces peuples frustrés des temps encourageants. 

Au nom d'un culte obscur la légion des vermines
N'autorise jamais la douceur du bonheur
Car il s'agit partout d'anéantir les mines
D'êtres maudits par eux suivant un sens d'honneur. 

On peut se demander quel puissant artifice
Efface quelquefois chez des gens démunis
Les lamentables pleurs voulus en sacrifice
Du marché libéral des financiers unis.                       

Le coeur gonflé d'espoir, les vrais syndicalistes,
Les pieux religieux, les politiciens
Différents des nombreux intrigants populistes
Souhaitent trop réjouir tels des magiciens. 

En dépit des efforts fournis avec adresse
Le désert des besoins, l'océan des tourments
Subsistent pour toujours et la moindre détresse
Étouffe sous son joug les pauvres des moments. 

Les coquines Vénus subliment l'adultère
Dans les bras des Éros dont les gestes d'ardeur
S'accordent quelquefois au climat délétère
D'une sexualité désormais sans candeur. 

On se pâme d'amour, on fonde une famille,
On file vite ailleurs - tant pis pour les enfants -,
On rallume un foyer d'une simple escarbille
Sur laquelle le vent joue des airs triomphants. 

Dans le Midi fougueux, dans l'humide Champagne,
A Paris survolté, à Calais anxieux,
Sûrement n'importe où en ville et en campagne
Éclosent les beautés d'élans astucieux. 

Du tumulte à l'écart, auréolés d'étoiles,
Les lieutenants des cieux creusent profonds et droits
Les sillons du futur qu'ils recouvrent des voiles
Tissés dans la bonté par leurs travaux adroits.                                              

Une parure d'or revêt la résistance
Aux méfaits quotidiens des anges valeureux
Qui mêlent sûrement d'une forte insistance
Les délicats parfums des actes chaleureux.                                              

Des moissons du destin, rechercher la sagesse 
Permet qu'une clarté balise le sentier 
A l'horizon duquel l'éternelle largesse
Du souffle créateur se transmet en entier.

L'oiseau revint ainsi souligner les annonces
Du tourbillon des ans, puis se tut brusquement.
Je trouverai donc seul sur nos fleurs, dans les ronces, 
Le miel comme le fiel à rendre lentement.

* Ainsi passe la gloire du monde

Jean Esparbié    

06/09/2015

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : La Voix des humbles, par Louis Ruiz.

Jean Esparbié présente un essai de Louis Ruiz, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, publié aux éditions ACALA.

La Voix des humbles
Louis RUIZ

  

On l'entend  partout, de Montferrand à Port-la-Nouvelle, du Pic de Nore à celui de Bugarach, au bord du Fresquel ou de la Berre, dans le Lauragais et les Corbières, au moulin du Cugarel ou à l'abbaye de Fontfroide, bien au-delà dans la Haute-Garonne, le Tarn, l'Ariège, les Pyrénées-Orientales, dans l'Espagne qui le vit naître et souffrir d'événements terribles. Il s'agit de Louis RUIZ, poète malgré lui parce que cela vient d'autre part, d'on ne sait où, voulu, imposé par le destin, par le souffle créateur. Ceci le prit à l'âme, envahit l'esprit, força le corps en son entier, le figea devant la page blanche avec pour noble mission de témoigner par écrit, en vers d'abord puis en prose, du temps au cours duquel il chemine. Nul besoin de sortir de grandes écoles, de l'université, pour répondre à cet appel. Les mots arrivent tout droit de cet endroit secret où la vie décante afin de ne retenir que l'ambroisie. Il la livre et ses poèmes ou ses textes divers fleurissent en nos coeurs comme mille coquelicots dans le champ de blé de l'existence. Regardons-les. Embrassons ce qu'ils nous procurent dans la communion des pensées sur le caractère humain dont on ne sent pas toujours la nécessité de le défendre, de le développer, de le chanter plus fort. Des vestiges du château de Saissac, sur l'éperon rocheux en contrebas du village,  Louis RUIZ crie l'amour, le bonheur, la misère, la bonté, l'indifférence, la cruauté. Il glorifie la littérature et notamment la poésie sans laquelle il ne serait pas lui. Il le fait à nouveau avec La Voix des humbles, la sienne pour tous les êtres, généreusement, sincèrement, sans artifices. 

Jean Esparbié

 

28/04/2015

Info-Culture : Le Théâtre Na Loba de Pennautier présente une évocation de l'écrivain-paysan Michel Maurette, par Jean Esparbié.

