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05/12/2015

Les sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne écrivent et publient : Le mot dans le dessin, par Michèle Chapuis-Maurette.

Le mot dans le dessin
Michèle Chapuis-Maurette
Dessins de Jean Robin
Agence Elan Sud
Septembre 2015, format 15 X 21, 80 pages, 20 €Chapuis-Maurette1.jpgChapuis-Maurette2.jpg
Ouvrage disponible chez :
Elan Sud Agence - 233, rue de Rome - 84100  Orange
Consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

MESSAGE

Sur ton lieu de repos,
debout contre la pierre,
je te porte ce livre
que j'ai écrit pour toi.

Il y a des années
sous un ciel étoilé,
familières clartés
un poète mourait.

Le ciel, soudain, ne fut
qu'un horizon de cendres.
Parler, entendre, aimer.
Mon coeur bat avec l'ombre.

Le chemin de la vie
apparaît sinueux
mais le sillon est droit,
les mottes acérées,
la vigne frémissante.

Les intempéries folles
blessaient le paysan.
Les crues d'apocalypse
en se renouvelant,
rééditaient tes livres.

Tu parcourais les champs.
Tu consolais les arbres.
Le blé dès lors fauché,
ta lutte impétueuse
ressurgissait, brutale.

Les tonneaux à la cave
pleuraient dans le silence.
Les larmes qu'ils versaient
n'était-ce pas ton sang ?

La terre rouge aux pieds,
tu piétinais tes rêves.
Incertitudes, doutes,
ont jalonné tes jours.

On entend maintenant
le Cers siffler aux tombes.
Vent d'autan, il bouscule
les branches nues des arbres
et les sarments des vignes
poursuivent ce vent fou.

28/01/2015

Trois nouveaux sociétaires, admis au sein de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, au cours de la séance du mercredi 14 janvier 2015.

Au cours de la séance mensuelle du mercredi 14 janvier 2015, trois personnalités du monde littéraire présentées par Jean Esparbié, ont été reçues sociétaires de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne : Mme Michèle Chapuis-Maurette, qui n’est autre que la fille de notre ancien éminent confrère Michel Maurette ; M. Louis Ruiz ; et M. Germain Blanc-Delmas.

Michèle Chapuis-Maurette.
Elle offre régulièrement des textes rédigés, ou plutôt ciselés dans « l’amer » de l’existence. Elle les écrit sous la sage dictée de l’âme vibrante au secret du velours des ans, par l’encre divine de l’esprit habitué à ressentir l’intime profondeur des siens. Elle comble ainsi de souvenirs, de joies, de peines le « noir » de l’état qui l’obsède toujours, l’angoisse parfois, lui fait peur quelquefois. Elle se rappelle le père, venu du temps des loups. Elle chérit la mère qui voulait « exhorter la sève du printemps ». Elle écoute le vent. Elle se souvient du passé. Elle donna plus d’une dizaine de recueils dont : Images et Regards, Ombres et Lumières, Morceaux de vie.

Louis Ruiz.
Rien ne le préparait à la littérature. Il osa devenir un « esclave soumis » aux lois de la rime. Ses vers sortent de sa ténacité, se transforment en une « offense, un délit » et en une « insulte ». Les mots qu’il utilise reflètent un esprit sensible, un homme de cœur. Dès le matin, son âme prend l’envol pour des lieux inconnus afin de cueillir avec la fleur à peine éclose « quelques vers, surpris, encore à moitié nus ». Dans la Montagne Noire, Saissac d’où l’on admire la plaine du Carcassonnais au Lauragais, avec au fond les Pyrénées, compte un poète. Il publia notamment : La Retirada, Beauté crépusculaire, Le Prix d’un serment.

Germain Blanc-Delmas.
Il apprit à aimer le site de Rennes-le-Château grâce à ses parents dont le père fut le maire durant de nombreuses années. Germain Blanc-Delmas vécut les événements qui ont agité la population du village durant les années 1950-1960. Il dit avoir du mal à reconnaître la petite cité rendue si prisée par l’histoire de l’abbé Bérenger Saunière autour de l’église dédiée à Marie-Madeleine. Avec une infinie tendresse, il évoque dans ses écrits l’enfance, l’adolescence, la vie toute simple des paysans perturbés par les chercheurs du trésor du célèbre curé. Le sens poétique s’accorde au sérieux du passionné d’histoire qui donna : Chroniques sur Rennes-le-Château, le Crâne percé d’un trou.

