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29/12/2011

L'Académie des arts et des sciences de Carcassonne présente ses voeux à l'occasion de la nouvelle année.

L'académie des arts et des sciences de Carcassonne,
son conseil d'administration,
l'ensemble des sociétaires,
leur président,
vous présentent leurs voeux sincères de bonheur, de joie et de prospérité
pour l'année 2012.
2012.01.01 - Voeux 2012.jpg

A toutes et à tous, bonne et heureuse année ! Avec beaucoup de santé, pas mal d'esprit, un peu d'argent et de grands espoirs !

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13/01/2011

Discours d'investiture du président Gérard JEAN.

Jean Gérard - Portrait.jpgChères Collègues, chers Collègues, Je devrai plutôt dire très chers Amis,

Les concours de circonstances sont troublants ; les aléas de la vie sont énigmatiques ! Je crois davantage comme vous le savez aux puissances du travail et de la volonté ; beaucoup moins aux forces de l’esprit !

Pourtant… c’était un vendredi… après la fin des cours du collège. Le vendredi 13 janvier 1961. Il y a - de date à date - exactement cinquante ans. Je venais d’avoir 15 ans ! Ce jour-là, très jeune secrétaire général, je sortais des bureaux de la sous-préfecture de Limoux où j’étais venu déposer les statuts constitutifs du club de judo local. Je signais ainsi l’engagement bénévole d’un demi-siècle, consacré au mouvement associatif français et au service désinté-ressé de mes concitoyens.

Je suis bien sûr ému. Sensible au crédit que vous me donnez en me confiant le fauteuil de la présidence. La présidence de cette prestigieuse Société des arts et des sciences de Carcassonne - appelée maintenant Académie - où se succèdent depuis bientôt deux cents ans à des rangs différents : des artistes, des maîtres ès sciences, de fins littérateurs, des philosophes de grand renom, des historiens souverains de la rigueur… que sais-je ? Le creuset, où bouillonne sans jamais déborder, la culture discrète de notre département.

Vous avez souhaité que je vous serve et j’en suis très fier. Mais en même temps, à l’instant où je vous parle en prenant mes fonctions pour vous remercier, j’éprouve chers Collègues, un immense sentiment, mêlé d’inquiétude et de profondes incer-titudes.

Non pas que j’hésite, non pas que je craigne. Je connais bien les hommes et je voue à leurs talents tout le respect qu’ils méritent. La succession d’un grand président - fut-il votre meilleur ami - n’est pas chose facile. Lorsque vous avez été conseillé, dirigé, inspiré, modéré dans vos propos et vos actions souvent impulsives, vous avez forcé-ment une grande difficulté à couper le cordon ombilical patriarcal s’il en existe un, pour barrer en douceur au milieu des écueils ou des récifs.

Je n’ai aucun souci quant au dévouement et à la solidarité de l’équipe avec laquelle je travaille depuis dix ans, pour le nom et le rayonnement de notre Compagnie.

L’émotion viendrait plutôt de la controverse. Si par exemple le doute venait à s’ins-taller, sur nos bienfaits, sur nos travaux, sur nos actions en faveur de la défense du patrimoine. Si nos méthodes de gestion étaient subitement jugées obsolètes, si le papier s’amenuisait, si le livre se cachait de plus en plus rare et si nos communi-cations savantes n’étaient plus écoutées, sinon entendues ; pourrions-nous résister longtemps comme gardiens des portes du Savoir ?

Les us et coutumes de la Société des arts et des sciences que je suis conduit à pré-sider, voulaient que les nouveaux sociétaires élèvent une sorte de panégyrique à leurs prédécesseurs. Nous avons abandonné cette pratique d’un autre temps paraît-il, bien qu’elle ne soit pas totalement dénuée à mon sens, d’un certain symbolisme.

Je n’en ferais donc rien. Mais rien ne m’empêchera de vous dire à quel point j’ai eu de l’admiration pour mon prédécesseur Jean Fourié. Fonctionnaire à Paris à la Caisse des dépôts et consignations - oh combien sérieuse Institution publique - il adhère à notre Société dès 1974. À l’âge de la retraite, il se retire dans sa ville natale, à Espéraza. Le 7 décembre de l’an 2000, il remplace le chanoine Marcel Bories et préside à nos destinées. Il ouvre l’Académie, la modernise, et guide ses pas sur la voie inconnue du XXIe siècle.

Nous devons à Jean Fourié, l’abandon définitif du numerus clausus, qui préservait l’élite, au détriment des fonctions essentielles de notre existence, c’est-à-dire les admissions nouvelles réfléchies, sources de renouveau et de bienfaisants subsides.

Jean Fourié aura rehaussé la ligne de flottaison de notre navire qui menaçait sérieusement d’embarquer de l’eau. Son mandat qui aura duré dix ans, a été en tout point exemplaire. Nos Mémoires, qu’il a fait rafraîchir et moderniser, renferment pour toujours l’essentiel de son action prépondérante. Fidèle artisan, il a suscité et en-couragé l’œuvre majeure de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, à savoir : le Dictionnaire encyclopédique de l’Aude, déjà respectueusement surnommé : le Dico de l’Académie.

Avant de conclure, je vous propose chers Collègues d’offrir à Jean Fourié par vos ap-plaudissements, le poste de vice-président.

Cette soirée est assez riche d'émotions ! Une autre fois, je vous ferais connaître quelles sont les orientations que nous aurons à conduire dans l'intérêt suprême de notre chère Académie, avec toute l'amitié, le respect, le dévouement et la consi-dération que je vous dois... que nous devons tous, à celles et ceux d'entre nous qui oeuvrent sans relâche pour défendre et promouvoir, les arts, les sciences et les lettres.