Na Loba - Logo.jpg
 Théâtre Na Loba de Pennautier

Jeudi 30 avril 2015 à 20 heures 30

« Evocation de l’écrivain-paysan

MICHEL MAURETTE »

Par Jean Esparbié
Sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne

 Ce "Paysan dans l'âme et poète dans l'esprit" nous laisse une œuvre au style d'une originalité évidente"

La plume nette… , il savait la tremper dans l'encre appropriée, ni trop grassement terrienne ni trop romanesque " (J. Robinet).

Ses récits sont "tirés de son expérience humaine " dont "les pages qui la composent traduisent des pulsations secrètes ".

Lectures de l’œuvre par Valérie Schlee

Accompagnement musical de Vincent Prost.

 Entrée libre

Maurette Michel.jpgacadémie des arts et des sciences de carcassonne,michel maurette,jean esparbié,théâtre na loba,pennautier

28/01/2015

Trois nouveaux sociétaires, admis au sein de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, au cours de la séance du mercredi 14 janvier 2015.

Au cours de la séance mensuelle du mercredi 14 janvier 2015, trois personnalités du monde littéraire présentées par Jean Esparbié, ont été reçues sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne : Mme Michèle Chapuis-Maurette, qui n’est autre que la fille de notre ancien éminent confrère Michel Maurette ; M. Louis Ruiz ; et M. Germain Blanc-Delmas.

Michèle Chapuis-Maurette.
Elle offre régulièrement des textes rédigés, ou plutôt ciselés dans « l’amer » de l’existence. Elle les écrit sous la sage dictée de l’âme vibrante au secret du velours des ans, par l’encre divine de l’esprit habitué à ressentir l’intime profondeur des siens. Elle comble ainsi de souvenirs, de joies, de peines le « noir » de l’état qui l’obsède toujours, l’angoisse parfois, lui fait peur quelquefois. Elle se rappelle le père, venu du temps des loups. Elle chérit la mère qui voulait « exhorter la sève du printemps ». Elle écoute le vent. Elle se souvient du passé. Elle donna plus d’une dizaine de recueils dont : Images et Regards, Ombres et Lumières, Morceaux de vie.

Louis Ruiz.
Rien ne le préparait à la littérature. Il osa devenir un « esclave soumis » aux lois de la rime. Ses vers sortent de sa ténacité, se transforment en une « offense, un délit » et en une « insulte ». Les mots qu’il utilise reflètent un esprit sensible, un homme de cœur. Dès le matin, son âme prend l’envol pour des lieux inconnus afin de cueillir avec la fleur à peine éclose « quelques vers, surpris, encore à moitié nus ». Dans la Montagne Noire, Saissac d’où l’on admire la plaine du Carcassonnais au Lauragais, avec au fond les Pyrénées, compte un poète. Il publia notamment : La Retirada, Beauté crépusculaire, Le Prix d’un serment.

Germain Blanc-Delmas.
Il apprit à aimer le site de Rennes-le-Château grâce à ses parents dont le père fut le maire durant de nombreuses années. Germain Blanc-Delmas vécut les événements qui ont agité la population du village durant les années 1950-1960. Il dit avoir du mal à reconnaître la petite cité rendue si prisée par l’histoire de l’abbé Bérenger Saunière autour de l’église dédiée à Marie-Madeleine. Avec une infinie tendresse, il évoque dans ses écrits l’enfance, l’adolescence, la vie toute simple des paysans perturbés par les chercheurs du trésor du célèbre curé. Le sens poétique s’accorde au sérieux du passionné d’histoire qui donna : Chroniques sur Rennes-le-Château, le Crâne percé d’un trou.

11/01/2015

La France visée, la Franche touchée, la France blessée, par Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Drapeau français.jpg

         La France visée, la France touchée, la France blessée, la France à genoux, la France bouleversée, mais la France qui est, la France qui résiste, la France qui panse ses plaies, la France qui se drape des couleurs de la République, la France qui poursuit son Histoire avec l'héritage de ses valeurs et les musiques de la Liberté. Rien ni personne ne la soumettra aux affres des folies d'une armée se réclamant de quelque doctrine injuste. Ceux qui voudraient ébranler les bases françaises jusqu'à les détruire ne réussiront pas, parce que dans ses diversités le peuple de France sait imposer sa citoyenneté. Il se lèvera toujours, comme aujourd'hui après les actes terroristes sanglants venant de transpercer des corps et des cœurs. D'une même voix, nos femmes, nos hommes, nos enfants chantent la Marseillaise de nos combats, de nos épreuves, de nos victoires pour que vive la France dans le souvenir de ceux qui ont péri pour ce qu'elle représente.