07/02/2013

La poursuite du jour, de Michèle Chapuis-Maurette

LA POURSUITE DU  JOUR
Michèle Chapuis-Maurette
Préface d'Yves Berger

Michèle Chapuis-Maurette n'a pas son pareil (ni sa pareille) pour évoquer les grands mystères que sont l'être, les rêves - et pour les pénétrer, si je  puis dire, par des éléments biens concrets : les mains, les arbres, le soleil, le corps. Elle assure par ce biais, l'union de l'être et du monde, où s'abolit le sentiment de solitude. Elle est à l'aise de même pour évoquer et décrire ces grandes choses de la planète et du cosmos que sont l'orage, le ciel, les constellations, les saisons, à l'aise encore pour raconter ce qui en est le contraire : les mondes intérieurs, dont elle entend les chuchotements, devine les évanescences, saisit les finesses et l'essentiel mystère. Son imagerie (je veux dire : son monde d'images, son pouvoir d'imager) abolit l'antagonisme du somptueux et du simple : Michèle Chapuis-Maurette est somptueuse dans la simplicité.

Poursuite du jour.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

Un bruissement continu, de Michèle Chapuis-Maurette.

UN BRUISSEMENT CONTINU
Michèle Chapuis-MauretteBruissement continu.jpg
Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

03/12/2012

Info Culture : Jean Esparbié, sociétaire de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne, conseille le recueil de Mme Michèle Chapuis-Maurette : Chariot des âmes perdues.

Chariot des âmes perdues

de Michèle Chapuis-Maurette 

Chez les Maurette, le besoin d'écrire s'imposa comme une évidence. Ceci vint sans doute d'ailleurs. De la montagne catalane où en bande les loups hurlaient de faim autour du mas familial, au Clos Saint-Michel en pays d'Aude, Michel Maurette - le fils de Salvado, dur tel les mammifères carnassiers et de Rosine “aux yeux couleur de feuille tendre”, traça des sillons des champs ou des vignes au soleil du rêve littéraire. Il travailla la terre, cultiva la poésie imprégnant une œuvre magistrale. Michèle Chapuis-Maurette - la fille de l'écrivain-paysan - traduit des pulsions intimes par des poèmes d'une sensibilité remarquable. Elle murmure les battements du cœur. Elle crie les tourments. Elle appelle le mari défunt. Elle couche sur des pages immaculées des larmes d'or, des caresses inoubliables. Le dernier ouvrage, le onzième, Chariot des âmes perdues, paru à la librairie-galerie Racine à Paris, confirme une nouvelle fois les talents de la poétesse. Elle offre “tous ses mots”, même s'ils ne savent plus que la parole soigne. Elle les immortalise “ sur un ciel vide dans l'humeur altérée d'une vie révolue afin d'effacer l'absence, de repousser la souffrance. Elle cherche surtout obstinément l'époux disparu, l'éclat de son visage. Elle l'attend dans le “brouillard des souvenirs”. Elle le croise en chemin. Elle le suit “dans les étoiles, parmi les vagues, la nuit le jour”. Elle l'espère dans « l'éternité ». Si le “vent de liberté souffle sur le langage”, il “tord le gris des années” jusqu'à faire découvrir à l'ami lecteur le “diamant” universel qui brille du sol aux astres afin d'éclairer les secrets du verbe aimer. Pour Michèle Chapuis-Maurette, chaque texte devient une image dans le miroir de l'existence.

Jean Esparbié.

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Ouvrage consultable à la bibliothèque de l'Académie des arts et des sciences de Carcassonne.

La vie dans le silence

... Il haletait de plus en plus.
Il avait arrêté la mort pour m'attendre.
Lui qui ne parlait plus déjà depuis quelques heures, il parla encore.
... Il parla pour me souhaiter une bonne chance. "Bonne chance"...
Il martelait lentement ses paroles, il hachait les mots pour tout leur faire dire.
Il sembla dès lors que la paix était entrée en lui.

Michel Maurette
(L'Enfant des loups)