 

Jean Esparbié

Académie des arts et des sciences de Carcassonne,Jean Esparbié,la France visée,la France touchée, la France blessée

29/12/2014

Sinon que la parole... les voeux de Jean Esparbié !

En guise de carte de voeux pour l'année nouvelle, j'ose après plusieurs occasions offrir enfin aux miens ce texte écrit voici déjà longtemps. Certes, il s'écarte du sérieux habituel, cependant en cette période de morosité évidente, qu'il permette quelques sourires en pardonnant mon audace exceptionnelle.

 

Sinon que la parole.jpg

 * Le roseau, une expression du Languedoc afin de désigner le roseau bandant ou la carabenne du côté de Limoux, l'oisel (l'oiseau) et j'en passe des plus directes, bref chacun comprendra de quoi je veux parler s'agissant de l'anatomie.

10/10/2013

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : deux nouveaux ouvrages de Jean Esparbié, L'Arbre bleu et Minuscules.

Deux d’un coup pour Jean Esparbié !

En cette rentrée littéraire, en faisant attendre un roman, Jean Esparbié propose deux recueils : L'Arbre bleu et Minuscules  parus aux éditions Acala.
Les textes de L'Arbre bleu se lisent selon l'ordre chronologique commun à tout ouvrage ou en fonction d'un choix particulier dicté d'après les titres des récits. En prose ou en vers, les sujets traités évoluent en tenant compte de l'âge de la muse cachée dans le feuillage de la plante aux dimensions imaginaires. Un parent attentionné racontera une “histoire” avant le câlin au coucher du descendant adoré. Un enfant poursuivra l'apprentissage de la lecture en ânonnant les lignes sur les ballons, la grenouille Crapinette, des hirondeaux. Grandet, il découvrira l'école primaire d'autrefois, il entrera dans la Cité de Carcassonne, il approchera des personnages historiques. Enfin, il ouvrira la porte du bureau de l'aïeul - comme Marine, la fillette omniprésente dans ce livre -, il regardera des animaux, il s'attardera auprès du charretier de la campagne Les Mille Épis sur les terres du Lauragais. Quant à l'aîné, au fil des pages, il éveillera en lui des souvenirs, il se laissera aller à des rêveries, il cueillera des fleurs champêtres afin d'emplir son cœur de parfums enfantins...
En traversant les décennies, au pas lent du laboureur d'antan, Jean Esparbié creuse de longs sillons dans lesquels en témoin enclin d'humanité, il sème des graines de réalité et de rêve. Le vent capricieux de l'esprit, le souffle doux de l'âme guident ses regards attentifs sur les êtres les plus divers de la société. Il décrit des pans de leur vie avec sincérité, justesse, pudeur, humour parfois, d'un style simple quoique ciselé. Rassemblés sous le titre de Minuscules parce que courts, les cinquante chroniques de ce recueil dénotent la volonté de l'auteur - secrétaire de l'Univers - d'apporter sa contribution à l'enrichissement de la mémoire collective de son temps. On lira ainsi des lignes sur le mas del Faitg où l'ami Michel Maurette - l'écrivain-paysan - vint au monde, une farce aux agents, un mécano, la galanterie française,  l'eau et le vin, une parade, un canari, un mécénat, la gloire du grand cassoulet, une Cucugnanaise,  la Baronne, la pince monseigneur, une revendication, une capote, un bond de géant, un havre, une poétesse bien connue en terre audoise...

 

Esparbié-Minuscules.jpgOuvrage disponible chez l'auteur (Tél. 04.68.47.08.07).
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

 

Jean Esparbié
"L'écriture toujours"


 

"Le cers violent et froid rabattait les épaisses fumées qui rampaient vers la campagne proche de la petite ville du Lauragais. Les yeux encore mi-clos malgré l'heure déjà avancée de ce premier jour de l'an, les gens trottinaient pour aller présenter leurs vœux aux parents, amis et voisins... quand trois coups retentirent au clocher de la collégiale Saint-Michel, je poussai mon premier cri. “Comme prévu : un mâle!” s'exclama l'oncle Eugène." 

Jean Esparbié relata ainsi sa naissance dans Les Matins resplendissants - livre de souvenirs publié par L'Amitié par le livre en 1992. De "sa" ville de Castelnaudary, du Lauragais de son enfance, il ramena des récits divers, simples, réalistes.

Dans Les Vertes années - paru aux éditions Acala en 2006, Jean Esparbié rapporta des anecdotes du collège de Carcassonne. On relèvera entre autres celles concernant Claude Marti-le chanteur occitan-et Max Savy-le peintre renommé. On retiendra particulièrement la leçon déterminante de monsieur Georges Bruyère-le dévoué professeur d'espagnol. Il dit quelques mots sur François-Paul Alibert, Gaston Bonheur, Joë Bousquet, Joseph Delteil, Jean Lebrau, Michel Maurette. Jean Esparbié caressa le rêve de rencontrer celui-ci. L'amitié dura jusqu'à la mort de l'écrivain-paysan à qui Jean Esparbié consacra de nombreux articles parus dans la presse et deux études : Du Sillon à la ligne en 1989 (publiée avec le concours du Conseil général de l'Aude) et Le Rêve du laboureur en 2005 aux éditions Acala. Michel Maurette, dit Jean Esparbié, "travaillait la terre et cultivait la poésie".

Avec Le Lapin blanc, aux éditions Acala en 2005, Jean Esparbié s'adresse aux lecteurs à partir des balbutiements de la lecture. "Cette nuit-là, le vent fripon épousa la lune fantasque au milieu d'un long cortège d'étoiles scintillantes et, de cette hyménée, naquit un magnifique lapin blanc qu'une large salopette habilla convenablement."

Jean Esparbié rassembla des poèmes en 2007, aux éditions Acala, dans Portes et Fenêtres. Henri Heinemann-lauréat de la Société des poètes français-en signa la préface en rendant hommage à "un poète cultivé, sensible et talentueux". L'auteur  lit ses textes au cours de rencontres poétiques, d'après-midi ou de soirées récréatives. Dans sa Lettre à Marine il écrit notamment :


 

" Au miroir du regard je devine ton âme

Dans un écrin d'amour que les oiseaux des cieux

Tissèrent pour toujours à l'abri de la trame

Dont le feu ravageur brûle déjà mes yeux."


 

En 2009, au éditions Acala, Jean Esparbié publia La Fille du vent. Par ce roman, il s'intéressa à Flore, la fifille née de la communion de ses parents adoptifs. Dans un pays d'Asie, en s'élevant dans la nuit face à une guirlande d'étoiles, l'avion sembla creuser un sillon droit, profond, long, entre le passé obscur, malheureux, dangereux de Flore et son avenir pour lequel ses ascendants de cœur chérissaient de magnifiques espérances. Flore devenait leur fille, le fruit merveilleux de l'amour.

En 2011, aux éditions Acala, Jean Esparbié donna Les Fruits de la terre. Dans ce roman, il relate la vie d'un paysan, né au mois de mai 1915 à l'Emboyer - une ferme située dans le Tarn. D'une exploitation à une autre, jusqu'au domaine de la Fontasse, près de Bram, en terre audoise, à la ronde des saisons, Armand Lautrec excita partout l'admiration. S'il endura bien des souffrances, il se montra toujours simple, courageux, vaillant, déterminé, responsable, aimable. Il sema des graines de vérité pure dans le terreau de la noblesse de l'amour.
En 2013, aux éditions Acala, Jean Esparbié prit des textes en prose ou en vers et les livra à ses lecteurs sous le titre L'Arbre bleu. Là, les sujets traités évoluent en tenant compte de l'âge de la muse cachée dans le feuillage de la plante aux dimensions imaginaires. Un parent attentionné racontera une de ces “histoires” avant le câlin au coucher du descendant adoré. Un enfant poursuivra l'apprentissage de la lecture en ânonnant. Grandet, il découvrira d'autres univers avant de pousser la porte du bureau de l'aïeul, comme Marine, la fillette omniprésente dans ce recueil.

En 2013 toujours,  avec Minuscules, Jean Esparbié montra les longs sillons dans lesquels en témoin de l'humanité, il avait semé des graines de réalité et de rêve. Les cinquante textes de cet ouvrage dénotèrent la volonté de l'auteur - un véritable secrétaire de l'Univers - d'apporter sa contribution à l'enrichissement de la mémoire collective de son temps. On découvrira des pans de la vie des êtres les plus divers de la société, ceci avec une écriture juste, pudique, amusante parfois, d'un style simple quoique ciselé. Jean Esparbié se définit comme un militant de l'écriture.

Esparbié-Arbre bleu.jpgOuvrage disponible chez l'auteur (Tél. 04.68.47.08.07).
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

21/03/2013

Le Rêve du laboureur, par Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jean Esparbié
Le Rêve du laboureur
Editions Acala

Rêve du Laboureur.jpg
Ouvrage disponible chez l'auteur.
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Jean Esparbié ressentit le besoin d'écrire bien avant l'adolescence. "Ceci venait de loin, dira-t-il, en tout cas d'ailleurs". Un être immatériel semblait du fond de lui, le pousser à raconter des choses de la vie. Il fit un long apprentissage au cours duquel il rencontra l'écrivain-paysan Michel Maurette. De l'amitié qui en résulta, Jean Esparbié écrivit de nombreux articles de presse sur son aîné, puis lui rendit hommage dans une plaquette intitulée du Sillon à la ligne. Au détour de son travail littéraire, Jean Esparbié évoque à nouveau l'auteur qui marqua son destin.

Né le 1er janvier 1949, à Castelnaudary, dans le Lauragais audois, Jean Esparbié rencontra Michel Maurette en novembre 1964.
Jean Esparbié publia :
Du Sillon à la ligne, Michel Maurette, étude publiée chez Gabelle à Carcassonne, avec le concours du Conseil général de l'Aude.
Les Matins resplendissants, à l'Amitié par le Livre.
Le Lapin blanc, aux éditions Acala.
Il publiera :
Les Vertes années.
Il prépare :
La Fille du Vent (récit)
Portes et Fenêtres (récits en vers)
Minuscules (courtes nouvelles).

07/03/2013

6 mars 1973 : quarantième anniversaire de la disparition de Michel Maurette. Jean Esparbié se souvient !

Michel Maurette, aux labours du temps.

 

            Les Maurette habitaient près de Serralongue, au mas del Faitg1 autour duquel hurlaient les loups tenaillés par la faim. Salvado portait la blouse bleue-noire et empesée des maquignons”. Rosine, aux grands yeux couleur de feuille tendre, - l'ancienne sandalière de la Badie, devenue sa femme - menait le ménage. Dans une chambre minuscule, mal éclairée par une fenêtre étroite, aidée par Marie Colls - l'accoucheuse à la réputation de sorcière -, le dix-neuvième jour du mois de juillet 1898, elle mit au monde un garçon. On remarqua ses longs doigts de laboureur et, dès lors on s'empressa de tracer le destin de celui que les parents prénommèrent Michel. Rien ne contredirait cette appréciation...

            Tout jeune, l'enfant participa aux corvées de la ferme, souvent pénibles. Où pouvait-on mieux vivre ? La question amena la famille à déménager à plusieurs reprises. On casait les meubles dans la charrette et l'on partait ballottés par les cahots de la route pour une autre aventure, là où se dressaient des horizons nouveaux. Quant tout était perdu, s'il restait encore un cheval, l'honneur était sauf.

            Michel Maurette aborda le monde par le chemin de la clairière”. Il fit ses humanités dans les champs, ne rapporta de sa prime jeunesse que des contes et des chansons”. Tôt, écrire lui sembla une chose merveilleuse. Cependant, il tenait secrète sa passion de peur de susciter la risée générale. Le père ne le vilipendait-il pas en affirmant qu'il écrivait aux ministres ? Michel Maurette pensait plutôt s'adresser aux dieux... Il fallait subir les duretés de la modeste existence de la paysannerie, tout en caressant le rêve de témoigner par écrit des labours du temps.

            L'armée réclama le jeune homme en 1917 ; il porta l'uniforme jusqu'en 1920. Cinq ans plus tard, il épousa Andréa Mazard. Elle lui donna d'abord Michèle. Les Maurette séjournèrent à Lyon, puis vinrent au mas Pams-Cabestany près de Perpignan. En 1928, ils arrivèrent dans le département de l'Aude à Escorges. En 1932, ils s'installèrent enfin à Caux-et-Sauzens dans la bâtisse de l'exploitation qui deviendra : Le Clos-Saint-Michel. En 1935, Michel Maurette se laissa élire conseiller municipal, puis ceignit l'écharpe de maire en 1945. Il ne la quitta qu'en 1971. Il présida aussi jusqu'à son décès la Société mutualiste du village. Il aimait celui-ci, à quelques kilomètres de la préfecture où “l'action dirigeante ne se montrait pas inquiète du dépeuplement des campagnes reculées. Ainsi en allaient déjà les mœurs technocratiques...

            Michel Maurette travaillait donc la terre et cultivait la poésie qui, en ce monde rude et si sombre lui apparut tôt comme une lumière surnaturelle et une bénédiction. Le soir, après le labeur, lorsque la maisonnée dormait, il rédigeait des textes traduisant des pulsions intimes, ainsi que l'expérience humaine. Combien de cahiers d'écolier remplit-il avant de se satisfaire de quelques nouvelles rédigées au cours des années 30 avec la sueur de l'esprit et le sang de l'âme ? Malgré la fatigue de la journée dans les champs ou les vignes, il s'agissait pour Michel Maurette de préparer des récoltes différentes... Les plus grands - tels Rosny aîné, Paul Valéry, Colette goûtèrent la qualité exceptionnelle de Colla de gitans qu'ils récompensèrent par le prix Marianne en 1939, une année après le bonheur de la naissance de Lucile. La rencontre avec Joë Bousquet - le visionnaire de la rue de Verdun, au bas des remparts carcassonnais, qu'il verra glisser dans le cercueil par petites saccades comme à la parade - ouvrit une étape capitale dans l'exercice littéraire de Michel Maurette.

            La Crue parut en 1949. Elle conquit les lecteurs, les enthousiasma. On couvrit aussitôt son auteur de lauriers. Il venait de décrire magistralement l'aïgat terriblement meurtrier de 1940 dans les Pyrénées-Orientales. À juste raison, elle passera pour l'œuvre maîtresse de Michel Maurette. Joë Bousquet affirma voir Michel Maurette adhérer au mouvement”. Pour Ludovic Massé - l'auteur perpignanais - ce livre mettait Michel Maurette au-dessus de beaucoup d'écrivains”. La  magistrale évocation, ainsi désignée par Jean Lebrau - le poète de la Corbière -, saisit notamment Pablo Casals - le musicien de Prades -, François-Paul Alibert - menant une vie de Job dans une petite maison de la ville basse à deux pas du fleuve Aude... Michel Maurette n'en resterait pas à cette virile entreprise, soulignée par le pétillant Joseph Delteil - le pilier de la Tuilerie de Massane à Montpellier, le prêtre de la rêverie sur les bords de la Rigole à La Galaube dans la Montagne Noire. Maintes fois rééditée, traduite en Catalan, on ouvre toujours La Crue sur un événement dramatique se déchaînant contre la nature, les êtres, les biens. Jean Camberoque aimait à dire qu'aucun journaliste n'aurait pu ressentir totalement cette catastrophe au fond de lui-même et en rendre compte comme Michel Maurette.

            Le ton changea avec Le Temps des merveilles(1950). L'écrivain-paysan laissa Lucile guider son cœur. Elle sautilla autour de sa plume tel un oiselet et emplit les textes de la fraîcheur de l'insouciance, des joies de l'enfant atterrie à l'étoile. Jean-Louis Vaudoyer de l'Académie française écrivit à Michel Maurette :Cet album d'esquisses touche, émeut et charme par sa tendresse, par sa malice, par le parfum d'amour qui s'en exalte”. Tout fut dit en cette phrase.

            Dans Le Clos-Saint-Michel(1955), Michel Maurette prend les traits de Fougerand, attaché à la terre, fort d'une volonté inépuisable, gonflé d'espérance. Fougerand laboure, taille, sème, récolte, vendange... En retrait des successions de joies, de déceptions... Michel Maurette le suit, le comprend, le dessine intimement dans un bouquet de nouvelles aux couleurs de sa campagne, le centre du monde. Lors de cette publication, Joseph Delteil remercia  Michel Maurette en lui disant qu'elle sentait la vérité, la terre, le coeur de l'homme”. Il ajouta : C'est plein, c'est large, c'est le pain complet, ça vous rentre irrésistiblement dans les moelles”. Marcel Arland, de l'Académie française écrivit à Michel Maurette :l'on s'ouvre à ce livre comme à un chant l'un des plus graves et les plus émouvants....

             Pour Jean Camberoque, l'illustrateur des ouvrages de Michel Maurette, celui-ci se livra entièrement dans l'Enfant des Loups (1968). Effectivement, Michel Maurette se raconta sans détours, d'une écriture sûre, fine, roulant comme les galets de la Têt, parfumée des senteurs de la lande au milieu de laquelle se trouvait le gros mas décrépit et nu, puis éclairée par le soleil du Roussillon qui captivait Salvado. Jean Rousselot, alors président de la Société des gens de lettres de France reconnut en Michel Maurette la frémissante et comme inquiète soif de réelle connaissance. Il poursuivit que :Si un nouvel humanisme doit jaillir des ruines de l'ancien, il sera l'œuvre d'autodidactes du type Maurette, pour qui l'accumulation de ce qu'on appelle le "bagage" est une cause d'angoisse plutôt que d'autosatisfaction et qui, au fur et à mesure qu'ils se cultivent, comprennent que toute nouvelle conquête n'est qu'un pas de plus vers une indicible exigence. Je trouve la définition juste et l'Enfant des Loups en reste une preuve évidente.

            Au roman paysan succéda Le Rêve d'écrire (1970), venu, disait volontiers Michel Maurette de loin, de très loin, peut-être de plus loin que l'enfance parce que cela devait être écrit. De la bordure de la frontière espagnole à la campagne carcassonnaise, celui qui écrivit, cet autre - déléguant dans la vie le laboureur - se montra “exigeant, tyrannique et fantasque”. Les sillons se prolongèrent par des lignes dont la teneur et la beauté pure amenèrent Michel Maurette dans l'univers culturel. Michel Maurette dressa quelques portraits d'amis dans Le Rêve d'écrire. Il soutint François-Paul Alibert dans les bras en ses derniers instants. Il compara André Blondel à un génie des fontaines et des bois. Il affirma que Jean Lebrau tenait la place d'un saint. Pour l'écrivain-paysan, Pierre Reverdy rédigeait dans l'avenir, des poèmes qui étaient le reflet de son passé,. Il glorifia Jean Camberoque né peintre. Il désigna Pierre Loubière tel un “poète royal. Il supposa avec raison que le temps éclairerait l'œuvre d'une rare intensité de Joë Bousquet.

            En guise d'au revoir, en résistant courageusement à la maladie, Michel Maurette diffusa Les Nains (1972), de courtes nouvelles par lesquelles on retrouva dans ce bouquet de fleurs des champs toute la fraîcheur, tous les parfums du livre Le Temps des merveilles.

            Indirectement, un enseignant d'espagnol, à qui je dois une éternelle reconnaissance, suscita ma rencontre avec Michel Maurette au cours de l'après-midi du 11 novembre 1964. Elle débuta une amitié que la disparition de Michel Maurette, le 6 mars 1973, suspendit sans jamais détruire. Lorsque j'écris, j'imagine parfois l'homme exemplaire à mes côtés. Il m'incite à refuser la facilité, me désigne la sagesse à découvrir. Je ne manque pas l'occasion de remémorer Michel Maurette partout où l'on m'invite à le faire.

            Dans le cimetière de Caux-et-Sauzens, Jean Lebrau certifia que Michel Maurette habiterait dans les étoiles, éclairé par la lumière qui traverse la nuit.

            Il nous reste l'œuvre à relire ou à découvrir et les souvenirs pour beaucoup d'entre nous. Quarante années après, le poète survit au laboureur...

 

             Jean Esparbié

 

Note : Jean Esparbié publia en 1989, avec le concours du Conseil général du département de l'Aude : Du Sillon à la ligne : Michel Maurette, Gabelle, Carcassonne. Ce livre est aujourd’hui épuisé. Il donna aussi Le Rêve du laboureuren 2005, aux éditions Acala, encore disponible chez l'auteur.

Jean Esparbié

1, rue Germinal

Montlegun

11090 Carcassonne

04.68.47.08.07

jean.esparbie@orange.fr



[1] - Le hêtre.

21/12/2012

Jean Esparbié adresse ses voeux aux sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, avec un petit poème d'actualité !

BUGARACH


Pourquoi céderions-nous à tous ces faux apôtres

Qui s'appliquent parfois d'un air talentueux

A prédire la fin, malgré les patenôtres,

Du monde négligé des gens peu vertueux ?

 

Laissons déraisonner la foule des adeptes

Des milieux les plus fous et suivons les chemins

Au bout desquels enfin, en pénitents ineptes,

Nous solliciterons d'éternels lendemains.

 

Jouons à l'unisson pour l'univers une ode

Dans les tourments du jour que les historiens

Écriront à jamais sur notre terre d'Aude

Où nombre d'inspirés deviendront faubouriens.


Ceux-là voudront gravir par crainte la montagne

A l'abri soi-disant des destructeurs du ciel

Censés intervenir dans l'ultime campagne

Du bien contre le mal: but providentiel.

 

Apprendront-ils qu'ici, au soleil des mémoires

Jupiter écouta Bug monté sur Arach

Et posa ce rocher protégeant des déboires

Des vents du lieu depuis dénommé Bugarach ?

 

Dormez en paix gripets (1), le calme du village

Avant l'an reviendra sans doute pour longtemps

A moins d'un tremblement dans le sombre sillage

Des folles du logis ou du maître du temps.


1. Les lutins.

Jean Esparbié.

 

Et à l'an prochain, avec mes meilleurs voeux !

03/12/2012

Info Culture : Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, conseille le recueil de Mme Michèle Chapuis-Maurette : Chariot des âmes perdues.

Chariot des âmes perdues

de Michèle Chapuis-Maurette 

Chez les Maurette, le besoin d'écrire s'imposa comme une évidence. Ceci vint sans doute d'ailleurs. De la montagne catalane où en bande les loups hurlaient de faim autour du mas familial, au Clos Saint-Michel en pays d'Aude, Michel Maurette - le fils de Salvado, dur tel les mammifères carnassiers et de Rosine “aux yeux couleur de feuille tendre”, traça des sillons des champs ou des vignes au soleil du rêve littéraire. Il travailla la terre, cultiva la poésie imprégnant une œuvre magistrale. Michèle Chapuis-Maurette - la fille de l'écrivain-paysan - traduit des pulsions intimes par des poèmes d'une sensibilité remarquable. Elle murmure les battements du cœur. Elle crie les tourments. Elle appelle le mari défunt. Elle couche sur des pages immaculées des larmes d'or, des caresses inoubliables. Le dernier ouvrage, le onzième, Chariot des âmes perdues, paru à la librairie-galerie Racine à Paris, confirme une nouvelle fois les talents de la poétesse. Elle offre “tous ses mots”, même s'ils ne savent plus que la parole soigne. Elle les immortalise “ sur un ciel vide dans l'humeur altérée d'une vie révolue afin d'effacer l'absence, de repousser la souffrance. Elle cherche surtout obstinément l'époux disparu, l'éclat de son visage. Elle l'attend dans le “brouillard des souvenirs”. Elle le croise en chemin. Elle le suit “dans les étoiles, parmi les vagues, la nuit le jour”. Elle l'espère dans « l'éternité ». Si le “vent de liberté souffle sur le langage”, il “tord le gris des années” jusqu'à faire découvrir à l'ami lecteur le “diamant” universel qui brille du sol aux astres afin d'éclairer les secrets du verbe aimer. Pour Michèle Chapuis-Maurette, chaque texte devient une image dans le miroir de l'existence.

Jean Esparbié.

 académie des arts et des sciences de carcassonne,jean esparbié,michel maurette,michèle chapuis-maurette,chariot des âmes perdues
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

La vie dans le silence

... Il haletait de plus en plus.
Il avait arrêté la mort pour m'attendre.
Lui qui ne parlait plus déjà depuis quelques heures, il parla encore.
... Il parla pour me souhaiter une bonne chance. "Bonne chance"...
Il martelait lentement ses paroles, il hachait les mots pour tout leur faire dire.
Il sembla dès lors que la paix était entrée en lui.

Michel Maurette
(L'Enfant des loups)

31/12/2011

Les voeux de M. Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, membre de la commission littéraire.

Le fichier au format Pdf est consultable en cliquant sur le lien ci-dessous :

Les voeux de M. Jean Esparbié

08/11/2011

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Les Fruits de la Terre, de Jean Esparbié.

La Grande Guerre dévastait tout. A L'Emboyer - une ferme située à Aguts dans le Tarn - en cette soirée du premier jour du mois de mai 1915, l'accoucheuse délivra Antoinette Lautrec du cinquième enfant : un garçon. Les siens le prénommèrent Armand Alfred. Dans Les Fruits de la Terre, Jean Esparbié relate son existence, d'une exploitation à l'autre. A la ronde des saisons, Armand se forma aux métiers des paysans. Au cours des apprentissages, sa dextérité surprit les maîtres. Elle excita l'admiration des connaisseurs, partout durant des années de labeur jusqu'au dernier domaine sur le sol audois, à la Fontasse près de Bram. Armand fit aussi le bonheur de Maria - une Fabréguoise - rencontrée à Montpellier tandis qu'il portait l'uniforme à quelque temps de la lutte contre l'oppression nazie. Il endura bien des souffrances, ne dérogea jamais aux corvées, ne refusa aucune responsabilité, défendit des convictions humaines exemplaires et sociales, profita de joies familiales... Il se conduisit simplement, vaillamment, sema sans cesse des graines de vérité pure dans le terreau de la noblesse de l'amour.

Fruits de la Terre.jpg
Les Fruits de la Terre, de Jean Esparbié.
Disponible chez l'auteur : 1, rue Germinal - Montlegun - Carcassonne.
Consultable à la bibliothèque de l'Académie.